Enquête sur la population active: la Mauricie se distingue au Québec

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le vent d'optimisme insufflé par les politiciens et les acteurs de développement économique de la région se refléterait-il enfin dans les statistiques du marché du travail? Selon la dernière enquête annuelle sur la population active de Statistique Canada, aucune région au Québec n'a affiché un taux de croissance du nombre d'emplois aussi élevé qu'en Mauricie au cours des deux dernières années.

En 2013, l'agence fédérale recensait 109 300 travailleurs dans la région. Deux ans plus tard, ce nombre a bondi à 116 400, une hausse de 6,5 % qui ne trouve pas d'équivalent à travers le Québec.

D'ailleurs, le bilan provincial ne brille pas particulièrement au cours de cette période. En effet, la croissance d'emplois n'a même pas franchi la barre du 1 % entre 2013 et 2015 dans l'ensemble du Québec. Seulement sept régions ont connu une croissance significative. Pour les neuf autres, on observe une stabilité dans le marché de l'emploi, sinon une décroissance.

Vincent Ferrao, analyste, division du marché du travail à Statistique Canada, reconnaît qu'une tendance confirmée sur une période de deux ans cristallise sa valeur.

«C'est mieux de se fier sur plusieurs années», prévient-il. «La situation s'est améliorée (en Mauricie) par rapport à 2014, mais aussi par rapport à 2013. Le marché de l'emploi commence à reprendre de la vigueur avec ces deux années de croissance.»

Autre observation encourageante, la Mauricie a récupéré beaucoup d'emplois à temps plein au cours de la dernière année. Malgré un bilan encourageant en 2014, 55 % des postes créés étaient à temps partiel. La tendance s'est complètement inversée en 2015. En effet, la création de 5100 emplois à temps plein a compensé la perte de 3600 postes à temps partiel par rapport à 2014.

En fait, 2015 passe à l'histoire comme l'une des meilleures en Mauricie depuis les dernières données révisées disponibles du marché du travail de Statistique Canada, qui remontent à 2001. Pour la première fois en 15 ans, le taux de chômage glisse tout juste sous la barre des 8 %, à 7,9 %. À 56 %, le taux d'activité demeure assez bas par rapport aux autres régions, mais il se remet à croître depuis le plancher historique de 53,3 % de 2013. Idem pour le taux d'emploi, pas très enviable à 51,6 %, mais en croissance depuis l'affreux 48,4 % obtenu il y a deux ans.

«C'est sûr qu'on a touché le fond, alors on ne peut avoir que du meilleur !», sourit Frédéric Laurin, professeur en économie à l'Université du Québec à Trois-Rivières. «Mais souvent, on fait des découvertes en Mauricie. Dans les technologies de l'information par exemple, une cinquantaine d'emplois sont disponibles dans la région. Des gens embauchent actuellement et le nerf de la guerre, ce sera de bien orienter les jeunes.»

Dans la même perspective historique, Statistique Canada n'a recensé que 10 000 chômeurs dans la région en 2015, le plus bas nombre depuis 2001. En 2002 par exemple, l'agence fédérale avait recensé 14 500 chômeurs en Mauricie.

M. Laurin fait remarquer que ce bilan enviable représente une conséquence d'autres tendances observées au cours des derniers mois.

«Sachant qu'on observe encore des fermetures d'entreprises, la création d'emplois vient vraiment des PME qui se développent. Celles dont on entend moins parler, qui embauchent cinq ou six personnes à gauche et à droite, mais quand on fait la somme de l'ensemble, ça donne de beaux résultats.»

S'agit-il des retombées du fameux virage vers la petite et moyenne entreprise longtemps espéré ?

«Je présume qu'il y a un changement générationnel», explique M. Laurin. «Les jeunes trouvent ça finalement plus intéressant de travailler dans une PME, où ils sont plus touche-à-tout, où ils sont plus directement liés à la performance de l'entreprise, où le patron donne plus de responsabilités. Les salaires sont peut-être moindres, mais il y a quelque chose de très valorisant à travailler dans une PME. De toute façon, l'autre option, c'est pas de travail parce que la grande entreprise, avec la concurrence internationale, il ne faut pas l'attendre.»

Même si le marché du travail mauricien se porte de mieux en mieux, le revenu disponible par habitant de la région demeure en queue de peloton, selon la dernière étude sur le sujet dévoilée par l'Institut de la statistique du Québec le mois dernier.

«Au fur et à mesure que les entreprises vont se développer, les salaires, sinon les conditions de travail, vont devenir plus intéressants», croit M. Laurin. «Les gens retrouvent un emploi et un revenu, mais ce n'est pas encore suffisant pour faire remonter la moyenne encore. Ça va arriver plus lentement.»

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