UPA, motoneiges et quads: une entente unique au Québec

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Les clubs de véhicules hors route (quadistes et motoneiges) et la Fédération de l'UPA de la Mauricie ont signé un protocole d'entente unique au Québec, mardi matin.

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même si la neige n'est pas au rendez-vous en quantité suffisante cet hiver et que les sentiers de motoneiges et de quads de la région sont fermés, les clubs de véhicules hors route (quadistes et motoneiges) et la Fédération de l'UPA de la Mauricie ont signé un protocole d'entente unique au Québec, mardi matin, un protocole qui prendra tout son sens dès qu'un tapis blanc d'une épaisseur respectable recouvrira la région.

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De gauche à droite, Jean-Marie Giguère, président de la FUPAM, Normand Drolet, représentant régional des clubs de motoneige et Denis Desaulniers, secrétaire de l'Association des clubs quads de la Mauricie.

François Gervais Le Nouvelliste

Ce protocole permettra aux trois organismes de régler plus facilement leurs problèmes de cohabitation sans avoir à recourir constamment à la Sûreté du Québec. Les signataires souhaitent aussi accentuer les côtés positifs que génèrent leurs interactions.

Cette annonce se fait presque à la mi-janvier alors que les motoneigistes doivent s'armer de patience en espérant un jour emprunter les sentiers. Mais l'entente tripartite vise à gérer des situations qui ont cours durant les quatre saisons et qui pourront toucher éventuellement aussi les sentiers pédestres et équins.

Les producteurs agricoles et forestiers ont fait savoir, mardi, qu'ils acceptent la création de sentiers hors route sur leurs terres, mais qu'un respect des biens et des lieux s'impose.

Pas question de laisser les motoneiges emprunter les sentiers, par exemple, alors que, mardi encore, il n'y avait pas assez d'accumulations au sol pour permettre un passage sécuritaire.

Sur le site web de Motoneige Mauricie, mardi, un message en gros caractères demandait justement aux membres d'attendre le feu vert avant de s'aventurer dans les pistes, «afin de ne pas faire perdre d'autres droits de passage. Les terrains sont fragiles tant qu'il n'y a pas assez de neige. Les sentiers sont encore fermés», peut-on lire.

Le son de cloche est le même du côté du Club Quad de la Mauricie qui invitait à la patience, mardi, car «le peu de sentiers d'hiver que nous avions réussi à ouvrir sont maintenant fermés jusqu'à nouvel ordre», indique le Club.

Le président de la FUPAM, Jean-Marie Giguère, qui représente 1100 fermes en Mauricie, a laissé savoir qu'il ne pouvait rien contre les caprices de Dame Nature, mais la nouvelle entente est là, elle, prête à encadrer les activités. Elle vise aussi à faciliter le développement de la région en incitant notamment les relais de motoneiges et de quads à servir des produits régionaux à leur clientèle. «Moi, j'y tiens, c'est la raison pour laquelle l'UPA veut bien avancer», plaide-t-il.

«On veut faire du développement, mais pas du développement sauvage. Du développement approprié et durable», dit-il.

«L'Association touristique reçoit des deniers de ce qu'on fait», fait-il valoir au passage. Le président espère donc qu'elle sera mise à contribution éventuellement. «On a besoin de fonds et de publicité et le gouvernement s'est retiré de toutes ces actions-là», rappelle-t-il.

Ça fait plus de 50 ans que les motoneiges circulent dans des sentiers hors route de la Mauricie. «Aujourd'hui, ce qu'il y a de nouveau avec la signature du protocole d'entente, c'est la facilité avec laquelle on va rencontrer les associations. Ça va nous ouvrir des portes et faire connaître davantage non seulement les droits de passage, mais les droits des agriculteurs», explique M. Giguère. Les pourparlers seront plus fluides lorsque des interventions entre organismes seront nécessaires, notamment pour réparer des bris ou régler des litiges.

Ces portes ouvertes vers le dialogue seront aussi très utiles pour baliser les sentiers au bénéfice de toutes les parties.

«Vous savez, quand on a un problème, qu'est-ce qu'on fait? On appelle la Sûreté du Québec. Mais les associations ont leurs propres surveillants au niveau de la sécurité et l'on veut responsabiliser notre monde», explique-t-il.

M. Giguère rappelle que les associations bâtissent toutes sortes de choses utiles et font des investissements majeurs sur les sentiers, notamment des ponts et des balises. «Il y a des agriculteurs qui en profitent», reconnaît le président de la FUPAM. «Ce n'est pas juste dans un sens. Si l'association construit un pont par-dessus une rivière, l'agriculteur peut, selon le protocole d'entente, se servir du pont en été pour cultiver ses parties de terres au lieu de faire des détours de 15 ou 20 kilomètres comme on a déjà vu», illustre-t-il.

Notons que 40 % de tous les sentiers hors route passent dans les terres agricoles et forestières.

Le président de la FUPAM croit que désormais, «les associations vont travailler avec nous, vont intervenir sur le plancher et nous, de notre côté, on va faire en sorte de maintenir ces portes ouvertes avec nos agriculteurs et nos agricultrices.»

Notons que l'Unité régionale de loisir et de sport de la Mauricie a accompagné les différents organismes dans leurs démarches et leurs négociations jusqu'à la ratification de l'entente.

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