Le SANA manque d'espace

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Le sous-sol de l'église de l'Assemblée chrétienne de Cap-de-la-Madeleine est transformé en friperie.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y a quelques années, le Service d'aide aux nouveaux arrivants (SANA) de Trois-Rivières comptait trois employés et venait en aide à quelque 250 personnes annuellement.

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Le SANA évolue dans des espaces devenus beaucoup trop petits, indique le directeur du SANA, Ivan Suaza.

François Gervais, Le Nouvelliste

Les besoins ont grandi et le SANA compte maintenant huit ressources et trois stagiaires qui soutiennent rien de moins que 1500 personnes par année. Le directeur du SANA, Ivan Suaza, avoue que le quotidien est devenu difficile à cause de l'espace physique nettement trop petit occupé par son organisme logé au-dessus de la caserne des pompiers, coin Laviolette et Saint-Maurice.

Cette situation tombe bien mal alors que le SANA a déjà accueilli 35 des 70 Syriens qui arriveront à Trois-Rivières d'ici la fin du mois de février. C'est que certains réfugiés qui arrivent au SANA de la Syrie ou d'autres pays ont vécu des chocs post-traumatiques, de la torture et des viols. Ces confidences doivent de toute évidence être reçues dans la discrétion par les intervenants. Mais étant donné que ces derniers sont deux par locaux, l'un d'eux doit sortir le temps que l'autre fasse son travail. «On perd beaucoup de temps», se désole le directeur.

Lorsque les nouveaux arrivants ont une épreuve de français à passer via Skype, il n'y a pas de local à leur disposition. Un intervenant du SANA doit donc céder son espace de travail pour permettre à la personne de recevoir l'examen oral.

M. Suaza estime qu'il est urgent que le SANA soit transféré dans un endroit où il pourrait disposer de trois ou quatre salles supplémentaires.

Le problème du manque d'espace n'est pas une situation spontanée occasionnée par l'arrivée des Syriens, assure-t-il. «C'est une tendance lourde.»

«Mais actuellement, on n'est pas en mesure de tenir des rencontres confidentielles. «C'est vraiment compliqué du côté de l'espace», fait valoir M. Suaza.

Fort heureusement, dit-il, les réfugiés attendus cet hiver arrivent à Trois-Rivières de façon progressive. Ça donne le temps aux intervenants du SANA de leur trouver un appartement et de mieux les encadrer.

Jusqu'à présent, indique M. Suaza, aucun propriétaire n'a refusé de loger les réfugiés. Il y a suffisamment de logements, dit-il, mais «il y a des propriétaires qui nous offrent des logements, mais qui ne comprennent pas qu'on en a besoin tout de suite et quand on va signer le bail, ils disent que le logement va être prêt dans deux semaines. Ça s'est passé une ou deux fois, mais ça s'est réglé rapidement. Les gens ont tout de suite compris.»

«La plupart des propriétaires qui nous offrent des logements sont des gens avec qui on a déjà fait affaire dans le passé. Ils sont habitués aux immigrants et nous appellent quand il y a des logements disponibles», dit-il.

Pour ce qui est de fournir des vêtements d'hiver aux réfugiés, le SANA a pris entente avec l'Assemblée chrétienne de Cap-de-la-Madeleine.

Les généreux dons en vêtements d'hiver offerts par la population ont été entreposés au sous-sol de l'église, nouvellement reconstruite au coût de presque 2 millions $. Cette église, rappelons-le, avait été complètement rasée par les flammes, sur la rue Lupien, en décembre 2012.

Le SANA avait d'abord contacté le responsable du Centre d'aide aux personnes en difficulté, Stéphane Demers, pour habiller les réfugiés. «On a une friperie pour les gens dans le besoin», explique M. Demers qui est aussi le responsable de l'Assemblée chrétienne de Cap-de-la-Madeleine.

Mais les dons étaient si nombreux qu'il «a fallu trouver un endroit plus spacieux. Le CAPED ne pouvait pas accueillir ce volume-là», dit-il. «Une entente a donc été prise entre le SANA et l'Assemblée chrétienne du Cap. Initialement, seule une portion du sous-sol était requise, mais là, c'est le sous-sol en entier qui a été mobilisé», indique M. Demers.

Chaque mercredi, des bénévoles du SANA se sont rendus sur place pour trier et placer tous ces vêtements donnés par les citoyens de Trois-Rivières. «Ne sachant pas combien la région allait accueillir de Syriens, on a accepté peut-être plus de dons que ce dont on avait besoin. Mais M. Suaza nous a mentionné qu'on attendait aussi d'autres immigrants et d'autres réfugiés presque chaque semaine. Ces gens-là ont des besoins aussi», signale M. Demers.

Ce dernier indique que l'Assemblée chrétienne réfléchit à l'idée de conserver ce service au-delà du mois de mars ou avril. «On veut donner cet accès-là à la communauté», dit-il. «On veut que le bâtiment soit accessible, utile pour le quartier. Qui sait? Ça pourrait devenir une annexe permanente du SANA. On ne sait pas. On fait de petits pas», dit-il.

D'ailleurs, l'Assemblée chrétienne prévoit, d'ici 3 à 5 ans, construire une salle multifonctionnelle de près de 500 pieds carrés contenant aussi des locaux et annexée à sa nouvelle église. M. Demers indique que l'Assemblée est intéressée à se jumeler avec une cause sociale à Trois-Rivières.

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