Jour J pour Nemaska Lithium

Le projet Nemaska sur le site de l'ancienne... (Stéphane Lessard)

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Le projet Nemaska sur le site de l'ancienne papeterie Laurentide.

Stéphane Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Après une semaine de débats, les personnes habiles à voter pourront dicter le rythme de l'évolution du projet Nemaska Lithium, aujourd'hui à l'hôtel de ville de Shawinigan. Si 68 électeurs des zones contiguës au projet destiné à s'installer dans une partie de l'ancienne papeterie Laurentide se manifestent pour contrer un changement de zonage, le conseil municipal enclenchera assez rapidement un processus référendaire.

La maison du citoyen sera enveloppée d'une certaine fébrilité, entre 9 h et 19 h. À la suite d'un appel lancé par Réal Daneault dans nos pages la semaine dernière, des gens pourraient se rassembler devant l'hôtel de ville pour manifester leur appui au projet Nemaska Lithium. Par contre, ces sympathisants ne peuvent, en aucun temps, entraver le passage ou intimider les personnes qui se déplaceront pour signer le registre, rappelle François St-Onge, directeur des communications.

En juillet 2009, l'ex-présidente du fan club des Cataractes, Denise Gagnon, avait été avertie de ne pas nuire au processus. À ce moment, les gens pouvaient contester un emprunt de 5,15 millions $ pour compléter l'aménagement extérieur de l'amphithéâtre. Il faut dire que l'exercice s'était déroulé sur un fond de précampagne électorale, mais tout de même, pas moins de 1586 électeurs s'étaient alors déplacés pour signer le fameux registre.

Il ne faut évidemment pas s'attendre à autant de mouvement aujourd'hui, puisque le greffe a estimé à 575 le nombre de personnes habiles à voter. Mais l'enjeu n'en demeure pas moins considérable. Soixante-huit signatures valides signifieraient l'adoption d'une résolution pour établir les modalités d'un processus référendaire au plus tard à la séance régulière du 9 février... mais fort possiblement avant cette date, en assemblée extraordinaire.

«Il y a des délais très importants pour Nemaska», rappelle M. Angers. «Chose certaine, on ne peut pas laisser l'entreprise dans le doute très longtemps.»

En fait, un processus référendaire est assez lourd. Il faut compter une bonne quarantaine de jours entre l'adoption d'une résolution annonçant cet exercice et le scrutin, qui doit se tenir un dimanche. On pourrait donc difficilement imaginer un référendum avant le 13 mars. «Notre calendrier serait décalé d'un mois», estime Simon Thibault, directeur, responsabilité sociale et environnementale chez Nemaska Lithium. «Il faut aussi être conscient du fait que s'il y a un référendum, les investisseurs qui veulent financer notre projet vont nous regarder en nous demandant c'est quoi cette affaire-là. Donc, on attend!»

Hélène Bellemare et Bernard Soucy... (François Gervais) - image 2.0

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Hélène Bellemare et Bernard Soucy

François Gervais

Désir d'être informé

Les gens qui se sont levés pour soumettre une demande d'approbation référendaire pourraient-ils demeurer à la maison aujourd'hui? Difficile de répondre à cette question pour le moment, mais la dernière semaine a sans doute laissé des traces.

«Ça a été assez stressant», convient Bernard Soucy, l'un des 575 résidents des zones limitrophes concernées qui se présentera à l'hôtel de ville aujourd'hui. «Le sujet est chaud et les gens sont émotifs. Il faut les comprendre, il est question d'emplois. Mais on continue dans notre voie. Nous voulons que la Ville rencontre les citoyens pour les tenir informés.»

Cette démarche aura au moins permis d'identifier des lacunes dans la transmission d'information sur ce projet, ajoute M. Soucy. On peut bien parler du manque de participation à une assemblée de consultation convoquée dans un avis public, mais il existe des moyens plus efficaces quand on veut vraiment joindre les gens concernés, fait-il remarquer. 

Du côté du maire de Shawinigan, peu importe le résultat de la journée d'aujourd'hui, les citoyens seront convoqués.

«Même s'il n'y a aucune signature, il y aura des séances d'information pour permettre aux gens de poser toutes les questions qui leur plairont.»

Pour le reste, M. Angers se réjouit de l'écho populaire des derniers jours.

«Je trace un bilan assez positif de tout ce que j'ai entendu», mentionne-t-il. «J'apprécie énormément la réaction spontanée des gens dans ce dossier. C'est légitime d'avoir des craintes, mais il faut que ce soit pour les bonnes raisons.»

La modification proposée à la grille de spécification, pour faire passer l'usage d'industrie de pâte mécanique à celle d'industrie lourde, continue de faire jaser. Une porte ouverte à une large palette de projets qui pourraient causer des dommages environnementaux, craint M. Soucy. 

Sur ce plan, M. Angers tient à rassurer tout de suite la population. Peu importe la réussite ou l'échec du projet Nemaska Lithium, pas question d'attirer une usine polluante dans ce secteur.

«Nous avons un schéma d'aménagement en développement durable», rappelle le maire. «Dans nos cibles de diversification, il n'y a rien en pétrochimie ou dans les produits dangereux. Nous sommes dans les bornes électriques, dans l'électronique, la nouvelle économie, l'environnement. On veut garder ce site à moitié industriel, où des bâtiments sont disponibles, mais on n'acceptera jamais n'importe quel projet polluant ou dangereux pour nos citoyens.»

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