Blâmée pour plagiat, Djemila Benhabib riposte

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Djemila Benhabib

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Blâmée sévèrement pour plagiat par le Conseil de presse du Québec (CPQ), l'auteure Djemila Benhabib sert une riposte virulente en parlant d'une «job de bras» et d'une tentative de lynchage dans une lettre adressée à l'organisme, en date du 29 février 2016, et diffusée sur sa page Facebook.

«La décision récente de votre institution privée concernant mon activité de blogueuse sur le site Internet de Sympatico en 2014 et en 2015 est non seulement mal avisée, mais aussi véhicule des injustices flagrantes et déplorables», écrit-elle.

Après avoir analysé cinq de ses articles, le CPQ a constaté, à divers degrés, du plagiat sous la forme de passages reproduits mot à mot ou reformulés à partir de diverses sources.

«Le Conseil de presse du Québec n'est-il pas tenu de s'assurer que le processus dont il est responsable s'inscrive bien dans une démarche de justice et non pas dans un esprit de vendetta politique», écrit celle qui parle de «l'acharnement maladif de la plaignante à me salir sur les réseaux sociaux tout simplement parce que ma position idéologique sur l'islam politique est contraire à la sienne».

Selon Mme Benhabib, les accusations de plagiat sont mal fondées et grossièrement exagérées.

«À partir de cinq textes et de quelques exemples, le Conseil de presse a monté en épingle un corpus réduit sur environ une centaine de textes que j'ai écrits lorsque j'ai collaboré au site de Sympatico sur une période d'environ dix mois», affirme l'ancienne candidate péquiste dans Trois-Rivières.

Du même souffle, elle dit reconnaître volontiers que certains emprunts «rares et relativement brefs», une phrase, une expression, aient été utilisés sans référence à la source sur son blogue.

«Cela fut bien involontaire et ce fut la conséquence de transcriptions hâtives de mes notes de lecture, une pratique qui n'est pas mienne évidemment dans mes livres et autres textes de fond, des genres qui ne sont pas assujettis au sentiment d'urgence qui motivait à chaud la publication de mes billets de blogue», explique-t-elle.

Cette dernière affirme toujours attacher la plus grande importance à l'éthique journalistique.

«Il n'y a jamais eu chez moi la moindre intention de plagiat; il n'y a eu que de très rares emprunts bien involontaires et qui sont l'apanage de tous ceux et celles qui lisent, notent et écrivent à coeur de journée, en plus d'être comme moi très actifs socialement et politiquement», poursuit Mme Benhabib.

À son avis, les errements et le manque de rigueur professionnelle de la part du CPQ entachent «outrancièrement et injustement» sa réputation.

C'est pourquoi elle émet un «blâme sévère» à l'encontre de la légèreté du Conseil dans le traitement du dossier.

«Il est impensable de jouer de la sorte avec la probité et la réputation des gens, surtout quand vous prétendez agir au nom de la rigueur journalistique», déplore-t-elle.

Tout comme elle dénonce que le CPQ n'ait pas pris en considération le fait que la plaignante, Odile Jouanneau, soit à la fois juge et partie «puisqu'elle est fortement marquée politiquement».

Et selon Mme Benhabib, il aurait été plus honnête et plus rigoureux que le CPQ précise dans son jugement les approches journalistiques différentes que constituent le blogue, la chronique et l'information.

«Je suis consciente qu'il me faudra quand même resserrer ma vigilance si un jour je m'adonne à nouveau à la pratique du blogue. J'aurais accepté en de bonne grâce un avertissement à cet égard. Mais je refuse ce ''blâme sévère'' injustifié et disproportionné en regard de ces maladresses essentiellement involontaires», renchérit-elle.

La blogueuse n'ira pas pour autant en appel de la décision du Conseil de presse du Québec.

«Ma confiance envers votre organisme est au point zéro. Je ferai connaître mes griefs contre votre institution privée sur la place publique. J'ai davantage confiance au jugement du public qui me soutient et partage mes combats depuis plusieurs années. Pour conclure, permettez-moi ce plagiat: Vox populi, vox dei», conclut-elle.

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