Controverses au Gala Radisson

Le président du jury pour le Gala Radisson,... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le président du jury pour le Gala Radisson, Frédéric Laurin, a justifié les choix controversés de la 31e édition.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Lauréat qui vient de perdre son entreprise au profit de son concurrent pour difficultés financières. Entreprise gagnante dont le président a vécu une faillite par le passé. Choix contesté dans la catégorie de l'industrie touristique. Voilà autant de controverses qui ont marqué la 31e édition du Gala Radisson tenue vendredi dernier.

Responsable de l'organisation, la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières se range derrière les décisions du jury indépendant qui est composé de professeurs de l'UQTR et d'un entrepreneur de l'extérieur de la région. L'organisme aura passé une bonne partie de la journée de mardi à tenter de contrôler les dommages

«C'est la première fois, en 31 ans de gala, que l'événement suscite autant de réactions», a admis la présidente de la CCITR, Karine Provencher, dans une lettre d'opinion publiée mercredi dans Le Nouvelliste.

D'abord, le choix de Denis Roy comme personnalité d'affaires masculine de l'année en aura fait sourciller plus d'un alors que le fondateur d'Egzakt vient à peine de fermer son agence, faute de rentabilité. C'est Acolyte communication qui a d'ailleurs récupéré les actifs de la défunte compagnie.

Or, le président du jury, Frédéric Laurin, dit assumer ce choix entièrement, à 100 %. «La Chambre de commerce m'a téléphoné comme président pour me demander ce que j'en pensais. Nous, notre logique était la suivante: on remet le prix à la personne et non à son entreprise», a-t-il expliqué.

Selon lui, les critères d'évaluation qui avaient mené à ce choix, le 9 décembre, tenaient toujours au lendemain des déboires du dirigeant d'Egzakt, au début février.

«On s'était dit que tout ce que M. Roy a accompli, quand on a étudié sa candidature à l'unanimité, rien n'a changé. C'est un entrepreneur qui a fait beaucoup pour la région. Il a pris des risques, il a fait faillite, mais malgré la faillite, il y a une contribution notable de son entreprise pour la région», défend l'économiste de l'UQTR.

«Nous, on enseigne ça à nos étudiants que la loi de la faillite existe parce qu'on sait qu'il y a des entrepreneurs qui vont prendre des risques. Et c'est comme ça que la loi sur la faillite a été pensée. M. Roy a fait faillite en bonne et due forme. Il a fait tout ce qu'il pouvait pour éviter la faillite et essayer de minimiser les pertes d'emplois. Pour nous, c'est presque un hommage posthume. C'est un message à envoyer que si vous ne prenez pas de risque, il n'y a pas rien», renchérit le spécialiste.

Ce qui ne l'empêche pas de recommander à la Chambre de commerce des dossiers de candidature plus étoffés pour les personnalités d'affaires de l'année.

«Les réalisations de Denis Roy vont bien au-delà de la firme de communication. Le jury a voulu souligner la contribution historique de M. Roy en 30 ans de carrière», a plaidé la présidente Karine Provencher.

Ensuite, le Radisson de la nouvelle entreprise remis à l'Entrepôt de la Lunette a été questionné sur la place publique en raison du passé de son président, Daniel Beaulieu. Celui-ci avait été impliqué dans la faillite de Directlab Capital, qui avait une créance de 125 000 dollars à l'endroit d'Innovation et Développement économique Trois-Rivières.

Or, ironie du sort, c'est le directeur général d'IDE, Mario De Tilly, qui a remis le prix au dirigeant de l'Entrepôt de la Lunette.

«Quand j'ai remis le prix, je ne connaissais pas l'histoire. L'entreprise lauréate n'a jamais fait faillite, n'a jamais emprunté d'argent, c'est l'entreprise antérieure qui était détenue par le même président, Daniel Beaulieu, c'est eux qui ne nous ont pas remboursé», a-t-il tenu à préciser.

D'ailleurs, le secrétaire de l'Entrepôt de la Lunette, Jean-Marc Pomerleau, est affirmatif: «l'Entrepôt de la lunette n'a jamais fait faillite. C'est une corporation qui a débuté ses opérations en janvier 2014 à Trois-Rivières», assure-t-il, tout en rappelant que Daniel Beaulieu, autrefois rattaché à Directlab Capital, avait fait une proposition à ses créanciers, «laquelle a été acceptée».

Pour M. Pomerleau, il est donc faux de prétendre qu'une somme de 125 000 dollars fut empruntée à IDE Trois-Rivières pour servir au démarrage d'une autre entreprise, après la mise en faillite de la compagnie.

«On n'a aucun emprunt, on ne doit pas un sou à personne», clame-t-il, évoquant au passage la croissance rapide de l'Entrepôt de la Lunette.

Cette dernière candidature ne posait pas problème au président du jury. «À partir du moment où on voit un comptable réputé qui a signé le papier avec les ratios financiers, il n'y a pas de question à poser. On ne peut pas faire d'enquête de crédit», fait remarquer M. Laurin.

«Le dossier qui a été remis au jury pour fins d'analyse se conformait aux exigences. En aucun temps, le jury n'a décelé de lacune sur le plan financier», renchérit Mme Provencher.

Finalement, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, comprend mal que l'Amphithéâtre n'ait pas raflé le Radisson de l'industrie touristique alors que, dit-il, «c'est l'équipement touristique qui a donné le plus de retombées touristiques et culturelles de toute l'histoire de Trois-Rivières».

Mais pour le président du jury, le choix de Boréalis est justifié. «Ce n'est pas un prix qui est remis à la chose qui est la plus spectaculaire. Il y a un élément de gestion derrière ça», affirme M. Laurin.

En terminant, la présidente de la Chambre tient à féliciter les 15 lauréats qui se sont démarqués dans chacune des catégories, tous les finalistes de cette 31e édition et tous les entrepreneurs de la région. «Je ne mets pas en doute la crédibilité de notre événement», a conclu Mme Provencher.

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