«On évite vraiment l'extinction»

Le chef Denis Landry, du Conseil des Abénakis... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le chef Denis Landry, du Conseil des Abénakis de Wôlinak.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Wôlinak) Le gouvernement fédéral a abandonné le 22 février dernier l'appel qu'il avait formé à l'encontre d'une décision de la Cour supérieure qui concluait que les règles sur le statut d'Indien sont discriminatoires.

«C'est beaucoup d'émotions. Ça vient mettre un baume. Ça fait quand même 25 ans qu'on se bat pour nos droits. On évite vraiment l'extinction», a confié au Nouvelliste le chef Denis Landry, du Conseil des Abénakis de Wôlinak.

Se réjouissant du désistement d'Ottawa, les deux communautés de la nation abénaquise, Odanak et Wôlinak, avaient saisi le tribunal de deux cas distincts de discrimination vécus par leurs membres.

Dans un jugement rendu le 3 août dernier, la Cour supérieure avait conclu que la discrimination fondée sur le sexe, dont les Indiennes et leurs descendants ont été victimes dans le passé concernant le droit à l'inscription («le statut d'Indien»), se perpétuait encore de nos jours et devait cesser.

«Nous comptons maintenant sur le gouvernement fédéral pour travailler avec les Premières Nations afin d'éliminer enfin la discrimination fondée sur le sexe de la Loi sur les Indiens», a ajouté le chef Landry.

La juge Chantal Masse avait donné 18 mois au gouvernement fédéral pour corriger les dispositions pertinentes concernant le droit à l'inscription dans la Loi sur les Indiens avant qu'elles ne soient déclarées inopérantes pour violation injustifiée du droit à l'égalité garanti par la Charte canadienne des droits et libertés.

Or, le gouvernement fédéral en avait appelé de cette décision devant la Cour d'appel du Québec le 2 septembre 2015, ce qui a suspendu les effets du jugement.

Le gouvernement fédéral devra maintenant amender la Loi sur les Indiens pour la rendre conforme à la Charte d'ici la fin août 2017 au plus tard. «On peut présumer que des milliers de personnes gagneront alors le droit à l'inscription», avance-t-on, histoire d'illustrer l'impact national d'une telle décision.

Par ailleurs, le chef Landry attribue cette bonne nouvelle, en bonne partie, au changement de gouvernement.

«La cause avait été mise en appel sous le gouvernement Harper», a-t-il souligné.

Lors d'une récente assemblée des chefs, deux ministres libéraux, des femmes autochtones, ont exprimé la volonté de l'importance de corriger des inéquités dans certains programmes et certains services au niveau des Premières Nations et de rétablir des ponts qui avaient été coupés par le gouvernement conservateur.

«Elles sont venues nous dire qu'il fallait avoir vraiment une nouvelle relation et qu'elles voyaient vraiment ça comme un partenariat. Je suis porté à croire qu'il y a effectivement une bonne volonté du gouvernement Trudeau de marcher avec les Premières Nations un à côté de l'autre puis de négocier d'égal à égal. On verra ce que l'avenir nous dira», a conclu le chef Landry.

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