Groupes communautaires: un sous-financement de 13 millions $

Renaud Beaudry, coordonnateur de la TROC.... (François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Renaud Beaudry, coordonnateur de la TROC.

François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Des services à la population amputés, des postes supprimés, des personnes fragiles qui se retrouvent à l'urgence ou en prison inutilement.

Voilà le triste bilan dressé, mercredi, par la Table régionale des organismes communautaires en santé et services sociaux Centre-du-Québec / Maurice (TROC). Le sous-financement atteint maintenant les 13 millions $ pour les 220 groupes communautaires qui agissent auprès d'environ 100 000 personnes, dans la région, déplore le coordonnateur de la Table, Renaud Beaudry.

Malgré une campagne de sensibilisation de 11 mois, 19 manifestations régionales et un nombre incalculable d'échanges avec les députés et la ministre Lucie Charlebois, rien n'y fait. «La ministre a fait savoir aux groupes communautaires qu'ils n'auraient pas de bonnes nouvelles dans le prochain budget», indique M. Beaudry.

Les organismes ont donc décidé de s'adresser cette fois directement au premier ministre, Philippe Couillard, dans l'espoir de se faire entendre.

«La ministre a rencontré nos représentants nationaux et leur a dit qu'il faut se compter chanceux qu'il n'y ait pas de compressions budgétaires. C'est totalement inadmissible», déplore M. Beaudry. «Mme Charlebois ne comprend pas le travail des groupes communautaires ou est insensible par rapport aux gens qui ont des problèmes», déplore-t-il.

Pourtant, le manque de soutien financier a bel et bien des conséquences. Sabrina Champoux, coordonnatrice de la Maison de transition Batiscan, un organisme qui offre un suivi thérapeutique spécialisé dans la double problématique toxicomanie-santé mentale, le voit bien. L'organisme, qui est certifié par le ministère de la Santé et des Services sociaux, n'a eu d'autre choix que de mettre fin à certaines de ses activités, dont le service en externe qui permettait à sa clientèle d'avoir encore un peu d'aide à la sortie de thérapie.

Faye Héroux, directrice de Sidaction Mauricie, signale que les restrictions budgétaires ne font pas juste mal aux organismes, mais aussi aux autres programmes du gouvernement qui touchent la prévention. «Toute la prévention des ITSS est influencée. On est tous concernés parce que tout le monde est à risque», fait-elle valoir.

Alexandre Ratté, directeur général du Pavillon l'Assuétude, estime qu'il est «complètement faux de prétendre que les coupes n'affectent pas les services à la population. Certaines écoles n'offrent plus d'ateliers de prévention en toxicomanie», illustre-t-il.

Certaines personnes qui ne bénéficient plus des services offerts par les organisme communautaires en santé «se retrouvent aux urgences, certaines devant les tribunaux ou en établissement de détention ou bien dans d'autres services publics qui sont beaucoup plus onéreux que nos services», fait valoir M. Ratté.

«Les exigences réglementaires liées aux ressources d'hébergement en dépendance sont de plus en plus élevées et le maintien des normes de certification, de plus en plus difficiles. L'époque où n'importe qui pouvait ouvrir un centre de traitement est heureusement révolue. Notre organisme compte sur l'expertise et l'expérience d'un personnel hautement qualifié. Cette expertise a un prix, toutefois, un prix qu'on ne pourra payer encore longtemps si le financement n'est pas augmenté», plaide le directeur du Pavillon L'Assuétude.

La TROC demande donc au premier ministre Couillard «d'agir en bon père de famille», résume Renaud Beaudry.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer