Nouveau pacte fiscal: la FEESP-CSN n'entend pas en rester là

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Fédération des employées et employés des services publics (FEESP-CSN) était de passage à Trois-Rivières, jeudi, dans le cadre d'une tournée de ses 160 syndicats regroupant quelque 10 000 travailleurs.

La FEESP-CSN s'inquiète des effets des restrictions de 1,2 milliard $ sur 4 ans qui seront imposées dans le cadre du pacte fiscal avec les municipalités du Québec, soit 300 millions $ par année.

En échange de cet inconvénient, le gouvernement donnera plus de pouvoirs aux municipalités en matière de conditions de travail. «Ce qu'on en comprend, c'est que le gouvernement s'apprête à donner le pouvoir de décréter les conditions de travail dans les municipalités», résume Yvon Godin, vice-président de la FEESP-CSN.

«Pour nous, c'est une attaque directe aux conditions de travail qui ont été négociées de bonne foi dans le passé», dit-il.

«C'est un élu qui va imposer les conditions de travail. C'est inacceptable», déplore Claude Dion, vice-président du secteur municipal FEESP-CSN.

C'est que les municipalités devront récupérer ces coupes quelque part, fait-il valoir.

Selon lui, d'autres options auraient pu être examinées, notamment au niveau de la sous-traitance.

M. Godin rappelle que la commission Charbonneau avait mis au jour le fait qu'il en coûte beaucoup plus cher, parfois deux fois plus, pour faire faire des choses en sous-traitance plutôt qu'en régie interne.

Claude Dion rappelle à ce chapitre que la sous-traitance implique aussi une variabilité des coûts. «Lorsqu'on a des employés municipaux, on n'a qu'à défrayer leur salaire et on peut déjà prévoir facilement les augmentations de salaire futures. L'autre avantage, c'est qu'on garde une expertise et les gens viennent faire carrière. On sait que l'investissement fait par l'employeur (la municipalité) va rapporter tout le long de la carrière et les citoyens vont en profiter», dit-il. Conserver l'expertise à l'interne permet aussi de préserver la mémoire de l'organisation, fait-il valoir.

«Les sous-traitants ne sont là, eux, que pour faire un profit et non pour le service aux citoyens.»

Claude Dion estime que si l'on abaisse les conditions de travail des employés municipaux, «on va avoir de la misère à avoir de la relève et de la difficulté à attirer du personnel compétent».

Dans bien des cas, pour travailler pour une ville, il faut un diplôme, un diplôme universitaire même, dans le cas des cols blancs, et de l'expérience. «Si l'on ne veut pas donner des conditions intéressantes à ces gens-là, ils vont aller travailler ailleurs», plaide-t-il.

Selon Claude Dion, rabaisser les conditions de travail des employés municipaux «n'aidera pas à l'entretien des infrastructures et au développement de la Ville ni au développement économique d'une ville non plus.»

Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur-du-Québec CSN note que dans la fonction publique, l'écart se creuse d'année en année entre les conditions de travail du secteur public et du secteur privé. «Et c'est ça qu'on veut importer dans les municipalités», résume-t-il.

«S'ils s'en vont vers ça, ce sont de mauvaises nouvelles. Les municipalités vont perdre au change, c'est sûr. À Shawinigan, ça représente 4 millions $ en moins. Pour Trois-Rivières, c'est 3,8 millions $ et à Gatineau, c'est 5 millions $.

Rappelons que le nouveau pacte fiscal 2016-2019 représente un engagement gouvernemental à verser plus de 3,2 milliards $ aux municipalités. L'entente rend aussi récurrente la compression de 300 millions $ par année (1,2 milliard $) sur quatre ans mais injecte aussi 350 millions $ sur la même période. Le nouveau pacte fiscal donnerait le droit aux municipalités d'imposer les conditions de travail de leurs employés au lieu que la décision soit prise par un arbitre non élu.

Après avoir sensibilisé ses membres, la FEESP-CSN entend bien mettre à exécution un plan d'action pour faire reculer le gouvernement. Notons que les villes et municipalités ont toutefois accepté en majorité le nouveau pacte fiscal.

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