Revenu disponible par habitant: la région en bas de classement

En Mauricie et au Centre-du-Québec, le revenu disponible... (François Gervais)

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En Mauricie et au Centre-du-Québec, le revenu disponible par habitant est parmi les plus faibles du Québec.

François Gervais

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que le Québec se classe, en 2014, au dernier rang parmi les provinces et territoires pour son revenu disponible de 26 046 $ par habitant, la Mauricie se situe dans le peloton de queue québécois avec un résultat de 23 555 $, tout juste derrière le Centre-du-Québec qui ne fait guère mieux, avec 23 614 $.

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Frédéric Laurin

Photo: François Gervais

Seules les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine font pires avec respectivement 23 317 $ et 23 324 $.

«Le faible revenu dans ces régions s'explique, en grande partie, par le fait que le taux d'emploi, la rémunération des salariés et les revenus de placement sont largement plus bas que dans le reste de la province», explique-t-on dans la mise à jour des données sur le revenu disponible diffusée lundi par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Pendant ce temps, au Canada, le revenu disponible s'élève à 30 270 $ par habitant. Le retard du Québec s'explique, en bonne partie, par la rémunération des salariés, principale composante du revenu disponible, qui demeure nettement plus faible que dans le reste du pays.

Par contre, pour le professeur en économie de l'UQTR, Frédéric Laurin, «il faut faire attention avec les comparaisons». Car, dit-il, contrairement aux provinces de l'Ouest où ils n'ont qu'à exploiter la richesse, soit le pétrole, il faut la créer au Québec dans un monde manufacturier et industriel.

«Et quand on tient compte du coût de la vie, on n'est pas nécessairement plus pauvre», souligne celui qui place plutôt le Québec au quatrième rang national du revenu disponible par habitant, en considérant le coût des loyers.

Selon les données provisoires de l'ISQ, le revenu disponible par habitant a augmenté, en dollars courants, de 2013 à 2014 dans l'ensemble des régions administratives du Québec, à l'exception de l'Outaouais et de la Côte-Nord, où il diminue de 0,6 % et de 0,1 % respectivement. À cet égard, la Mauricie devance le Centre-du-Québec par une hausse de 1 % contre 0,6 %.

Pourtant, le revenu disponible par habitant de la Côte-Nord (26 917 $) continue d'être parmi les plus élevés des 17 régions administratives. En fait, seules la Montérégie (27 246 $) et la Capitale-Nationale (27 219 $) font meilleure figure que la Côte-Nord à ce chapitre.

Par ailleurs, des six régions métropolitaines de recensement (RMR) que compte le Québec, Montréal (+ 1,9 %) est la seule à enregistrer un taux de croissance du revenu disponible, en dollars courants, supérieur à celui observé dans l'ensemble du Québec. L'enrichissement des résidents de cette RMR s'explique par le redressement du revenu net de la propriété et par la hausse de la rémunération des salariés.

En dépit d'une augmentation plus lente en 2014, Québec (27 179 $) continue d'afficher un revenu disponible par habitant supérieur à celui de Montréal (26 758 $). De leur côté, les RMR de Gatineau (25 547 $), de Saguenay (24 879 $), de Trois-Rivières (24 093 $) et de Sherbrooke (23 813 $) affichent un revenu disponible par habitant inférieur à la moyenne québécoise.

Si la RMR trifluvienne comprend, entre autres, Bécancour et Wôlinak, la statistique s'améliore pour le territoire de la Ville de Trois-Rivières, avec un revenu disponible de 24 357 $. Dans la grande région 04-17, c'est La Tuque qui arrive en bas du classement, avec 21 195 $.

En Mauricie, les résultats sont les suivants: MRC de Mékinac, 22 290 $, Shawinigan, 22 556 $, MRC de Maskinongé, 22 872 $, et MRC des Chenaux, 23 240 $. Au Centre-du-Québec, la MRC de Bécancour arrive en tête de liste avec un revenu disponible par habitant de 24 010 $, suivie des MRC d'Arthabaska (23 933 $), Drummond (23 390 $), Nicolet-Yamaska (23 260 $) et L'Érable (22 070 $).

«Au Centre-du-Québec, les salaires sont bas, ce qui fait d'ailleurs le succès de cette région en maintenant la compétitivité au niveau des manufacturiers», fait remarquer M. Laurin.

Par rapport à la Mauricie, le spécialiste note un taux de pauvreté «assez élevé» qui, dit-il, fait baisser la moyenne, avec un taux de dépendance aux programmes sociaux «très élevé». «Ça va prendre beaucoup de temps pour changer», prévient-il.

En 2014, les MRC dont l'économie repose, en bonne partie, sur l'exploitation et la mise en valeur des ressources minérales connaissent, pour la plupart, une croissance du revenu disponible faible ou nulle, voire négative. C'est le cas notamment de Caniapiscau (- 0,1 %), de la Jamésie (0,0 %), de Rouyn-Noranda (+ 0,1 %) et de La Vallée-de-l'Or (+ 0,7 %).

Malgré son léger recul, la MRC de Caniapiscau, située sur la Côte-Nord et dont la principale municipalité est Fermont, continue d'afficher le revenu disponible le plus élevé au Québec, s'établissant à 34 725 $ en 2014.

En 2014, le revenu disponible par habitant a progressé au Québec, en dollars courants, de 1,5 %. Dans le même temps, l'indice implicite de prix des dépenses de consommation finale des ménages a augmenté de 1,4 %. Ce qui signifie que le pouvoir d'achat des Québécois, mesuré par le revenu réel disponible par habitant, s'est accru d'à peine 0,1 %, soit la plus faible croissance des neuf dernières années.

Ce ralentissement s'explique essentiellement par la faible progression de la rémunération des salariés et des transferts gouvernementaux, ainsi que par la hausse marquée des cotisations payées par les employés à leur régime de retraite.

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