Blâme du conseil de presse: Djemila Benhabib persiste et signe

Djemila Benhabib a rencontré la presse mauricienne jeudi... (Sylvain Mayer)

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Djemila Benhabib a rencontré la presse mauricienne jeudi pour réagir au blâme porté contre elle par le Conseil de presse du Québec.

Sylvain Mayer

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Traque, censure, lynchage médiatique, police politique: Djemila Benhabib persiste et signe dans sa réaction au blâme pour plagiat et inexactitude porté à son endroit par le Conseil de presse du Québec pour ses activités de blogueuse sur le site Sympatico.ca en 2014 et 2015. L'auteure, chroniqueure et blogueuse croit que ce sont plutôt ses positions politiques et idéologiques qui sont visées et que le Conseil de presse a été «instrumentalisé» par la plaignante, Odile Jouanneau.

Des médias montréalais ont révélé l'existence et le contenu de cette décision du Conseil de presse vendredi dernier. Plus tôt cette semaine, Mme Benhabib a réagi sur sa page Facebook et elle a tenu jeudi à rencontrer la presse trifluvienne pour «clarifier certains points» relatifs à cette plainte et au blâme qui a suivi.

À une journaliste du Devoir, Mme Benhabib avait admis vendredi qu'il lui arrivait de «faire des raccourcis». Mais en confirmant cet aveu jeudi devant la presse mauricienne, elle a tout de suite ajouté: «Je suis capable de faire mon auto-critique, de reconnaître un certain nombre d'erreurs involontaires. Mais ce n'était pas de ça dont il était question. Il y a une charge politique qui a été orchestrée contre moi, une charge médiatique orchestrée contre moi. La preuve en est la dimension qu'a prise l'information relayée de façon insistante.» 

L'ex-candidate du Parti québécois dans la circonscription de Trois-Rivières aux élections de 2012 prétend que c'est son discours qui est en cause et qu'elle n'a jamais plagié qui que ce soit. 

«Qu'est-ce qui dérange dans mon discours? Que je sois une militante anti-islamiste? Que je sois une militante laïque? Que je sois une militante féministe? Que je publie des livres? Que j'aie la capacité d'incarner mes livres, de diffuser mes idées? Je pense que c'est de cela dont il est véritablement question», affirme l'auteure des ouvrages Ma vie à contre-Coran, Les soldats d'Allah à l'assaut de l'occident, Des femmes au printemps, L'automne des femmes arabes et Après Charlie: laïques de tous les pays, mobilisez-vous, qui paraît ces jours-ci. 

«Il y a une motivation malveillante de la part de la plaignante qui a instrumentalisé le Conseil de presse pour me censurer, pour porter atteinte à ma liberté d'expression et de pensée. Elle m'a traquée pendant 10 mois. Je vous assure, ça s'appelle une traque. Il n'y a jamais eu la démonstration que j'ai eu l'intention de plagier qui que ce soit. Je n'ai jamais fait ça. Je ne suis pas une plagiaire. Or, aujourd'hui, c'est l'étiquette infâme qu'on veut me coller au front», déplore-t-elle.

Mme Benhabib considère la qualité de son travail comme «au dessus de la moyenne journalistique québécoise», et croit qu'on est trop sévère à son endroit. «Par définition quand on est journaliste, on fait des erreurs, on fait des raccourcis parce que ça va vite. Les médias ne sont pas le monde de l'exactitude, le monde de l'excellence. Les médias sont le monde de l'approximation. Et ce que je refuse, c'est qu'on m'astreigne à une exigence supérieure et de loin à celle qu'on exige à l'ensemble des journalistes», a-t-elle dit jeudi en ne faisant pas de distinction entre les journalistes et les blogueurs.

«Ce que je refuse c'est le lynchage médiatique, le lynchage politique. On veut entacher ma posture idéologique et politique. C'est clairement ça qui est visé et que je rejette profondément», insiste-t-elle.

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