René Angélil: un géant s'éteint

René Angélil et Céline Dion formaient un couple... (La Presse Canadienne)

Agrandir

René Angélil et Céline Dion formaient un couple d'amoureux unique et une équipe redoutable au travail.

La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Celui qui a dédié sa vie à faire de Céline Dion la plus grande star au monde n'est plus. Après deux rudes combats contre le cancer du larynx, le gérant et mari de la chanteuse, René Angélil, a abdiqué devant la maladie jeudi, à l'âge de 73 ans, mais non sans avoir d'abord réalisé tous leurs rêves communs: la célébrité, la fortune, la famille. Véritable Pygmalion, Angélil aura orchestré jusqu'au bout le bonheur de sa protégée.

Joueur de poker invétéré, René Angélil n'aura jamais eu autant de flair que le jour où il a accepté de prendre sous son aile la frêle adolescente à la voix d'or qui s'était présentée à son bureau, en compagnie de sa mère, au tournant des années 80.

Afin de financer l'entreprise, celui qui avait tout investi sur sa cliente précédente Ginette Reno a alors hypothéqué sa maison. Le gérant a ensuite propulsé la chanteuse au sommet de la pyramide de la musique pop internationale. À ce jour, Céline Dion a vendu plus de 200 millions d'albums et possède une fortune estimée à 630 millions$US.

«Tout cela, c'est René! Son génie, son talent, c'est d'être capable d'aller chercher les bonnes personnes, d'avoir réussi à instaurer un esprit de famille, c'est un coup de maître! Il donne aux autres le goût de se surpasser. Pour le show, pas pour l'argent», avait confié son fils aîné Patrick Angélil, au Soleil, en 1999.

Une redoutable équipe

En cours de route, la relation de Dion et Angélil a évolué. La crise cardiaque dont Angélil avait été victime en 1992 les avait rapprochés. À l'automne 1993, ils déclaraient publiquement leur amour, lors du lancement de l'album The Colour of My Love, au Métropolis, à Montréal. Un an plus tard, ils unissaient leurs destinées, lors d'une cérémonie grandiose, à la basilique Notre-Dame à Montréal. Il s'agissait d'un troisième mariage pour Angélil, alors âgé de 52 ans. Dion en avait 26.

Pendant les deux décennies qui allaient suivre, le couple allait former une redoutable équipe, dominant les palmarès et les billetteries du monde entier. Elle éblouissait avec sa voix, tandis qu'il échafaudait sa carrière avec doigté et se montrait intraitable dans la protection de ses intérêts.

«Ma plus grande réalisation, c'est lui! Il a su, à travers tout cela, me protéger. À quelque part, je suis toujours la petite fille de Charlemagne. Il a su me protéger des méchants loups. Et Dieu sait que ça aurait pu être facile de me perdre au travers de ça», avait raconté Céline Dion, à quelques heures d'un spectacle au Colisée, en septembre 1999.

Le couple reprenait alors le travail après s'être accordé deux mois de vacances, suivant le premier diagnostic d'Angélil, au printemps précédent. Dans l'intervalle, la chanteuse avait triomphé, lors de deux spectacles présentés à guichets fermés, devant 90 000 fans, au Stade de France. De leur résidence de la Floride, un Angélil affaibli avait regardé la prestation en direct. Dion en avait profité pour donner de ses nouvelles à son public. «Je voulais vous dire une chose, René va bien», avait-elle déclaré.

«Quand je regardais Céline à Paris, je me disais que ce dont j'étais le plus fier, c'était Céline. Elle est la chanteuse la plus populaire du monde. Elle aurait pu avoir des caprices, mais elle n'a pas changé. C'est une personne très humaine, qui est restée vraie», avait-il alors raconté.

Le plus grand pari

Au tournant des années 2000, le couple avait pris la décision de s'accorder une sabbatique afin de permettre à Angélil de recouvrer la santé et de fonder la famille tant désirée. Le 25 janvier 2001, leur fils aîné René-Charles voyait le jour. Quant à Dion, elle reprenait du service l'année suivante, avec la sortie de l'album A New Day, prélude à la création du spectacle du même nom.

Mise en scène par Franco Dragone, la production constituait le plus grand pari professionnel du duo, qui signait alors une lucrative entente de trois ans avec le Caesars Palace, à Las Vegas. Un théâtre de 4100 places, le Colosseum, avait été bâti pour spécifiquement y présenter le spectacle.

Lancé en mars 2003, A New Day... avait été prolongé jusqu'en décembre 2007. Avec ses 723 représentations, il a redéfini la norme du divertissement sur la Strip et battu le record d'assistance détenu par Elvis Presley, l'idole d'Angélil.

«Ça me fait de la peine pour Elvis... Je suis quand même content pour lui parce qu'il a encore vendu plus de disques que Céline!» avait alors lancé le gérant.

En octobre 2010, la chanteuse donnait naissance à des jumeaux fraternels, Nelson et Eddy. Trois ans plus tard, le cancer d'Angélil récidivait. Avec une santé sans cesse déclinante, le gérant, qui continuait de veiller aux intérêts de la star, avait décidé de passer le flambeau à Aldo Giampaolo.

Mettant ensuite en application une devise qui lui était chère - «The show must go on» - Angélil avait incité Dion à retourner sur les planches. La diva amorçait ainsi une nouvelle résidence à Las Vegas, le 27 août 2015.

«Je ne voulais pas le faire au début. Je n'en avais pas besoin. Comprenez-moi bien, J'adore chanter pour les gens, mais j'avais d'autres priorités. Finalement, René m'a vraiment fait un cadeau. Mon deuil, je l'ai fait au cours de la dernière année. Je pense que je suis en contrôle. Pour l'instant. Quand ça va me frapper, ça va me frapper. Mais d'ici là, ma tâche, c'est de dire à mon mari que nous allons bien. Tu nous regarderas d'un autre endroit», avait-elle confié au USA Today, en août.

Au cours de la même entrevue, la chanteuse avait fait connaître les dernières volontés de son mari.

«René m'a dit: ''Je veux mourir dans tes bras.'' OK. Parfait. Je serai là. Tu vas mourir dans mes bras», lui avait-elle promis.

René Angélil s'est éteint entouré des siens, chez lui, à Henderson, au Nevada. Il aurait eu 74 ans samedi. Outre Dion et leurs fils René-Charles, Eddy et Nelson, il laisse dans le deuil ses trois enfants de ses deux unions précédentes, Patrick, 47 ans, Jean-Pierre, 42 ans, et Anne-Marie, 38 ans, ainsi que sept petits-enfants.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer