CPE: la réalité autochtone ignorée, selon le CNA

Le grand chef du CNA, Constant Awashish, soutient... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le grand chef du CNA, Constant Awashish, soutient qu'il était en accord avec une gestion rigoureuse des fonds publics, mais qu'il ne pouvait endosser, sous leur forme actuelle, certaines mesures annoncées par le ministère de la Famille.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(La Tuque) Le Conseil de la nation atikamekw (CNA) dénonce le nouveau mode de financement des CPE qui, selon lui, ne tient pas compte de la réalité des CPE autochtones éloignés des centres urbains.

Les représentants des CPE atikamekws veulent rencontrer le ministre de la Famille, Sébastien Proulx et le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, afin de les convaincre d'ajuster certaines règles.

«Il y a de la discrimination systémique dans ce mode de financement. Parce que nos CPE sont éloignés des centres urbains et que les habitudes d'utilisation des services de garde par les parents autochtones sont différentes, nos CPE seront pénalisés financièrement. Il est illogique de nous comparer avec les CPE allochtones», soutient le grand chef du CNA, Constant Awashish.

Le CNA a fait savoir dans un communiqué qu'il était en accord avec une gestion rigoureuse des fonds publics, mais qu'il ne pouvait endosser, sous leur forme actuelle, certaines mesures annoncées par le ministère de la Famille.

Selon le CNA, certaines de ces mesures pénaliseront systématiquement les CPE de plusieurs communautés autochtones.

D'après la Nation atikamekw, les règles de financement ne considèrent pas que l'éloignement des centres urbains entraîne des coûts additionnels importants dans l'achat des biens et des services nécessaires au fonctionnement des CPE autochtones.

«Quand tu es séparé du village le plus proche par 300 km de route forestière, les biens et services sont plus dispendieux. On ne peut pas être comparé avec des CPE en milieu urbain», a souligné Paula Saint-Pierre du CPE Sakihitokiwam d' Opitciwan.

La présence assidue de l'enfant est également un critère qui dérange le CNA. L'organisation considère qu'une mesure particulière est nécessaire en milieu autochtone.

«En milieu autochtone éloigné, il y a beaucoup d'instabilité au niveau de la présence quotidienne des enfants dans les CPE. Ceci s'explique par les activités traditionnelles et culturelles telles la chasse, la pêche et le temps passé en forêt en famille. Les CPE seront pénalisés financièrement à cause des activités culturelles des parents», déplore la directrice du CPE Kokom Tcitcatci de Manawan, Kathy Black.

De plus, les Atikamekws dénoncent le nouveau ratio d'éducatrices qualifiées. Le CNA pense que cette norme va nuire aux milieux défavorisés qui se sont pris en main depuis quelques années.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer