Nemaska Lithium: seulement trois personnes ont signé le registre

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Seulement trois personnes ont signé le registre afin de forcer la tenue d'un référendum sur le projet Nemaska Lithium.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Trois signatures en dix heures. Voilà comment s'est cristallisée l'opposition à la modification de la grille de spécification pour permettre la présence d'industrie lourde sur le site de l'ancienne papeterie Laurentide, lundi, à l'hôtel de ville de Shawinigan.

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers, s'est réjoui du résultat de la tenue du registre sur le projet Nemaska Lithium.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Le spectre de l'opposition à ce changement de zonage étant maintenant levé, Nemaska Lithium peut poursuivre ses démarches pour réaliser son projet dans le secteur Grand-Mère.

Il s'agit d'un revirement de situation assez spectaculaire puisque le 14 janvier, sept zones contiguës s'étaient qualifiées pour exiger une demande d'approbation référendaire sur ce nouveau règlement. Mais au cours de la dernière semaine, plusieurs voix se sont élevées à Shawinigan pour défendre l'importance de Nemaska Lithium pour la communauté.

Cette entreprise projette la construction d'une usine pilote et d'une unité de commercialisation qui entraîneraient, ensemble, des investissements de près de 300 millions de dollars et la création d'au moins 120 emplois.

Il fallait 68 signatures lors de la tenue de registre, hier dans la salle du conseil, pour forcer l'organisation d'un référendum. Tout au long de la journée, une trentaine de manifestants, dont la majorité était associée au local 144 International des tuyauteurs et soudeurs en tuyauterie de la région, se relayaient pour signifier leur appui à ce projet industriel.

Les syndiqués ont été invités à demeurer de l'autre côté de l'avenue de l'Hôtel-de-ville pour ne pas intimider les visiteurs et ils ont respecté la consigne.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne pouvait espérer un message plus clair de ses concitoyens. Tout au long de la journée, de son bureau, il entendait les automobilistes klaxonner pour appuyer les manifestants.

«Je suis extrêmement content du résultat», commente-t-il. «Le nombre de signatures était relatif. Que ce soit trois, je pense que ça veut dire que la population a bien compris que le message que nous avions envoyé sur la venue de Nemaska Lithium était positif. Les réactions à la suite de la demande de cette tenue de registre démontrent hors de tout doute que la population veut des emplois.»

M. Angers croit qu'il «s'est passé beaucoup de choses» entre la demande d'approbation référendaire, au début janvier, et la journée de lundi. «Pendant une semaine, un peu partout, tout le monde ne parlait que de ça. Des informations ont été échangées et elles ont été suffisantes pour convaincre les gens que le projet Nemaska était porteur pour Shawinigan.»

Conseillères mobilisées

La majorité des conseillers ont pris place dans la salle pour entendre le greffier, Me Yves Vincent, dévoiler officiellement le résultat à 19 h 05. Pour Lucie DeBons et Nancy Déziel, il s'agit d'un fidèle reflet de ce qu'elles avaient perçu sur le terrain au cours des dernières semaines.

La conseillère du district Du Rocher a puisé dans sa vaste expérience lorsqu'elle a appris que des citoyens de son territoire exigeaient une demande d'approbation référendaire. Le 20 janvier, Mme DeBons estime avoir cogné à près de 300 portes pour rassurer ses électeurs. «J'ai rencontré mes citoyens des zones touchées par le projet Nemaska et j'ai été agréablement surprise de constater que personne ne s'opposait», raconte-t-elle. «Tout le monde était en faveur du projet et de garder nos jeunes. Je n'étais donc pas inquiète.»

Selon Mme DeBons, une dame qui est passée dans son secteur trois jours avant elle avait suscité bien des craintes. «Il y avait eu beaucoup de désinformation», déplore-t-elle. «Des gens avaient des idées préconçues et plutôt que de les garder pour eux, ils ont cogné aux portes pour apeurer la population.»

Étroitement impliquée avec Nemaska Lithium au Centre national en électrochimie et en technologies environnementales, Nancy Déziel a aussi vécu intensément les dernières semaines comme conseillère du district de la Rivière. «J'ai eu beaucoup de demandes d'information», explique-t-elle. «Beaucoup de questions étaient suscitées par des affirmations véhiculées par des gens. J'ai diffusé l'information la plus objective possible dans les médias sociaux. Avec les connaissances que je possède du procédé au CNETE, ça m'apportait un avantage.»

«J'ai mentionné aux gens qu'il s'agissait d'un procédé très sécuritaire, très bien contrôlé, vert, efficace au point de vue de l'énergie et dans les émissions de gaz à effet de serre. Ça amène un produit à valeur ajoutée très en demande partout dans le monde. Je pense en avoir convaincu quelques-uns ! Je n'ai pratiquement pas rencontré de gens contre le projet, mais j'en ai rencontré qui avaient besoin d'information.»

Nemaska Lithium à Shawinigan

2013

Le Centre national en électrochimie et en technologies environnementales tente d'attirer Nemaska Lithium à Shawinigan, à la suite de l'annonce de Rio Tinto Alcan de cesser l'exploitation de son aluminerie du boulevard Saint-Sacrement.

8 septembre 2015

Nemaska Lithium confirme la signature d'un accord de principe avec la Ville de Shawinigan pour l'acquisition d'une partie de l'ancienne papeterie Laurentide.

Le projet total, présentement estimé entre 250 et 300 millions de dollars, consiste en la construction d'une usine expérimentale en 2016 et la mise en exploitation d'une usine de production d'hydroxyde et de carbonate de lithium au premier trimestre de 2018.

Ces éléments entrent dans la production de batteries pour téléphones intelligents, tablettes et véhicules électriques. À terme, au moins 120 emplois seraient créés.

19 novembre 2015

Nemaska Lithium annonce que Johnson Matthey Matériaux pour Batteries lui avancera la somme de 12 millions $ en échange de produits et de services au futur complexe shawiniganais. Par contre, les travaux de la phase 1, dans l'ancien atelier d'usinage de la papeterie, sont retardés.

23 novembre 2015

Le conseil municipal adopte un premier projet de règlement visant notamment à apporter des corrections aux grilles de spécification, notamment celle applicable à la zone occupée par l'ex-usine Laurentide du secteur Grand-Mère.

15 décembre 2015

Assemblée publique de consultation sur le changement de zonage proposé. Aucune opposition ne se manifeste. Le soir même, en assemblée publique, le second projet de règlement est adopté sans changement.

6 janvier 2016

Un avis public est publié pour soumettre le nouvel usage proposé sur les terrains de l'ex-Laurentide au processus de demande d'approbation référendaire.

14 janvier 2016

Des résidents de sept des seize zones contiguës au projet formulent une demande d'approbation référendaire pour contrer le changement de zonage. Ils déplorent le manque d'information sur les impacts de l'arrivée de Nemaska Lithium dans leur secteur et proposent d'attirer ce projet dans un parc industriel prévu à cette fin.

1er février 2016

Tenue de registre à l'hôtel de ville. Le bassin est estimé à 575 personnes habiles à voter et il en faut 68 pour forcer le conseil municipal à organiser un référendum ou à abandonner son changement de zonage.

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