Des contraventions difficiles à digérer

Le propriétaire du restaurant La Binerie Chik, Jean-Guy... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le propriétaire du restaurant La Binerie Chik, Jean-Guy Bertrand, dénonce l'application des billets d'infraction pour le stationnement de nuit envers ses clients matinaux.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que son commerce ouvre à 5 heures du matin et que le stationnement de nuit est parfois interdit, le propriétaire du restaurant La Binerie Chik, au centre-ville de Trois-Rivières, dénonce ces contraventions qui font fuir la clientèle.

«Jeudi matin, on a perdu six clients à cause de cela et même en discutant avec la préposée et son superviseur, on peut tout de suite comprendre qu'ils ne sont pas payés pour leur faculté à analyser», a ouvertement déploré Jean-Guy Bertrand via Facebook.

Selon lui, il serait logique que le préposé «passe tout droit» quand le déneigement est fait sur cette artère principale et «qu'il y a une voiture devant un restaurant ouvert».

«Ça fait trois fois depuis le début de l'hiver. J'ai déjà fait les démarches avec la Ville, le conseiller du quartier et la Société de développement commercial (SDC) pour corriger le tout et demander d'avoir une certaine souplesse», raconte celui qui vit sa première expérience hivernale depuis l'ouverture de son commerce sur la rue Royale.

L'homme d'affaires est d'autant plus furieux que certains de ses clients, jeudi, «venaient manger au centre-ville à cause d'une panne d'électricité dans leur secteur». «Bravo à l'encouragement de la Ville pour les commerces du centre-ville, en plus de toute la mauvaise promotion de l'hiver passé...», écrit-il sur sa page Facebook.

À la SDC du centre-ville, après des démarches amorcées auprès des autorités municipales, on mise sur la «certaine tolérance qui est demandée aux préposés lorsqu'il y a des interdictions de stationner».

D'autant plus que parmi les membres de l'organisme, seul le restaurant La Binerie Chik est ouvert à cette période de la journée et, par surcroît, sur une rue déneigée en priorité.

«Une petite vignette particulière pourrait être donnée aux clients», suggère le président, Patrick Dupuis, qui invite les parties à s'asseoir ensemble pour trouver une solution.

À la Ville de Trois-Rivières, on dit comprendre le commerçant de vouloir avoir un privilège particulier, mais «on ne peut pas le faire», a fait savoir le porte-parole Yvan Toutant.

«On ne peut pas gérer en disant qu'on va donner une chance à l'un et non à l'autre, qu'on va donner une permission là et qu'on ne la donnera pas là. C'est inimaginable et impossible, surtout avec les conditions qu'on avait la nuit dernière. Ce que les gens doivent comprendre, quand le stationnement est interdit, c'est entre 1 h et 7 h le matin. Si vous prenez la chance de vous stationner, vous risquez d'avoir un billet d'infraction, et vous pourriez même voir votre véhicule être remorqué», explique-t-il.

Or, cette interdiction n'a été appliquée que 16 fois dans ce secteur depuis le début de l'hiver, tantôt pour une chute de neige, tantôt pour des travaux de déglaçage, ou encore, pour le transport de la neige.

«Cette nuit (de mercredi à jeudi), après avoir ramassé la neige, il fallait commencer à déglacer, il fallait à certains endroits ramasser des branches d'arbres qui auraient pu être dangereux pour des accidents. Il fallait déboucher les puisards parce qu'il y avait des accumulations d'eau qui commençaient. Il y avait énormément de travail à faire», a précisé M. Toutant.

Par conséquent, dit-il, «on ne peut pas commencer à dire: on va lui donner une chance». «Le préposé a eu la gentillesse de rentrer dans le restaurant pour dire aux gens: vous devez déplacer (votre véhicule), sinon je vais être dans l'obligation de donner un billet d'infraction. Je n'appelle pas ça agir en sauvage. J'appelle plutôt ça être très gentil, parce qu'il aurait pu rien dire et mettre des billets d'infraction à tout le monde. Le préposé a eu une très grande ouverture d'esprit», plaide-t-il.

Qu'est-ce qu'un utilisateur du centre-ville peut-il faire alors dans un cas d'interdiction de stationner la nuit? «On peut utiliser un stationnement privé», rétorque M. Toutant. «On ne peut pas commencer à donner des privilèges à l'un et pas à l'autre. On n'en finira jamais. Et le travail qu'on a à faire, il faut le faire durant la nuit pour s'assurer que les citoyens, en grande majorité, puissent être capables de circuler le lendemain», renchérit-il.

Et ce dernier souligne qu'il y a des panneaux à différents endroits, «quand vous entrez dans un district», pour indiquer s'il est interdit de stationner la nuit. C'est sans compter qu'on peut s'informer «facilement» de la situation à partir de 17 h, à tous les jours, en appelant au 819 379-5010 ou en s'abonnant gratuitement à stationnementdenuit.ca. Les gens peuvent recevoir l'information par message texte ou par courriel.

«Il ne faut pas oublier que normalement, c'était interdit du 15 novembre au 15 avril, à toutes les nuits. C'est la deuxième année qu'on a cette souplesse-là. Le fait qu'on accorde le privilège de se stationner dans la rue l'hiver implique, en contrepartie, que les citoyens ont la responsabilité de s'informer. C'est pour ça qu'on leur a donné une plate-forme informatique tout à fait gratuite qui leur permet d'être au courant», a conclu M. Toutant.

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