René Angélil: «Impossible d'oublier un homme comme lui»

En plus d'un bouquet de souvenirs, Jean-Yves Descormiers... (François Gervais)

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En plus d'un bouquet de souvenirs, Jean-Yves Descormiers partage avec René Angélil une proximité dont plusieurs photos et objets sont aujourd'hui témoins, dont cette tête en bronze de chérubin coulée à moins de 150 exemplaires et distribuée aux proches de la famille Dion-Angélil lors du baptême de René-Charles, fils aîné du couple.

François Gervais

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(Trois-Rivières) «Je n'ai pas de mots pour décrire la générosité de René Angélil.» Moins de 24 heures après avoir encaissé le décès de l'homme d'affaires et conjoint de Céline Dion, c'est avec ces mots que son comparse de golf, le Trifluvien Jean-Yves Descormiers, résume l'une des qualités de celui qu'il considère comme son «père».

Depuis 1995, les deux hommes sillonnaient ensemble les terrains de golf les plus verts d'Amérique, mangeaient aux meilleures tables gastronomiques, résidaient dans les hôtels les plus luxueux. Lorsqu'il a appris que la maladie avait remporté la dernière partie de son «père» d'adoption, M. Descormiers s'est dit «profondément attristé».

Les deux hommes s'étaient rencontrés une première fois en 1995, par l'entremise de Michel Bergeron, alors analyste des matchs du Canadien de Montréal au petit écran. À l'époque, M. Descormiers et René Angélil partageaient les verts du prestigieux club de golf le Mirage, propriété de la famille Dion-Angélil et situé à Terrebonne. «René a alors formé une ligue de golf de seize gars avec qui je jouais deux fois par semaine», se rappelle M. Descormiers. «C'est comme cela que notre relation a commencé.» Dès lors, une solide amitié s'est tissée entre le Trifluvien et le populaire imprésario. Entre autres marque du lien qui unissait les deux golfeurs: René Angélil surnommait celui qui est propriétaire du restaurant les Ailes Buffalo du secteur Cap-de-la-Madeleine «le Champion», en mettant en relief ses exploits de golfeur.

«On s'en attendait un peu», avoue M. Descormiers en référence au décès de son protecteur à la suite d'un «long et courageux combat contre le cancer», pour reprendre les mots rédigés par l'équipe de Céline Dion sur les réseaux sociaux. «En dernier il avait de la misère à parler, il ne pouvait téléphoner à personne, il commençait à être sourd un peu, il ne mangeait pas. C'est triste finir de même. René c'est un gars qui aimait bien manger. C'est quelque chose...», mentionne M. Descormiers en suspendant sa pensée.

«Lorsque je l'ai appris, j'ai mal réagi, car ça fait plus de vingt ans que René et moi faisions des voyages et plusieurs autres activités ensemble. Ça fait toujours quelque chose... René m'a procuré des moments dans ma vie que personne d'autre n'aurait pu m'offrir», laisse tomber M. Descormiers, en témoignant sa reconnaissance à la vie de lui avoir permis de fréquenter un homme de cette stature.

De l'homme, justement, M. Descormiers retient d'emblée la générosité. «C'était comme mon père. On allait jouer au golf en Floride, partout. Je ne pourrai jamais l'oublier. Il était généreux, il était bon. J'ai fait des voyages inoubliables. On prenait l'avion privé de Céline, on partait de Montréal et on s'en allait à Las Vegas, on jouait au golf le jour, on jouait aux cartes le soir. On jouait sur des terrains où personne ne pouvait aller. Ce sont autant de souvenirs que tu ne peux pas oublier», répète M. Descormiers avec émotion.

L'acteur Michael Douglas, le célèbre joueur de basketball Micheal Jordan, le hockeyeur Bobby Orr, sont parmi les personnalités auxquelles M. Descormiers a eu le loisir de serrer la pince grâce au réseau de contacts de son protecteur. «C'est un autre monde», que celui fréquenté par René Angélil et auquel le restaurateur trifluvien a eu accès. «Si je n'avais pas connu René Angélil, je n'aurais pas connu ça, les places où il nous a amenés à Las Vegas et les privilèges qu'on avait. Jamais, jamais, jamais on payait une cenne. C'est un homme d'une telle générosité!»

Membre du groupe sélect de golfeurs et composant l'une des gardes rapprochées de René Angélil, M. Descormiers se souvient, entre autres, d'un souper auquel il a participé à la table de Céline Dion. Une proximité privilégiée, en somme, avec la vie privée de celui que certains considèrent déjà, à l'instar de M. Descormiers, comme l'un des plus grands gérants d'artistes de l'histoire moderne de la musique. D'autant plus, ajoute le Trifluvien, que M. Angélil est parti de rien et qu'il a grimpé une à une les marches de la gloire en suant sang et eau.

«Je ne pourrais jamais oublier cet homme-là. On n'oublie pas notre père... C'est impossible d'oublier un homme comme lui», conclut-il.

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