Victimes de la pyrrhotite: dépourvues et exaspérées

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Les propos tenus par le député François-Philippe Champagne semblent laisser croire que les victimes de la pyrrhotite devront continuer de prendre leur mal en patience.

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite se sent dépourvue face à l'inaction des gouvernements fédéral et provincial en regard de ses demandes urgentes de soutien financier pour les propriétaires aux prises avec ce grave problème.

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Jacques Blais, porte-parole de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite.

Sylvain Mayer

Lundi, le député fédéral François-Philippe Champagne tenait des propos, dans les pages du Nouvelliste, qui ont eu l'heur d'émietter quelques-uns des derniers espoirs des victimes.

Le porte-parole de la Coalition ne nie pas que cette inaction laisse croire qu'Ottawa et Québec attendent, sans l'avouer ouvertement, les conclusions du jugement dans l'appel déposé par SNC-Lavalin au lieu de prendre les devants et de secourir les sinistrés.

M. Blais reconnaît que la Coalition ressent un abandon de la part des gouvernements dans cette tragédie.

La CAVP ne baisse pas les bras pour autant même si ses membres «sont exaspérés», dit-il.

L'organisme tente actuellement de susciter une session de travail intergouvernementale, au début de février, «impliquant à la fois le municipal, le provincial et le fédéral. On veut permettre aux différents députés et au maire de Trois-Rivières, de venir s'asseoir autour d'une même table et de mettre en commun leurs efforts pour planifier 2016», dit-il.

La Coalition veut aussi s'inscrire à l'agenda des budgets gouvernementaux qui sortiront en mars. «Si l'on veut obtenir de l'aide financière, on se doit de s'inscrire dans le programme des besoins financiers des différents gouvernements», explique-t-il.

Un montant a été demandé «pour les trois ou quatre prochaines années», indique M. Blais qui préfère pour l'instant ne pas en révéler l'ampleur. C'est que les données statistiques de la Coalition sont plutôt approximatives. «On a de la difficulté à avoir des données très précises», explique M. Blais.

Lorsque la Coalition a récemment rencontré les députés, elle a demandé une fois de plus un budget discrétionnaire qui permettrait d'établir les données statistiques pour les prochaines années. Il s'agit du jour de la marmotte pour la Coalition puisque cette demande est déjà faite de longue date et n'a jamais eu de suites.

«On veut, de façon assez urgente, préciser le nombre de victimes qu'il reste à couvrir pour les prochaines années», dit-il.

La Coalition, indique M. Blais, mise beaucoup sur cette rencontre du mois de février. La très grande majorité des personnes invitées ont accepté, dit-il. «Il reste à voir la disponibilité des gens.»

La Coalition espère qu'il en ressortira «une concertation. Il y a des responsabilités qui touchent peut-être plus le municipal, le provincial ou le fédéral, mais ce qu'on s'est dit, c'est que si l'on travaille tous de concert pour régler la situation une fois pour toutes, on va impliquer tout le monde qui est concerné.

«On veut qu'à la sortie de cette session de travail-là chacun reparte, selon son niveau de responsabilité, avec une stratégie, un plan d'action, pour qu'on puisse revenir à nos victimes et leur dire que quelque chose se passe», explique M. Blais.

«À la mesure de nos moyens et de nos ressources, on essaie de mettre le plus de pression possible pour avoir de l'aide, dont ces fameuses données statistiques-là», résume-t-il.

«Le party est fini, il faut passer aux choses sérieuses», fait-il valoir.

La Coalition «veut établir un climat favorable qui va susciter les discussions» car l'aide financière de 30 millions $ reçue jusqu'à présent est insuffisante, dit-il.

«C'est pour ça qu'on crée une session de travail intergouvernementale, pour que chacun puisse se responsabiliser face à cette situation-là et qu'on arrête de s'envoyer la balle», indique M. Blais.

«Si on les rencontre individuellement, ils vont tous essayer de s'esquiver», analyse-t-il. «Mais si l'on réussit à les convaincre de s'asseoir autour d'une même table, il y a des gens qui vont devoir, excusez l'expression, mettre leurs culottes», plaide-t-il.

La Coalition a d'ailleurs l'intention de tenir les médias au courant de sa démarche et des suites de cette rencontre. «Et là, il y a des gens qui vont devoir répondre de leurs actes», fait-il valoir. «Il faut que ça bouge», plaide-t-il.

Il y aura une assemblée annuelle des membres de la Coalition à la mi-février. Un suivi sera demandé, à cette occasion, à l'avocat principal des victimes, Me Pierre Soucy, qui sera invité à parler de l'appel logé par SNC-Lavalin.

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