• Le Nouvelliste > 
  • Actualités 
  • > Rôle d'évaluation foncière à Shawinigan: encore des hausses... mais aussi des baisses 

Rôle d'évaluation foncière à Shawinigan: encore des hausses... mais aussi des baisses

Avec la multiplication des maisons à vendre à... (Olivier Croteau)

Agrandir

Avec la multiplication des maisons à vendre à Shawinigan, les acheteurs possèdent l'embarras du choix, ce qui entraîne une pression à la baisse sur le prix demandé.

Olivier Croteau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Encore une fois cette année, le nouveau rôle triennal d'évaluation foncière provoque bien des commentaires à Shawinigan, mais pas nécessairement ceux que l'on entend habituellement. Bien que certains propriétaires, principalement les riverains, accusent toujours des hausses indigestes, plusieurs autres sont intrigués par la baisse de la valeur de leur propriété.

Mathieu Guimond, évaluateur pour la firme Servitech qui a encore réalisé cet exercice à Shawinigan à l'été 2014, reconnaît que jusqu'ici, des interrogations sur le recul de plusieurs évaluations sont venues à ses oreilles. Mais pour lui, il ne s'agit pas d'une très grande surprise, étant donné que le dernier rôle lui apparaît plutôt stable par rapport aux deux précédents.

Rappelons que la valeur des maisons unifamiliales n'a augmenté que de 2,75 %, en moyenne, dans l'ensemble de la ville. Même que dans le périmètre du secteur Lac-à-la-Tortue, elle a reculé de 2,78 %.

Lors du dépôt du précédent rôle en 2013, la hausse moyenne des valeurs résidentielles atteignait 14 %, dont plus de 21 % dans le secteur Saint-Jean-des-Piles. Elle était encore plus élevée en 2010, avec un bond mémorable de 27 %, pour l'ensemble du territoire. Encore une fois, Saint-Jean-des-Piles y avait goûté, avec une invraisemblable hausse moyenne de l'évaluation résidentielle de... 42,6 %.

Avec des données semblables, pas étonnant que les baisses de valeur de propriétés n'aient pas défrayé la manchette au cours des dernières années. Mais une hausse aussi infime de la valeur des maisons unifamiliales pour le rôle 2016-2017-2018 expose davantage ce phénomène. «Au dernier rôle, nous avons déposé un marché stable, à un peu moins de 3 %», explique M. Guimond. «Dans un processus d'évaluation de masse, c'est certain qu'il y en a qui seront en bas de zéro. Dans les rôles précédents, en raison de la tendance moyenne, on ne voyait pas ça. La hausse était trop élevée.»

Cette situation, reconnaît l'évaluateur, entraîne de nouvelles questions. Rappelons que les propriétaires ont jusqu'au 30 avril pour déposer une révision. On se retrouve actuellement dans une intense période de demandes d'information.

«Jusqu'ici, nous avons des appels, comme à chaque rôle», mentionne M. Guimond. «Cette fois, ce sont des questions que nous avions moins avant. C'est une nouveauté! Quelques-uns nous téléphonent pour nous dire qu'ils ont baissé et on leur donne des explications. Il n'y a pas un secteur en particulier qui est touché. C'est une question d'application de l'évaluation de masse. Ça donne ces résultats.»

L'évolution du marché entre la compilation des données pour la réalisation des deux derniers rôles donne un indice de ce qui se passe sur le terrain. En 2011, le prix de vente médian d'une maison à Shawinigan s'établissait à 120 000 $, comparativement à 115 000 $ en 2014. Pas étonnant que les valeurs de nombreuses maisons aient reculé.

Marché d'acheteurs

Selon les données compilées par la Fédération des chambres immobilières du Québec, Shawinigan a basculé dans un marché d'acheteurs depuis 2013 et cette tendance ne fait que s'accentuer depuis trois ans.

Le prix de vente médian d'une maison unifamiliale à Shawinigan est passé de 120 000 $ en 2013 à 115 000 $ en 2014, puis à 113 000 $ l'an dernier. 

Au cours de la même période, le délai pour vendre une propriété est passé de 99 à 124 jours... avec le dernier courtier inscrit. Si un ou deux autres agents immobiliers, ou le propriétaire lui-même, ont échoué dans leur tentative de transaction auparavant, ces jours supplémentaires ne sont pas additionnés par la FCIQ.

Shawinigan suit la même tendance que l'ensemble de la Mauricie. En fait, la compilation de la FCIQ démontre que le prix médian de la maison unifamiliale stagne dans la région à 135 000 $ depuis 2012, reculant même à 133 000 $ l'an dernier. Au cours des cinq dernières années, le délai de vente moyen est passé de 98 à 122 jours.

Avec un marché qui favorise de plus en plus les acheteurs, le nombre d'unités vendues atteint des records depuis les fusions municipales de 2002. La FCIQ a recensé un sommet de 1558 transactions en Mauricie en 2015 pour des maisons unifamiliales, dont 314 à Shawinigan seulement.

Paul Cardinal, directeur, analyse du marché à la FCIQ, fait même remarquer que le marché local enregistre une hausse de 12 % du nombre de ventes résidentielles, toutes catégories confondues, l'an dernier. «La hausse des ventes n'a pas été suffisante pour compenser les dernières hausses des inscriptions en vigueur, ce qui a maintenu le marché immobilier à l'avantage des acheteurs», observe-t-il. «Il y a donc eu une diminution de 2 % du prix médian en 2015 alors que les prix ont globalement augmenté de 1 % au Québec.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer