Centre d'hébergement Cooke: discorde autour du réaménagement des horaires

Le président du Syndicat québécois des employées et... (Stéphane Lessard)

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Le président du Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298-FTQ, Rosaire Hamelin.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Mis en place à la suite des événements de juillet dernier au Centre d'hébergement Cooke, le comité chargé de trouver des solutions concrètes pour assurer une meilleure surveillance des patients a déposé ses recommandations la semaine dernière. Le réaménagement des horaires de travail ne fait toutefois pas plaisir au syndicat.

Rappelons que le 14 juillet dernier, une dame rendant visite à sa mère n'arrivait pas à trouver un membre du personnel pour venir en aide à deux résidents en détresse au sol. La vidéo de ces événements a choqué bien des Québécois et a amené le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec (CIUSS MCQ) ainsi que le ministère de la Santé et des Services sociaux à mener des enquêtes.

Le rapport du comité déposé la semaine dernière propose donc un réaménagement des horaires de travail afin de maximiser la présence du personnel sur les planchers. Le président du Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298-FTQ, Rosaire Hamelin, dénonce toutefois ce réaménagement des horaires, mais aussi l'attitude de la direction du CIUSSS. 

«L'employeur a formé un comité. Nous avions dit que nous y participerions, que nous n'allions pas laisser une chaise de libre. Il y a eu quatre rencontres. [...] À la dernière rencontre, on nous a déposé un plan qui était déjà établi. On n'a pas pu discuter une seule fois», soutient Rosaire Hamelin. «On voyait sur l'ordre du jour: finalité du projet. Je ne comprends pas pourquoi il y a une finalité, on travaillait encore dessus.»

Ce réaménagement des heures de travail serait de plus difficilement conciliable avec la tâche des préposés aux bénéficiaires, affirme le syndicat. «En changeant les heures de travail, ça ne fonctionne pas», ajoute M. Hamelin. «On n'a pas mis le plan de travail à côté pour comparer. La personne qui va commencer à 14 h, son heure de pause est juste au moment de l'installation des résidents pour le repas. Comment on va faire?»

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La vidéo tournée par la fille d'une résidente du Centre d'hébergement Cooke en juillet dernier où l'on voyait des résidents en détresse au sol alors qu'il n'y avait personne pour les aider a choqué tout le Québec. 

Alors que la mise en place de ce réaménagement des horaires de travail est prévue pour le 14 mars, le syndicat estime que la direction du CIUSSS «l'impose» alors qu'il y aurait encore «beaucoup de travail» à faire. 

«Il y a eu une pression d'appliquer ce plan rapidement. Mais si on veut appliquer cette mesure ailleurs au Québec, il faut prendre le temps de le faire honnêtement. C'est les travailleurs qui vont bûcher sur le plancher.»

Sébastien Rouleau, le directeur adjoint au programme de soutien à l'autonomie de la personne âgée et hébergement au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la CIUSS MCQ, comprend mal la critique du syndicat qui affirme ne pas avoir été suffisamment consulté. 

«La proposition qui a été déposée a été élaborée avec le comité paritaire dans son ensemble. Nous avons une période d'essai de trois mois», explique M. Rouleau. 

La direction du CIUSSS-MCQ affirme de plus que le réaménagement concerne un préposé au bénéficiaire qui devrait entrer au travail une heure plus tôt. «Au lieu de commencer à 15 h, il débute à 14 h. Après, c'est un réaménagement lors des heures de repas et de pauses pour avoir une plus grande présence du personnel. La période critique est entre 16 h et 20 h où on nous demandait de maximiser la présence de notre personnel», soutient Sébastien Rouleau. 

«Sur des périodes où nous avions deux travailleurs, nous en avons maintenant trois ou quatre. On vient doubler la présence des membres du personnel.» 

Par ailleurs, le syndicat affirme qu'il manque beaucoup de personnel depuis le début de l'année. «Depuis janvier, on en manque», déplore Rosaire Hamelin. «C'est pire depuis janvier que lors de l'été dernier. Les gens sont épuisés.» 

La direction du CIUSSS précise pourtant que les effectifs n'ont pas été diminués. Elle note par contre que plusieurs travailleurs doivent s'absenter en raison de maladie et qu'elle fait ce qu'elle peut pour les remplacer.

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