Comme un heureux poisson dans l'eau!

On peut voir les oeuvres de Marie-Sol Saint-Onge... (Olivier Croteau)

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On peut voir les oeuvres de Marie-Sol Saint-Onge au Centre culturel Pauline-Julien du jeudi au dimanche de 13 h à 17 h jusqu'au 20 mars.

Olivier Croteau

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avant d'être connue comme le modèle de résilience qu'elle est devenue, Marie-Sol Saint-Onge gagnait sa vie comme artiste peintre. Près de quatre ans après que la bactérie mangeuse de chair eut ravagé son corps jusqu'à la quadruple amputation, la Trifluvienne de 38 ans présente son exposition solo intitulée À moitié plein au Centre culturel Pauline-Julien.

Le thème du verre à moitié plein est en harmonie avec le message que Marie-Sol Saint-Onge livre dans les conférences qu'elle offre un peu partout dans la province. Sa longue route vers la réadaptation a été pavée d'une détermination et d'un positivisme inspirants. Privilégier l'image du verre à moitié plein au lieu de se concentrer sur sa moitié vide aura motivé la survivante jusque dans son art.

Invitée à créer un autoportrait dans le cadre d'un documentaire dont elle était le sujet, Marie-Sol s'est représentée comme un poisson dans un bocal. 

«J'ai fait une bouteille à moitié pleine. Le petit poisson est tout flamboyant. On voit qu'il n'a pas de problème à circuler dans sa bouteille, même si elle est à moitié pleine, même si elle le limite. Je suis limitée, mais j'arrive quand même à rayonner dans la limite que la vie m'a donnée», décrit-elle devant la toile qui a donné le ton aux 22 que compte son exposition.

L'artiste a repris le pinceau à l'automne 2012, une dizaine de mois après le début de son hospitalisation le 8 mars de cette année-là. Depuis, elle a exposé au Quartier Dix30 à Brossard et au café du cinéma Le Tapis rouge à la fin de 2014. Sa toute nouvelle exposition marque pour elle le franchissement de plusieurs étapes.

«J'ai pratiquement doublé la production que j'avais été capable de faire l'année d'avant, même à travers les conférences et le tournage du documentaire. Ça a été une année très chargée, mais malgré tout, je suis arrivée à produire le double», constate-t-elle. 

«Mes formats ont grandi. Mon but est d'arriver à peindre au moins un 4 pieds par 4. Je faisais de la murale grand format, c'était ma spécialité. Aussi, mes nouvelles toiles ont beaucoup plus de détails, de précision. Mon pinceau écoute un peu plus ma prothèse. J'arrive encore plus à faire ce que j'ai dans la tête», énumère celle qui crée à l'aide de pinces plus légères que ses prothèses de tous les jours qui reproduisent davantage la physionomie d'une main.

Native de Saint-Hyacinthe, Marie-Sol Saint-Onge a étudié dans le volet production de l'option théâtre du Cégep de l'endroit, avant d'entreprendre un baccalauréat en arts visuels à l'Université Laval. 

«Au Cégep, j'aimais tous les cours de dessin d'observation, de peinture scénique, la conception de costumes.... Dès que ça impliquait de peindre ou dessiner, je voyais tout de suite que c'était là mon intérêt.» 

Puis, après une session à l'université, l'urgence de travailler l'a entraînée à Montréal pour se lancer sur le marché du travail, d'abord dans une entreprise de patine de fer forgé, puis près de 10 ans dans des ateliers de décors.

C'est pour réaliser leur rêve de s'acheter une maison pour élever leur famille que Marie-Sol et son conjoint Alin Robert se sont établis à Trois-Rivières, tout près du Nicolet natal d'Alin. 

«On n'avait pas les moyens de s'acheter une maison à Montréal, et j'avais le goût de m'établir ici, près de la nature. On aimait beaucoup le plein air», raconte celle qui a travaillé pour des entreprises d'enseignes et de lettrage avant de se consacrer à son entreprise Les Illusarts en 2011. 

«J'ai fait une formation en lancement d'entreprise. Ça allait super bien, j'étais débordée! Je venais d'avoir un contrat pour une boutique de décoration pour enfants, à Montréal, qui avait trois succursales. C'était en plein dans mes cordes. Et paf! la bactérie est arrivée.»

En décrivant ses toiles, qu'elles mettent en scène des poissons, des fleurs ou une cabine téléphonique dans un désert, Marie-Sol fait souvent le lien avec son vécu. 

«Il y a toujours de la couleur, toujours une touche de rayonnement, d'espoir. Pour moi, la couleur c'est la vie. Même si des fois je fais des toiles un peu plus grises, il y aura de la couleur pour signifier la chance que j'ai d'être en vie.»

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