L'EI frappe en Syrie: plus de 150 morts

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Revendiquant l'attaque, l'EI a affirmé que deux de ses kamikazes s'étaient fait exploser, menaçant de mener de nouvelles attaques.

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Maher AL MOUNES, Nicolas REVISE
Agence France-Presse
SAYEDA ZEINAB, AMMAN

Plus de 150 personnes ont été tuées dimanche dans une série d'attentats spectaculaires revendiqués par les djihadistes de l'État islamique (EI) dans des zones tenues par le régime en Syrie, tandis que Washington et Moscou poussent pour la mise en place d'un cessez-le-feu.

Homs, troisième ville du pays, a été frappée par le plus sanglant attentat du genre sur son sol depuis 2011 avec 59 morts, selon une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Et un double attentat djihadiste a eu lieu près d'un sanctuaire chiite au sud de Damas, faisant 83 morts selon l'agence de presse syrienne Sana et 96 morts selon l'OSDH.

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, «condamne avec force» les attentats commis à Homs et près de Damas, selon un communiqué de son porte-parole qui relève que «l'EI a revendiqué la responsabilité de ces actes terroristes».

C'est dans ce contexte meurtrier que le secrétaire d'État américain John Kerry a annoncé à Amman «un accord provisoire en principe» avec la Russie sur les modalités d'une trêve en Syrie, qui «pourrait commencer dans les prochains jours».

La multiplication des protagonistes, les divisions internationales et la montée en puissance de l'EI et du Front Al-Nosra, branche locale d'Al-Qaïda, ont miné les efforts pour un règlement du conflit qui a fait en près de cinq ans plus de 260 000 morts et poussé à la fuite plus de la moitié de la population.

Message de défi de l'EI 

À Sayeda Zeinab, localité située à 5 kilomètres au sud de Damas et abritant un haut lieu du chiisme, 83 personnes ont été tuées dans les attentats selon l'agence officielle syrienne. L'OSDH a pour sa part donné pour Sayeda Zeinab un bilan révisé de 96 morts dont au moins 60 civils. L'ONG a aussi fait état de 160 blessés.

«Il s'agit de l'un des bilans d'attentats les plus lourds depuis le début du conflit», a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Revendiquant l'attaque, l'EI a affirmé que deux de ses kamikazes s'étaient fait exploser, menaçant de mener de nouvelles attaques.

Un journaliste de l'AFP sur place a vu un amas de voitures calcinées et des débris de verre jonchant le sol dans la zone frappée. Les attentats se sont produits à 400 mètres du mausolée de Sayeda Zeinab, l'une des petites-filles du prophète Mahomet vénérées par les chiites.

Au moins une soixantaine de magasins et de nombreuses façades d'immeubles ont été dévastés, a rapporté le journaliste.

Les attentats de Sayeda Zeinab ont été menés quelques heures après une double attaque à la voiture piégée, également revendiquée par l'EI, dans un quartier à majorité alaouite à Homs, qui a fait 59 morts selon l'OSDH.

Les alaouites sont une communauté issue du chiisme et à laquelle appartient le président syrien Bachar al-Assad.

D'après le directeur de l'OSDH, l'EI, visé à la fois par les frappes de la coalition internationale menée par les États-Unis et par les frappes russes, veut envoyer un double message.

«C'est un message d'abord à la communauté internationale pour montrer qu'ils sont toujours puissants malgré les frappes», déclare-t-il à l'AFP. Selon lui, le groupe djihadiste profite aussi de l'affaiblissement des rebelles dans le nord de la Syrie face à l'armée pour «montrer qu'il est le seul capable de frapper le régime dans ses fiefs, ainsi que les chiites et les alaouites».

La Syrie est un pays à majorité sunnite mais le pouvoir en place depuis plus d'un demi-siècle est aux mains du clan alaouite des Assad.

Dans la province d'Alep, dans le nord de la Syrie, au moins 50 djihadistes de l'EI ont été tués dans les combats avec l'armée, qui avance notamment dans l'est de la province et dans les frappes russes, selon l'OSDH.

«Accord provisoire»

La situation très complexe sur le terrain rend difficile la mise en application d'un accord qui soit agréé par l'ensemble des protagonistes pour une trêve malgré les efforts de l'ONU et des États-Unis.

Dimanche à Amman, M. Kerry a annoncé avoir de nouveau parlé au téléphone à son homologue russe Sergueï Lavrov. «Nous sommes parvenus à un accord provisoire en principe sur les termes d'une cessation des hostilités qui pourrait commencer dans les jours qui viennent», a-t-il dit.

«Ce n'est pas encore fait et je prévois que le président (Barack) Obama et le président (Vladimir) Poutine, pourraient bien se parler dans les prochains jours afin de tenter d'achever ce travail», a-t-il ajouté.

«Deux conversations téléphoniques supplémentaires entre Sergueï Lavrov et John Kerry ont eu lieu le 21 février au soir. Au cours de ces conversations ont été finalisés les paramètres sur l'accord de cessez-le-feu en Syrie, qui sont présentés aux présidents Obama et Poutine», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Une trêve censée entrer en vigueur vendredi dernier conformément à un accord international parrainé par Moscou et Washington a été complètement ignorée.

Avec le régime jugeant difficile sa mise en application, l'opposition syrienne posant des conditions quasiment irréalisables et les groupes djihadistes hors de contrôle, il est difficile de concevoir un cessez-le-feu.

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