Adieu René

Céline Dion avec ses fils Eddy, Nelson et... (La Presse Canadienne)

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Céline Dion avec ses fils Eddy, Nelson et René-Charles.

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La Presse Canadienne
Montréal

Entourée de leurs trois fils et des membres de leur famille, la chanteuse Céline Dion a dit au revoir à celui qui était son mari et imprésario, René Angélil, lors de ses funérailles tenues vendredi à la basilique Notre-Dame de Montréal.

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Plus de 2000 personnes étaient présentes pour rendre un dernier hommage à cet homme qualifié de «géant».

Ladislas Kadyszewski/OSAIMAGES/FEELING

Plus de 2000 personnes étaient présentes pour rendre un dernier hommage à cet homme qualifié par ses proches et des dignitaires qui ont assisté à la cérémonie de «géant», «d'être charismatique» qui a su faire «rayonner la culture québécoise» partout dans le monde.

Tenant par la main ses deux plus jeunes fils, suivie de son aîné René-Charles qui donnait le bras à sa grand-mère, «Maman Dion», la superstar est entrée lentement dans la nef de la basilique à 15 h 20 précises, comme le titre de l'un de ses succès, qui était joué pour accompagner le cortège.

Elle s'est arrêtée devant le cercueil de son défunt mari, y a déposé le bouquet de lys calla qu'elle tenait à la main et a fait le signe de la croix.

Très droite et digne, mais l'air épuisée, elle s'est appuyée comme la veille sur le bras de René-Charles avant de s'asseoir au premier rang et de s'essuyer les yeux.

Dès qu'elle est apparue, des gens du public ont éclaté en sanglots dans les balcons où ils se trouvaient.

Deux des fils de René Angélil se sont souvenus dans leur témoignage de sa générosité et de l'amour qu'il leur portait. Patrick Angélil, né d'un précédent mariage, a rappelé que pour son père «c'était surtout partager qui était important». Il a conclu en disant: «tout va être correct» avec la voix éraillée si typique du gérant d'artistes bien connu.

René-Charles a pour sa part livré un discours en anglais et en français, soulignant que «15 ans ce n'est pas beaucoup de temps pour connaître son père».

«Tu m'as laissé suffisamment de bons souvenirs à partager avec mes jeunes frères. Je m'assurerai de leur transmettre ce que tu m'as appris», a-t-il dit. Les jumeaux Eddy et Nelson n'ont que cinq ans.

«J'taime 'Pa», a-t-il conclu, sous une ovation bien sentie et avant que ne soit joué un enregistrement de la ballade All The Way, où la voix de Céline Dion se mêlait à celle de Frank Sinatra.

Vêtue d'une robe fourreau sobre et d'une mantille noires, parée d'un collier de diamants, Céline Dion semblait très émue et ébranlée tout au long de la célébration de la vie de son mari.

La cérémonie bilingue, qui s'est terminée vers 17 h, a été célébrée par l'archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine. Il s'agissait de funérailles nationales, tel que décrété par le gouvernement du Québec.

Avant même le début de l'événement, des centaines d'admirateurs étaient rassemblés sur la rue Saint-Jacques depuis très tôt en matinée. Environ 600 places étaient réservées au public dans la basilique de 2700 places. L'endroit n'était pas rempli.

Un tonnerre d'applaudissements a envahi la basilique lorsque l'enregistrement de Pour que tu m'aimes encore a commencé, au moment où le cercueil était porté vers la sortie. Un choix particulièrement émouvant car c'est René Angélil qui a lui-même choisi les chansons qui ont été jouées à ses funérailles.

La chanteuse a quitté la basilique en suivant lentement le cercueil de son mari, sous des applaudissements biens sentis. On la voyait murmurer «merci» à plusieurs personnes sur son passage.

Dehors, sur le parvis, elle a salué de la main le public, s'est signée puis s'est engouffrée dans une limousine.

Plusieurs personnalités des mondes politique, culturel et sportif ont assisté aux funérailles.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a interrompu sa visite économique en Europe pour assister aux funérailles. Il retournera dès samedi à Milan, en Italie, pour poursuivre sa mission. Le premier ministre canadien Justin Trudeau, qui se trouve à Davos, en Suisse, était représenté par son épouse, Sophie Grégoire.

Jacques Dion, l'un des frères de la chanteuse, a confié aux médias à son arrivée sur les lieux que René Angélil avait «tout préparé» en vue de ses funérailles. «Jusqu'à la fin, il a joué son rôle de producteur-gérant», a-t-il remarqué.

Sa soeur Claudette a témoigné qu'elle avait eu «beaucoup de peine» dans les derniers jours, surtout pour les enfants du couple, qui sont encore jeunes.

Les hommages envers le défunt étaient nombreux à l'entrée de la basilique, vendredi après-midi.

Le premier ministre Couillard a souligné l'apport de René Angélil dans le «rayonnement de (la) culture» québécoise dans le monde. «Il a osé dire: "On peut être les meilleurs au monde". (...) Et il l'a fait», a-t-il déclaré.

L'ancien premier ministre canadien Brian Mulroney a qualifié René Angélil «de vrai gentleman». «C'était un géant, René. Ensemble, ils ont créé le plus grand "success story" du Canada», a-t-il ajouté.

On a pu voir défiler également la comédienne Janine Sutto, le chanteur Éric Lapointe, le parolier Luc Plamondon, l'ex-premier ministre Bernard Landry, l'ex-entraîneur de hockey Michel Bergeron, l'actuel entraîneur du Canadien de Montréal, Michel Therrien, le chanteur Claude Dubois, l'animatrice Julie Snyder et l'animateur Michel Jasmin - qui avait donné la première chance à la toute jeune Céline Dion à son émission télévisée en 1981.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, et la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, étaient aussi présents. Le chef du Parti québécois (PQ), Pierre Karl Péladeau, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, le maire de Montréal, Denis Coderre, et le maire de Québec, Régis Labeaume, y assistaient également.

René Angélil est décédé le 14 janvier dernier, à l'âge de 73 ans, à sa résidence de Las Vegas. Il souffrait d'un cancer de la gorge depuis un certain temps.

Ils ont dit:

«C'est un rassembleur. Il était très fan de nous (la famille), en fait. Il nous faisait raconter des histoires, des petits bouts de tounes. Tout lui plaisait. C'était un rassembleur. Il a grande place dans nos coeurs et on ne l'oubliera jamais.»

- Claudette Dion, soeur de Céline Dion

«Je le connais aussi intimement comme beau-frère, mais je le connais aussi intimement comme un ami. (...) La première fois qu'on s'est rencontrés, il m'a dit: "Jacques, t'es bien plus que le frère de Céline pour moi, tu es mon chum". Vous savez ce que ça veut dire quand René dit que c'est son chum. René, ses chums, c'est ses chums.»

- Jacques Dion, frère de Céline Dion

«La dernière fois que je l'ai vu, c'était un lunch à Paris, en décembre 2014. (...) Il avait une rechute de son cancer. Il était de bonne humeur, on avait passé l'après-midi à luncher avec Garou au restaurant. C'était le lendemain de la dernière de Céline à Bercy. (...) Il m'avait amené et il avait tenu à ce que je fasse une entrée dans la salle avec lui. Il m'a tenu la main pendant tout le spectacle. (...) J'ai senti ce soir-là qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Je sentais qu'il était troublé. C'est un merveilleux dernier souvenir.»

- Le parolier Luc Plamondon

«La journée d'hier a été très difficile pour moi, c'est mon enfance qui est là. On a vécu des moments extraordinaires, lui et moi. C'est un frère pour moi, c'est comme si je perdais mon propre frère. On a été plus ensemble qu'avec nos familles. On vivait dans le même hôtel, on avait une chambre ensemble à deux lits et on mettait un matelas par terre et on tirait à pile ou face pour savoir qui coucherait par terre. Je suis pas encore capable de me mettre dans la tête qu'il est parti. J'ai été avec lui dix jours à Las Vegas avant qu'il ne soit très, très malade, et on n'arrêtait pas de parler des Baronets et je me demandais pourquoi il en parlait si souvent. Il venait d'apprendre qu'il avait un deuxième cancer.»

- Jean Beaulne, ex-membre du groupe Les Baronets, dont faisait partie aussi M. Angélil

«Je retiens sa grande générosité, sa bonté, c'est un gars droit avec qui je me sentais vraiment en confiance quand je travaillais avec lui. René est vivant dans nos coeurs et je le remercie pour tout ce qu'il a pu faire pour moi. Il a été d'une aide exceptionnelle au début de ma carrière.»

- Le chanteur René Simard

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