Une résidence pour aînés semi-autonomes menacée de fermeture

Aline Germain et Dany Meagher refusent le non-renouvellement... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Aline Germain et Dany Meagher refusent le non-renouvellement de leur certification.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Menacée de fermeture par une décision du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, la résidence La Fleur de l'âge assure qu'elle va se battre afin de récupérer sa certification pour demeurer en vie.

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Rebecca Gauthier Langlois réside à la Fleur de l'âge depuis près de sept ans. On l'aperçoit en compagnie de sa fille, Pierrette Langlois Gélinas.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

La résidence pour aînés semi-autonomes de Shawinigan vient de recevoir une mauvaise nouvelle de la part des autorités gouvernementales. Ayant constaté divers manquements en lien avec les exigences, le CIUSSS annonce le non-renouvellement du certificat de conformité. Cette décision entraînera la fermeture de la résidence le 29 février, car une résidence doit détenir ce certificat pour fonctionner en toute légalité.

Aline Germain et Dany Meagher sont les propriétaires de l'établissement qui héberge 18 personnes âgées. Ils admettent ne pas avoir respecté certaines exigences par le passé, mais maintenant qu'ils sont sur le point d'avoir une résidence totalement conforme, ils acceptent mal cette décision.

«Il nous manque quelques détails, mais je ne mérite pas la perte de ma certification. Je vis ici, Dany aussi. Je travaille 24 heures par jour, j'aime les personnes âgées. Je vais me battre pour ravoir ma certification. Je ne lâcherai pas le morceau», raconte Mme Germain.

Selon les propriétaires, les fonctionnaires gouvernementaux ont notamment constaté des problèmes avec l'ascenseur de la résidence du secteur Grand-Mère. Les délais ont été plus longs que prévu, car il a fallu remplacer cet équipement qui représente un investissement de 73 000 $. La salle de lavage n'était pas toujours verrouillée, ce qui était un manquement.

Les deux propriétaires affirment que tous ces points sont maintenant réglés. Et pour s'assurer de bien faire les choses, ils ont engagé un consultant, Dominique Poirier. Ce dernier croit que le gouvernement pourrait faire preuve de compréhension. «Il a fallu changer certaines façons de faire à la résidence et ces gens se sont pris en main, convient M. Poirier. Mais je trouve ça dommage pour ce couple qui travaille depuis des années. Si c'était fait par mauvaise intention, si on avait des résidents maltraités, peut-être. Mais ici, on a des services de qualité. Ça se peut que ces gens aient eu de la misère avec leur salle de lavage, mais ça n'empêche pas de donner des services de qualité. Personne n'a eu la vie en danger.»

«Enlever la certification à une résidence, quand c'est justifié, je n'ai aucun problème avec ça. Mais ce n'est pas le cas ici. Personne n'est mal nourri, personne ne sent mauvais. Et personne ne veut partir d'ici!», ajoute M. Meagher.

Rebecca Gauthier Langlois peut en témoigner. La dame qui aura 97 ans dans quelques mois habite à cet endroit depuis bientôt sept ans. Elle ne veut pas quitter sa résidence.

«Ça ne fait pas mon affaire. On est bien ici, on est bien traité, on mange bien.»

Sa fille, Pierrette Langlois Gélinas, est du même avis. «Ma mère a de très bons soins, Aline est gentille avec elle. J'ai été surprise de la décision. Déplacer une personne de cet âge, c'est comme un arbre de 25, 30 ans que tu déracines: il va mourir. Je ne veux pas que ça change. Si elle n'avait pas été bien traitée, on l'aurait sortie d'ici.»

Processus rigoureux

La décision de ne pas renouveler la certification de la résidence La Fleur de l'âge est regrettable, mais elle a été prise à la suite d'un processus rigoureux, assure Chantal Bournival.

«Il y a eu un accompagnement de la ressource depuis le mois de juillet. On souhaitait que la résidence réponde aux critères et elle ne s'est pas conformée. C'est une situation d'exception. L'usager est au coeur de nos préoccupations. Nous étions préoccupés par la qualité des services et c'est dans cet objectif qu'on ne renouvelle pas la certification», raconte la directrice adjointe au soutien à l'autonomie de la personne âgée, assurance qualité, gestion des mécanismes d'accès et soutien du CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec.

Mme Bournival refuse de dévoiler la nature des critères non respectés par la résidence par obligation de respecter la confidentialité des dossiers. Elle adopte la même position quand on lui demande si la résidence a été l'objet de plaintes.

La direction de la résidence a beau vouloir contester la décision devant le Tribunal administratif du Québec, la décision de ne pas renouveler la certification sera en vigueur le 29 février. Voilà pourquoi le CIUSSS a déployé une équipe d'intervenants dès jeudi afin d'annoncer la nouvelle aux résidents et aux familles. Ces gens sont sur place afin d'accompagner les résidents afin de leur trouver un nouveau milieu de vie.

«On leur explique la situation, raconte Mme Bournival. On est conscient que les gens ont besoin d'être écoutés et informés. Il y a un travail pour faire cheminer les gens.»

Le recours devant le Tribunal administratif du Québec ne permettra pas à la résidence de retrouver sa certification. Selon Mme Bournival, le tribunal pourrait remettre en question le processus d'analyse du CIUSSS, ce qui amènerait ce dernier à reprendre un processus d'évaluation de la résidence en lien avec une demande de certification.

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