Stolt LNGaz: le projet mis sur la glace

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Les délais s'accumulent dans les différents grands projets du parc industriel de Bécancour.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Initialement, le projet de 800 millions $ devait se mettre en branle au premier trimestre de 2016. Ensuite, on parlait d'un début de construction à la fin du printemps ou au début de l'été.

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Le directeur affaires publiques et relations avec les communautés pour Stolt LNGaz, Richard Brosseau. 

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Or, non seulement le chantier de l'usine de liquéfaction de gaz naturel à Bécancour ne sera-t-il pas lancé au cours des prochains mois, mais la direction de Stolt LNGaz vient même de reporter la décision finale d'investissement à l'été.

«C'est l'économie mondiale, c'est le marché dans lequel on est, la baisse du prix de pétrole qui ralentit la prise de décision chez le client. Par exemple, on voulait s'adresser au marché minier, mais on sait que c'est assez lent actuellement. On se tourne vers d'autres clientèles, mais évidemment, ça prend le temps que ça prend», a expliqué au Nouvelliste le directeur affaires publiques et relations avec les communautés pour Stolt LNGaz, Richard Brosseau.

Ce qui devait apparaître en premier sur le site du parc industriel en 2016, c'est le réservoir d'entreposage de gaz naturel liquéfié (GNL) de 50 000 mètres cubes. Le reste de l'usine devait être érigé l'année suivante pour un début d'opérations envisagé à l'été 2018 avec une vingtaine d'employés prévus au démarrage.

Or, si le promoteur a déjà en poche un décret environnemental et un permis d'exportation, il lui reste toujours l'étape importante de la clôture financière.

Interrogé à savoir si la présente situation mettait en péril la réalisation du projet, M. Brosseau a indiqué qu'il s'agissait plutôt d'un déplacement dans le temps. «C'est difficile à déterminer actuellement. Est-ce qu'on pourrait annoncer une décision d'investissement d'ici l'été, avant la fin de l'été? C'est ce qu'on espère. On n'est pas en mesure de le dire encore aujourd'hui», a admis le porte-parole de l'entreprise.

Pour sa part, le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, ne se montre pas inquiet par rapport à ce nouveau délai.

«On sait très bien que c'est relié directement au prix du pétrole, au marché du pétrole, parce qu'ils sont dans le domaine de l'énergie. On le savait que c'était reporté et que ça ne commencerait pas au mois de juin comme ils voulaient. Il faut quand même se rappeler qu'ils ont acheté les terrains, que les terrains sont déjà aménagés, qu'ils ont tous les permis, que la maison mère à Londres a décidé d'investissements et que les plans sont ready to go», a-t-il souligné.

Selon lui, la construction d'un immense réservoir, qui nécessite plus de 18 mois de travaux, représente l'élément majeur. «Ça veut dire que s'ils décidaient aujourd'hui de commencer la construction, il passe deux ans avant qu'ils servent un client», fait remarquer M. Richard.

Par conséquent, les investisseurs, dit-il, «doivent avoir le pif de dire: on commence tout de suite parce que je sais que dans 20 mois, le marché va être repris». «C'est ça leur décision qu'ils ont à prendre. La façon que ça fonctionne, il est trop tôt. On ne veut pas se retrouver avec une usine bâtie, mais pas de marché. Par contre, il faut que quand le marché va arriver, on veut être avant les autres et prendre le marché», décrit l'ancien maire de Bécancour.

Ce qui le rassure, c'est que ce sont des spécialistes en gaz liquide dans les pays scandinaves qui ont détecté une opportunité de marché au Québec, avec le développement du nord de la province. «Ma confiance, elle est là. Ce ne sont pas des gens qui s'improvisent. Ce sont des gens qui sont dans le domaine, qui connaissent ça. Quand ils ont pris cette décision-là, ils ne savaient pas que le baril de pétrole serait à 28 dollars. Tout le monde est victime du marché», fait remarquer M. Richard.

Un constat partagé par le premier magistrat Jean-Guy Dubois. «Ce sont des raisons vraiment conjoncturelles. Je suis inquiet, mais positif en même temps. J'ai désespérément hâte que ça décolle. Il était au-dessus de la pile», a-t-il indiqué.

Celui-ci se console à l'idée de voir les rares grands projets au Québec se concentrer dans le parc industriel de Bécancour. «Plusieurs sont dans les cartons de la Société du parc. C'est évident qu'on attend beaucoup après ça. Mais d'autres projets semblent vouloir avancer à la suite de notre association avec IDE Trois-Rivières. Le canard, on le voit bien tranquille sur le dessus, mais les pattes fonctionnent de ce temps-là de façon assez importante», se plaît-il à décrire.

Martel rencontrera la ministre Anglade au sujet du parc industriel

L'incertitude entourant le projet de Stolt LNGaz vient s'ajouter à la mise en veilleuse de l'usine d'engrais IFFCO. Ce qui amène le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, à rencontrer ce mercredi la nouvelle ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, pour «faire le tour des dossiers du parc industriel».

«Pour moi, le terrain du parc n'est pas un terrain politique. Je pensais que le dossier de Stolt LNGaz avançait un petit peu plus», a conclu celui qui ne cache pas sa hâte de voir le tout se réaliser.

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