Déclaration de revenus et CPE: «Les parents vont avoir une mégasurprise»

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Les délégués syndicaux de 23 CPE de la région ont manifesté lundi.

François Gervais Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Des délégués syndicaux représentant 23 centres de le petite enfance (CPE) de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont profité d'une rencontre de leur conseil syndical, lundi, pour manifester devant le CPE Jean-Noël Lapin du secteur Cap-de-la-Madeleine contre les restrictions budgétaires imposées par Québec.

Comme l'explique Dominique Jutras, présidente du Syndicat régional des travailleuses et travailleurs en CPE du Coeur-du-Québec, «l'impact que les parents vont vraiment sentir, c'est au moment de leur déclaration fiscale, avec la modulation des frais», dit-elle.

«Présentement, tous les parents paient le même prix, dans le CPE, mais ensuite, lors de la déclaration fiscale, chacun des parents, selon leur revenu familial, sera probablement imposé beaucoup plus», indique-t-elle.

Selon Mme Jutras, cette imposition pourrait varier de 2 $ à 20 $ par jour. On revient vraiment à l'ancien modèle des garderies. Or, les CPE, on les veut comme ils étaient», indique Mme Jutras pendant que ses collègues manifestaient en fin d'avant-midi. «Plusieurs parents vont avoir une mégasurprise à leur déclaration fiscale», prévient-elle.

«Présentement, en CPE, vous payez 7 $ et quelques sous par jour. Ils ont divisé ça en paliers de revenus familiaux. Aussitôt que vous atteignez le plateau de 50 000 $ de revenus familiaux, il y a une imposition supplémentaire qui va être sur la déclaration fiscale», prévient la présidente.

Pour ce qui est des parents qui paient pour une garderie privée autour de 20 $, dit-elle, «le gouvernement ne viendra pas vous en chercher plus parce que vous le payez déjà», dit-elle.

C'est ceux qui envoient leurs enfants en CPE qui verront la différence sur leur taux d'imposition en fonction de leurs revenus, dit-elle.

Déjà, 120 millions $ de restrictions budgétaires supplémentaires s'annoncent dans les CPE, soit 1000 $ par place au permis.

«Le gouvernement veut démanteler le réseau des CPE. Avec les coupes de juin dernier, on a déjà des impacts dans les milieux: des heures coupées, des abolitions, des pauses qui ne sont plus remplacées, mais jumelées. Il y a un risque potentiel, pense-t-on, pour la sécurité des enfants. Les travailleuses se retrouvent avec le double du nombre d'enfants», raconte Mme Jutras.

Suzie Gaillardetz, déléguée du CPE Jean-Noël Lapin et vice-présidente de l'exécutif du syndicat régional, constate que depuis septembre, une éducatrice se retrouve souvent avec 16 enfants dans deux locaux différents, ce qui est le double de sa tâche habituelle.

«On a coupé des postes aussi, de petits postes de fin de journée ou de début de journée. Souvent, quand on ferme, il n'y a qu'une seule fille en fin de journée et il n'y a personne d'autre dans les bureaux.

S'il arrive quelque chose, la fille est toute seule avec les enfants qui restent. On regroupe aussi les enfants pour couper des filles à temps partiel occasionnel afin de rationaliser le plus possible le financement. Présentement, c'est ce qu'on vit ici», dit-elle.

Alors que d'autres coupes s'en viennent, Mme Gaillardetz indique que les CPE ne savent plus où mettre la hache. «On a coupé dans nos heures. On a coupé dans la sécurité des enfants. Le gros problème du réseau, c'est qu'on ne sait plus où couper», conclut-elle. Il faudra songer à abaisser la qualité de l'alimentation, prévoit-elle. Déjà, dit-elle, plusieurs CPE sont végétariens afin d'épargner sur le coût de la viande.

Selon Mme Gailladetz, «les parents vont payer plus au bout de l'année, mais il va peut-être y avoir moins de services», craint-elle.

Claude Audy, vice-président FSSS-CSN du Coeur-du-Québec, indique que depuis la mise en place ses plus récentes mesures gouvernementales, «il n'y a même plus de liste d'attente dans les CPE. Il y a plusieurs années, il y avait jusqu'à trois ans d'attente», rappelle-t-il. Le processus est vraiment vers le privé et c'est ça qu'on dénonce. Il faut sauver le réseau. Plus ils coupent, plus ça touche l'alimentation et la sécurité des enfants.

Les pauses non remplacées, ça semble banal, mais c'est très grave. Tu surveilles deux locaux. Pendant que tu es ailleurs, il pourrait arriver n'importe quoi dans l'autre local», fait-il valoir. «Attendent-ils qu'il arrive quelque chose de majeur avant de bouger?», se questionne-t-il.

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