Shawinigan: la BD et la glace réunies

L'oeuvre Gel-Eau, créée à l'aide de peinture phosphorescente... (Olivier Croteau)

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L'oeuvre Gel-Eau, créée à l'aide de peinture phosphorescente et de lumière ultraviolette, sera exposée à la place du Marché jusqu'au 14 février.

Olivier Croteau

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(Shawinigan) Les amateurs de fantastique et autres curiosités en ont pour leur argent à Shawinigan. Le week-end dernier, le Festival interglacial de la BD et des univers givrés a lancé deux fins de semaines de festivités.

Les visages dans la foule réunie à la place du Marché étaient majoritairement jeunes. Il faut dire que Culture Shawinigan avait mis la gomme afin de les intéresser en donnant une cinquantaine d'ateliers dans les différentes écoles de son territoire.

«L'engouement était exceptionnel pour les ateliers. Les professeurs nous demandaient comment ils pouvaient s'inscrire. Il y a aussi eu un concours de BD. Les enfants viennent avec les parents et veulent rencontrer les auteurs», raconte Sébastien Turgeon, directeur marketing et communications pour Culture Shawinigan.

«L'achalandage a été meilleur que l'an passé, c'était évident en voyant le nombre de gens présents.»

Parmi les activités au menu samedi, on retrouvait l'impro-BD, alors que les bédéistes présents devaient y aller d'un dessin après avoir hérité d'un sujet au hasard. Le directeur général et artistique de Culture Shawinigan, Bryan Perro, estime que la bande dessinée québécoise se porte très bien et trace des liens avec un autre domaine où Shawinigan connaît sa part de succès.

«Ça va de mieux en mieux le monde de la BD québécoise. Nous avons de plus en plus de grands succès. Lorsque les Québécois se sont mis à faire de la bière, ça n'a pas été long avant qu'on accote les Belges. Lorsqu'ils se sont mis à faire du fromage, ça n'a pas été long avant qu'on accote les Français. En bédé, on accote pas mal tout le monde.»

M. Perro se disait satisfait de l'affluence lors du début des activités qui regrouperont, entre autres, le Festival mais aussi le Shawicon, la version shawiniganaise des expositions «Comicon» qu'on retrouve un peu partout sur la planète.

«On voulait combler un vide dans cette programmation hivernale. En plus, nous ne sommes pas en même temps que les Nuits polaires (de Trois-Rivières). La semaine prochaine, ce sera le Shawicon. On attend les geeks et leurs costumes!», lance M. Turgeon.

«C'est notre deuxième année et c'est sûr qu'on aura un troisième événement. C'est de bon augure pour faire grossir cet événement et que dans trois, quatre, six ou dix ans ce soit un événement majeur au Québec. On verra!», ajoute M. Perro.

Dévoilement de l'oeuvre Gel-Eau

Alors que le spectacle se donnait sur des feuilles de papier à l'intérieur, à l'extérieur, c'est l'oeuvre de l'artiste Richard Purdy Gel-Eau qui retenait l'attention. Une pièce incrustée à l'intérieur de la glace.

Une demi-douzaine de moules ont été aménagés sur la place du marché, et ceux-ci ont été remplis d'eau afin de créer différentes formes géométriques. À l'intérieur de celles-ci se retrouvent des fils de pêche et de phentex qui ont été trempés dans de la peinture phosphorescente. C'est après la tombée du jour que l'on peut contempler le travail à son meilleur, puisque la peinture réagit à l'éclairage ultraviolet installé à proximité. 

Retenu en Australie, M. Purdy n'était pas au dévoilement de l'oeuvre samedi. Il a toutefois expliqué, par la voie de la vidéo, qu'il avait constaté à quel point les Québécois étaient sensibles à leurs cinq sens, puisqu'ils sont privés de plusieurs stimulants une fois l'hiver venu.

«L'hiver, c'est blanc. Il n'y a pas de couleur, pas de son, pas d'odeur. Tout est gelé. On vit cinq ou six mois dans la privation sensorielle. Le printemps, c'est un bouillonnement, la couleur revient.»

M. Purdy n'a donc pas hésité lorsque Bryan Perro lui a demandé de concevoir une oeuvre. L'idée avait déjà germé dans sa tête, puisqu'il s'agit en quelque sorte d'une adaptation glaciale de son oeuvre Big Bang, qu'il avait présentée dans le cadre de l'exposition L'Écho-l'eau à Espace Shawinigan en 2010 et 2011.

C'est l'artiste Henri Morrissette qui s'est chargé de la fabrication de l'oeuvre. Un travail qui a été accompagné de plusieurs questionnements avec le temps chaud des derniers jours.

«L'oeuvre est vivante parce qu'il faut l'entretenir et la glace, c'est éphémère, note l'artiste trifluvien. Avec la chaleur, j'ai fait quatre ou cinq nuits blanches, mais ça arrivait que le lendemain, c'était fondu. Chez nous, on avait une patinoire quand on était jeune, mais c'était mon père qui s'en occupait. Je comprends maintenant ce qu'il a fait pour nous!»

L'oeuvre Gel-Eau sera exposée jusqu'au 14 février. Un deuxième ouvrage est aussi installé à l'avant de la place du Marché afin que les passants puissent être attirés par ce qui se passe à l'arrière du site.

«C'est notre deuxième année et c'est sûr qu'on aura un troisième événement. C'est de bon augure pour faire grossir cet événement et que dans trois, quatre, six ou dix ans ce soit un événement majeur au Québec. On verra!»

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