Santé mentale des femmes: pistes de solution sur la rive sud

Chantal Descheneaux, agente de développement responsable du dossier... (Sylvain Mayer)

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Chantal Descheneaux, agente de développement responsable du dossier à la TCMFCQ, Isabelle Goupil-Sormany, directrice à la direction de santé publique et responsabilité populationnelle au CIUSSSMCQ, et Francyne Ducharme, coordonnatrice de la Table.

Sylvain Mayer

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Nicolet) Précarité financière, état dépressif. Voilà ce qui caractérise une partie des femmes qui fréquentent les organismes communautaires du Centre-du-Québec. C'est du moins ce qui ressort d'une recherche réalisée depuis plus de trois ans auprès de 359 femmes issues de 51 groupes communautaires centricois. Des résultats qui furent divulgués plus tôt cette semaine lors d'un séminaire régional tenu à Nicolet.

«La recherche nous a permis de mieux connaître le profil des femmes qui fréquentent les groupes communautaires en regard de leur santé mentale. Nous avons pu ainsi identifier les besoins non comblés et formuler des pistes d'intervention en vue d'améliorer la situation», précise Chantal Descheneaux, agente de développement responsable du dossier à la Table de concertation du mouvement des femmes Centre-du-Québec (TCMFCQ).

La moitié des femmes rejointes avait entre 35 et 64 ans, avec une proportion plus grande des 50 ans et plus, et la grande majorité d'entre elles gagnent un revenu personnel annuel de 30 000 $ et moins. Plus de la moitié ont un diplôme d'études secondaires ou moins.

«Plusieurs des répondantes vivent une situation économique difficile voire très difficile. Plusieurs recherches existantes font un lien entre la précarité financière des femmes et leur santé mentale. Notre recherche va dans le même sens. Ce qui confirme la nécessité d'utiliser une approche globale pour intervenir en santé mentale», souligne la coordonnatrice de la Table, Francyne Ducharme.

Selon les questionnaires reçus, 40 % des participantes à la recherche ont reçu un diagnostic pour un problème de santé mentale. Si la moitié d'entre elles ont mentionné une dépression, plus du quart ont déjà fait une tentative de suicide. Malgré ce portrait sombre, la majorité perçoivent positivement leur santé mentale.

Par ailleurs, les trois quarts d'entre elles ont reconnu avoir eu besoin d'aide lors d'épisodes de vie difficiles. Cependant, un peu plus de la moitié n'ont pas reçu (ou que partiellement reçu) l'aide dont elles avaient besoin. Plusieurs ont dit qu'elles ne demandaient tout simplement pas d'aide, préférant s'en occuper elles-mêmes. La peur d'être stigmatisées explique, entre autres, le refus de demander de l'aide. Les préjugés à l'égard de la santé mentale sont encore tenaces. D'ailleurs, plusieurs participantes et intervenantes ont souligné la nécessité des campagnes de sensibilisation sur la santé mentale.

La porte d'entrée pour obtenir un service demeure le médecin de famille. En effet, 61.3 % des participantes ont consulté un médecin de famille en tout premier lieu. De plus, selon les participantes, la difficulté d'avoir accès à de l'aide professionnelle représente la principale préoccupation. Les délais d'attente pour l'obtention de l'aide et la complexité du processus d'accès ont été particulièrement décriés par les répondantes.

Les recommandations portent donc sur l'accès, la qualité et la diversification des services en matière de santé mentale ainsi que sur la sensibilisation pour contrer les préjugés concernant la santé mentale, en plus de rassembler des pistes d'interventions pour soutenir les actions des organismes communautaires.

«Il était important de mieux connaître le portrait actuel des femmes du Centre-du-Québec utilisant les services des organismes communautaires, particulièrement en lien avec la perception qu'elles ont de leur santé mentale. Nous pourrons ensemble amorcer une réflexion pour mettre en place des actions concrètes afin d'améliorer leurs conditions de vie», conclut Isabelle Goupil-Sormany, directrice à la direction de santé publique et responsabilité populationnelle au CIUSSSMCQ.

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