La Commission municipale à Shawinigan: un signal d'ouverture?

Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus, et le... (Sylvain Mayer)

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Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus, et le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le prochain chapitre des négociations sur les services supralocaux à Shawinigan surviendra mardi, en après-midi, alors que Nancy Lavoie, juge administratif à la Commission municipale du Québec, viendra expliquer aux maires son approche dans ce domaine. Mais en préambule, les municipalités sollicitées dans cette offre de partenariat continuent à s'organiser et à maintenir le principe de l'utilisateur - payeur, rendant complexe toute possibilité de rapprochement.

Mardi dernier, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, le maire Luc Dostaler a entendu une quarantaine de parents de joueurs de hockey mineur lui demander de tout mettre en oeuvre pour en venir à une entente avec l'association de Saint-Boniface.

Pour lui, cette séance d'information revêtait une grande importance avant la rencontre avec la CMQ.

«Les parents commencent déjà à penser aux inscriptions de la prochaine saison», explique M. Dostaler. «Nous avons donc décidé de convoquer une rencontre pour faire le point et discuter des avenues possibles. Comme négociateur, il faut que je sache ce que les parents sont prêts à faire.»

L'étude réalisée par Raymond Chabot Grant Thornton, l'an dernier, estimait à tout près de 1700 $ le coût assumé par la Ville pour les joueurs de hockey mineur de l'extérieur. Une facture complètement démesurée pour les parents, d'où leur intérêt à regarder du côté de Saint-Boniface.

Le maire de cette municipalité, Claude Caron, confirme qu'il existe une «ouverture» pour accueillir, dès la saison prochaine, ce bassin de quelque 80 joueurs.

«Je l'ai dit à Luc (Dostaler) que nous, on est des facilitateurs. Pour le hockey mineur, pour notre école, il n'y a pas de problème!», s'esclaffe-t-il.

Sur la base de l'étude de RCGT, la part réclamée à Notre-Dame-du-Mont-Carmel par la Ville de Shawinigan pour l'utilisation de l'aréna Gilles-Bourassa s'élevait à 165 000 $. En fait, la participation de ces jeunes joueurs de hockey représente un peu plus de 30 % des coûts totaux engendrés par les résidents des neuf municipalités visées dans l'utilisation des équipements supralocaux à Shawinigan. Rappelons que cette charge représentait près de 520 000 $, toujours selon RCGT.

Aux quatre coins du Centre-de-la-Mauricie, des cours se sont organisés dans les municipalités cet hiver pour éviter aux citoyens de payer des tarifs exorbitants à Shawinigan.

Inflexibles?

Le cas de Notre-Dame-du-Mont-Carmel étant considéré comme exceptionnel, les autres maires visés par ce partenariat n'ont pas jugé utile d'organiser une séance d'information publique semblable jusqu'ici. Des questions ont été posées dans le cadre des réunions régulières du conseil municipal, sans plus. Aucun maire ne s'est fait dire de porter une oreille attentive aux demandes de Michel Angers.

Le principe de l'utilisateur-payeur revient sur toutes les lèvres, car à l'exception du hockey mineur à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, les élus observent que les résidents qui s'inscrivent assidûment à des activités à Shawinigan représentent des exceptions qui ne justifient pas une facture à toute une communauté.

«Le pouls en assemblée publique, le message que je reçois des citoyens, c'est de ne pas payer», reconnaît le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus. «Avec la Commission, on pourra définir ce qu'est un équipement supralocal. Après, on prendra nos décisions.»

Les maires des municipalités qui ceinturent Shawinigan ont déjà fait savoir qu'ils rejetaient de grandes parties de l'étude de RCGT, notamment le soutien financier des infrastructures comme le Centre des arts, la Maison de la culture Francis-Brisson ou le Parc de l'île Melville.

«La Maison Francis-Brisson, c'est un édifice patrimonial», explique Bernard Thompson, maire d'Hérouxville. «C'est une excellente idée de la conserver, mais il y a toujours un prix au bout et je ne pense pas que ce soit aux municipalités avoisinantes à payer pour ça. C'est un choix que Shawinigan a fait.»

Dans ces circonstances, à quoi s'attendre à la suite du rendez-vous avec la Commission municipale du Québec ?

«C'est strictement une rencontre d'information», insiste Daniel Petit, maire de Grandes-Piles. «Nous, on est à peu près au même point qu'au début. On ne pourra pas dire qu'on n'est pas allés jusqu'au bout. On est prêts à écouter, mais je ne pense pas que ça change grand-chose.»

«Shawinigan mise sur le fait que la rencontre pourrait nous faire changer d'idée, ou nous faire voir autre chose, ou orienter la discussion ailleurs», détecte M. McManus. 

«Nous avons décidé d'être bon prince», résume M. Thompson. «La Commission municipale du Québec tient à nous parler, alors parfait, on va aller l'écouter... ou plutôt, l'entendre. On ne va pas là pour négocier, c'est très clair.»

Michel Angers toujours optimiste

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, refuse de croire que la rencontre d'information organisée par la Commission municipale du Québec, mardi, ne changera strictement rien dans l'évolution des discussions avec ses homologues sur les services supralocaux. Mais il voit et il entend ce qui se passe autour, de sorte qu'il ne nie pas qu'une demande au ministre pour dénouer l'impasse reste une possibilité.

Pour le moment, M. Angers se réjouit de l'ouverture manifestée par les neuf maires avec qui il recherche une entente de partenariat.

«Si d'autres villes se sont entendues un peu partout à travers le Québec, il n'y a aucune raison pour laquelle on ne pourrait pas réussir», répète-t-il.

Mais à quoi bon faire reconnaître un principe si les jeunes de Notre-Dame-du-Mont-Carmel jouent dorénavant au hockey à Saint-Boniface, privant ainsi non seulement l'association de hockey mineur de Shawinigan-Sud et la Ville de précieux revenus, mais aussi de plusieurs joueurs?

«L'objectif est de reconnaître que des services sont donnés par la Ville de Shawinigan», souligne le maire. «Il y a plein d'autres choses que le hockey!»

«Si des Municipalités décident de faire autre chose, on va respecter ça», ajoute-t-il. «Mais il faudra voir quels sont les enjeux. J'y vais avec une ouverture, mais si on se retourne et qu'on fait autre chose, je vais regarder de mon côté ce que je vais faire. Avant de faire quoi que ce soit, on va ouvrir un dialogue et on verra.»

«Ça dépend aussi ce qu'on dit aux parents», glisse-t-il. «Moi, je ne les ai pas rencontrés.»

Selon la Loi sur la commission municipale, Shawinigan pourrait formuler une demande au ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux, afin qu'il mandate la Commission municipale du Québec de produire une étude sur les équipements à caractère supralocal du milieu.

M. Angers n'a jamais brandi cette menace devant ses homologues, privilégiant nettement la voie de la négociation.

«On n'a pas d'indice qu'il ira dans cette direction, mais on sait que cette possibilité est toujours là», comprend Claude McManus, maire de Saint-Mathieu-du-Parc.

«Ce n'est pas ce qu'on veut faire», confirme M. Angers. «Mais ça fait partie du lot. En 2001, la Ville de Shawinigan avait fait cette demande, mais on avait laissé faire le processus de fusion. Après, ça ne s'est pas fait.»

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