Les aînés et les enfants font le calme ensemble

Manon Jean a réuni les enfants et les... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Manon Jean a réuni les enfants et les personnes âgées pour des exercices de pleine conscience.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Nicolet) Une vingtaine de bambins de cinq et six ans de l'école Curé-Brassard et une vingtaine d'aînés de la Résidence Le Havre du Faubourg de Nicolet partagent désormais une passion commune: la pleine conscience.

Ce concept pratiqué dans le bouddhisme a été étudié par la science. Ses bienfaits pour le corps et l'esprit sont confirmés, explique Manon Jean, fondatrice de l'organisme à but non lucratif Arbre en coeur.

Depuis près de huit ans, cette thérapeute et auteure de nombreux ouvrages sur la question s'est donné pour mission de faire connaître et comprendre aux jeunes enfants, par le jeu, le concept de la pleine conscience qui se répand présentement comme une traînée de poudre en Europe ainsi que dans les écoles américaines, avec le programme MindUP de la Fondation Hawn.

La pleine conscience est maintenant une approche bien connue des neurosciences. Elle permet aux pratiquants, peu importe leur âge, de mieux gérer leurs émotions et leur comportement. Manon Jean a créé sa propre méthode, la «météo intérieure» qui lui permet d'expliquer aux enfants comment les tempêtes d'émotions et les ciels bleus peuvent survenir dans la tête de chacun, même à cinq ans. Elle complète son approche avec des exercices de respiration. «Si le cerveau est bien oxygéné, ça augmente les capacités cognitives de l'enfant», dit-elle.

Riche de ses huit ans d'expérience auprès des tout petits, Manon Jean a eu la bonne idée, cet hiver, de donner des formations en pleine conscience en jumelant des jeunes écoliers avec des personnes du troisième âge.

Denis Roy demeure à la Résidence Le Havre du Faubourg. Il est le tout nouvel ami du petit Éliott, cinq ans, qui fait partie du groupe de l'école Curé-Brassard.

S'il a voulu prendre part à l'activité intergénérationnelle, «c'est pour me faire du bien. Pour me rajeunir et me rendre utile, surtout. Avec l'âge, quand on laisse l'ouvrage, qu'on laisse tout, on dirait qu'on sent qu'on est de trop. La plus grande plaie pour un être humain, c'est de se sentir non utile», fait-il valoir.

«Comment la vie nous amène-t-elle à être utile? C'est par des projets comme ça», dit-il.

Gisèle Biron, résidente elle aussi, a eu une école privée pour les petits il y a de nombreuses années. Elle a beau avoir sept enfants, des petits-enfants et même un arrière-petit-enfant, elle ne se lasse pas de voir des petits bouts de chou courir autour d'elle. «C'est leur sourire. C'est la vie, c'est l'énergie qu'ils dégagent. On a hâte d'une semaine à l'autre», dit-elle.

Il y a eu quatre rencontres de 90 minutes, jusqu'à présent. Huit sont prévues au total.

Les yeux brillants, Mme Biron s'est amusée à colorier avec les petites Béatrice et Florence qui ont été jumelées avec elle.

Rita Fréchette, une autre participante, estime que ces jeunes ont de la chance d'apprendre toutes ces choses. «Durant ces rencontres, on jase avec les enfants et on fait les exercices demandés», dit-elle. Le geste, tout simple en apparence, est loin d'être insignifiant.

Manon Jean indique en effet que depuis deux ans, l'UQTR s'intéresse de près aux activités de pleine conscience de l'organisme Arbre en coeur. «On fait des recherches avec Collette Jourdan-Ionescu», professeure au département de psychologie, pour aller chercher des données scientifiques sur les effets de la méditation et des exercices de respiration. «On fait des évaluations avant et après pour voir ce que ça apporte aux enfants au quotidien. On voit que ça apporte aux enfants une nourriture dans leur coeur», dit-elle.

De même, les effets de ces rencontres sur les aînés participants seront aussi étudiés prochainement par l'UQTR, indique Mme Jean. «Pour les aînés, c'est vraiment de la nourriture affective. Pour les enfants, c'est une nourriture affective aussi, c'est la création des liens c'est la conscience du corps à travers les mouvements et ça favorise une meilleure gestion émotionnelle au quotidien», résume-t-elle.

«Il y a des preuves scientifiques que la méditation a des impacts sur le cerveau humain», rappelle Manon Jean «et qu'on devrait amener la pleine conscience au niveau scolaire et au niveau des hôpitaux.»

Pour les aînés de la Résidence le Havre, il ne s'agit que d'accompagner les enfants dans leurs exercices, «au moins qu'ils sentent qu'on est là pour eux», indique Denis Roy. «Il y en a un qui m'a choisi et il revient me voir à chaque fois», dit-il.

«On s'attache», confie Mme Biron en coloriant un dessin avec les petites élèves.

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