Silence, lecture et chocolat chaud

Une fois par semaine, des dizaines de jeunes... (Audrey Tremblay)

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Une fois par semaine, des dizaines de jeunes de l'école Jacques-Buteux viennent lire en sirotant un chocolat chaud, comme Théo Issa (sur la photo).

Audrey Tremblay

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(La Tuque) Le projet Chocolecture a été mis en place il y a neuf ans pour tenter de remédier à un problème de lecture chez les élèves de l'école primaire Jacques-Buteux. Aujourd'hui, ils sont des dizaines à venir s'asseoir de façon volontaire pour dévorer une histoire, un roman, une bande dessinée... avec un chocolat chaud. À l'aube de ses 10 ans d'existence, force est de constater que le projet lancé par Carole Vermette dépasse largement les attentes de la direction, des enseignants et surtout des tout-petits.

«De prime abord, ça répondait à un besoin parce qu'on avait ciblé un désintéressement de la lecture, surtout chez les garçons. Cette idée de génie, c'est la solution que Carole avait trouvée! Après neuf ans, c'est toujours aussi populaire. Les jeunes s'intéressent de plus en plus à la lecture. C'est une belle activité et ils prennent ça au sérieux. C'est un moment apaisant et de détente pour eux», explique la directrice de l'établissement, Anne Brassard.

Chocolecture, c'est une pause de lecture après l'école. Pendant une heure, les enfants viennent, de façon informelle, avec un livre et boivent un chocolat chaud. «Moi je viens ici parce que j'aime lire», lance simplement l'amateur d'Amos Daragon Félix Roy, 12 ans. Pour lui, il va sans dire que la lecture amène du positif, à l'école et dans la vie de tous les jours. Ses copines de Chocolecture sont du même avis. «J'ai beaucoup plus de vocabulaire qu'avant», assure Océane Bacon, 11 ans.

D'ailleurs, l'instigatrice du projet ne peut qu'approuver leurs dires. Selon Carole Vermette, non seulement ils ont plus de vocabulaire, mais ils ont également des connaissances plus variées et plus approfondies. «Je pense qu'il y a aussi beaucoup de gains au niveau de l'écriture. Ça les aide dans toutes les matières. J'ai toujours dit que la lecture, c'est la base de toutes les matières», affirme Mme Vermette.

Au fil des ans, les enfants ont développé des habitudes de lecture. Des coins lecture ont fait leur apparition dans certains domiciles, même que les livres se retrouvent sur les listes de cadeaux. La réputation de Chocolecture n'est plus à faire, même dans les classes, les élèves en rêvent!

«Les enfants font beaucoup d'efforts pour être capables de venir au Chocolecture. C'est une heure de lecture quand même alors il faut être un bon lecteur. Ils sont très motivés par l'idée», souligne une enseignante de première année.

En moyenne, entre 40 et 50 jeunes se présentent à la bibliothèque pour l'activité qui se tient une fois par semaine. Assez impressionnant quand on sait qu'environ 250 jeunes fréquentent l'école Jacques-Buteux.

La semaine dernière, exceptionnellement, les parents et grand-parents étaient invités à se joindre à la période de lecture. Il faut dire qu'ils sont rarement admis à Chocolecture. Ils étaient une dizaine à s'être joints aux jeunes lors du passage du Nouvelliste et ils ont été impressionnés.

«C'est une belle idée, une belle initiative. Chaque fois qu'on prend un chocolat chaud à la maison, ils demandent un livre! C'est devenu une habitude, ça va ensemble. [...] L'intérêt pour la lecture ne peut que s'agrandir», soutient Maire-Claire Larouche, la maman de deux jeunes lecteurs de 6 et 8 ans.

«On ne les oblige pas à venir ici, c'est leur choix. S'il y a une semaine qu'ils ne veulent pas venir, c'est correct. Jusqu'à maintenant, ça leur tente tout le temps», ajoute-t-elle.

Les commentaires recueillis par Le Nouvelliste sont unanimes, Chocolecture est un projet qui connaît un immense succès à l'école Jacques-Buteux, qui rapporte des résultats et qui facilement pourrait faire des jaloux par son achalandage. «Les jeunes sont intéressés et je suis vraiment surprise de voir que c'est le silence ici. Il y a beaucoup de respect et la lecture ne peut qu'être bénéfique pour les enfants», soulignait une autre maman.

Une pause à l'automne 2015

Carole Vermette est une enseignante à la retraite qui s'occupe du projet bénévolement depuis le début. À l'automne, elle a cessé l'activité par solidarité aux enseignants. «C'était une pause syndicale, je dirais. Solidairement parlant, j'ai déjà oeuvré dans ce milieu-là et j'ai décidé de commencer Chocolecture plus tard après les négociations. C'était un appui à mes anciens collègues de travail. J'ai volontairement décidé de le faire», confirme-t-elle.

À la reprise de Chocolecture, plus de 70 jeunes se sont présentés. Ils s'étaient visiblement ennuyés de leur période de lecture. «Ça redonne un peu de vie à Chocolecture. On a remarqué que les jeunes voulaient vraiment que ça recommence. Les jeunes me le demandaient toutes les semaines», a conclu Carole Vermette.

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