SSM: le nouveau directeur général Luc Trudel vise une croissance d'ici 2020

Luc Trudel aura les coudées franches pour inverser... (Sylvain Mayer)

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Luc Trudel aura les coudées franches pour inverser la tendance de la baisse des inscriptions au Séminaire Sainte-Marie, puisque son contrat de directeur général le porte jusqu'en juin 2020.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Fini la décroissance, le Séminaire Sainte-Marie se retrousse les manches pour redevenir l'institution secondaire privée par excellence pour former les leaders de demain. Confiant, le directeur général, Luc Trudel, souhaite atteindre la barre des 300 étudiants inscrits en 2020, ce qui constituerait un bond de près de 28 % par rapport à l'année scolaire en cours.

Vendredi matin, le président du conseil d'administration du Séminaire Sainte-Marie, François St-Onge, a confirmé l'embauche de son directeur général. M. Trudel avait été engagé sur une base intérimaire de six mois l'été dernier et visiblement, l'ex-député de Saint-Maurice a passé le test haut la main.

«Nous avons rapidement pu constater sa grande rigueur, son style de gestion transparent et son travail acharné», confie M. St-Onge, dans un local occupé par une douzaine d'étudiants et quelques anciens.

Le conseil d'administration a également été séduit par la dernière campagne de promotion du SSM et des retombées positives de l'utilisation du comédien Rémi-Pierre Paquin comme porte-parole.

En 2020, M. Trudel aura passé cinq ans à la tête de l'institution, le maximum prévu par les règlements internes. D'ici là, sa mission consistera évidemment à freiner la glissade des inscriptions, qui ont atteint un plancher historique de 235 élèves en 2015-2016. Pour réussir, l'homme de 45 ans veut revenir aux racines du Séminaire Sainte-Marie afin que la vénérable institution redevienne le passage privilégié des leaders de demain.

L'une des façons d'y arriver consistera à insister sur la qualité d'enseignement des matières de base, sans trop éparpiller ses énergies. Au printemps 2014 par exemple, la direction avait annoncé en grande pompe la création d'une école de cirque, qui n'a finalement jamais levé. Pour le moment, les concentrations hockey, patinage artistique, langues et multisports sont maintenues.

«La marque de commerce demeure excellente dans la population», détecte M. Trudel. «Il faut redresser la situation, ramener des inscriptions pour donner de l'eau au moulin. Nous devons aussi resserrer la qualité des services et redéployer notre offre. Nous pensons, dès maintenant, en termes de développement plutôt qu'en termes de survie.»

Néanmoins, pas facile de dissiper les nuages noirs au-dessus d'une institution qui a perdu environ 70 % de ses effectifs depuis une douzaine d'années.

«Nous avons besoin de 260 étudiants pour faire nos frais, dans la structure de coûts dont nous disposons présentement», explique le directeur général. «On se fixe cet objectif d'ici quelques années. Je vise 300 étudiants et plus d'ici cinq ans.»

«Depuis dix ans, nous perdions 80 étudiants par année jusqu'à il y a deux ans environ», poursuit-il. «Juste le fait de stabiliser et d'aller chercher une croissance, ça veut dire qu'en termes de perception et d'offre de services, c'est une transformation majeure. Le défi, c'est de se trouver un peu d'oxygène pour se rendre au moment où la roue aura recommencé à tourner dans le bon sens.»

M. Trudel joue la carte de la prudence sur la bonification de l'offre de services, mais il glisse qu'il souhaiterait ajouter une équipe de basket-ball scolaire.

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Le Séminaire Sainte-Marie

Archives, Le Nouvelliste

Sacrifices

Le directeur général ne peut pas encore entrevoir le moment où les professeurs cesseront de verser 20 % de leur salaire au Séminaire Sainte-Marie pour maintenir la tête de l'institution hors de l'eau. En fait, il s'agit d'un prêt remboursable... à une date indéterminée. 

«Ça démontre tout l'attachement que le personnel a envers les jeunes et cette institution», convient-il. «Personne n'aurait voulu être obligé d'imposer une telle ponction. Le temps nous dira quand pourrons-nous leur retourner leur plein salaire.»

Le Séminaire Sainte-Marie emploie présentement 17 enseignants, dont quelques-uns à temps partiel. M. Trudel confie qu'il a dû rétablir un climat de confiance à l'interne depuis son arrivée.

«Il y avait des dossiers qui avaient été laissés en plan depuis un certain temps», raconte-t-il. «La mission la plus importante que j'ai est de faire preuve de transparence pour redonner confiance au personnel dans notre capacité à livrer la marchandise. Quand on passe de 817 étudiants à 235 en l'espace de douze à quinze ans, ça soulève plein de questions. Ils ont vu des collègues partir; ça crée beaucoup d'incertitude. Depuis ma première rencontre avec eux, j'ai dit que nous vivions une situation difficile, que nous avons des défis importants à relever, mais je n'accepterais pas un tel mandat si je n'étais pas convaincu qu'on était capable de le faire.»

«Ils ont tellement eu de promesses, de plans de relance... Ils sont rendus extrêmement prudents avant de donner leur confiance. Je dois aller les chercher un par un!»

Une pause, pas une croix

Difficile de plonger à temps plein dans le défi du redressement du Séminaire Sainte-Marie en gardant ses options pour un éventuel retour en politique. En s'engageant jusqu'en 2020, Luc Trudel convient qu'il passera son tour pour l'élection provinciale de 2018... mais refuse de mettre une croix sur la vie de député.

Cet univers a fait partie de son quotidien pendant vingt ans. Attaché politique de Claude Pinard de 1994 à 2012, il avait alors été élu sous la bannière du Parti québécois dans le comté de Saint-Maurice avec le gouvernement minoritaire de Pauline Marois. Il s'était incliné devant Pierre Giguère et la vague libérale de 2014.

«Je n'ai jamais eu de plan de carrière», partage-t-il. «J'ai toujours eu une stratégie émergente. Je n'avais jamais pensé devenir directeur d'école dans ma vie. Mon arrivée a redonné une crédibilité à cette école. Les gens me connaissaient en raison de mes anciennes fonctions et là, ils me disent qu'ils peuvent me faire confiance. Ils ont espoir que le séminaire va bien aller. Je ne peux faire autrement que m'engager à long terme envers l'institution.»

«Maintenant, je ne dirai jamais que je ne ferai plus de politique, que je ne toucherai plus à ça», ajoute-t-il. «Pour l'instant, il n'y a pas d'élection et on ne sait même pas encore s'il y aura encore un comté de Saint-Maurice !»

Rappelons que la Commission de la représentation électorale du Québec étudie actuellement le découpage des circonscriptions. Dans son rapport préliminaire, déposé en mars 2015, elle recommandait la disparition du comté de Saint-Maurice, pour rétablir un poids politique régional proportionnel à la population. La décision finale n'est toutefois pas encore arrêtée.

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