Du pain sur la planche pour François-Philippe Champagne

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La prochaine année du député de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, récemment élu, ne devrait pas être de tout repos.

La Presse

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(Trois-Rivières) L'année débute à peine que le député de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, cumule déjà les dossiers sur sa table de travail. Même s'il n'est pas député de toute une région, sa position privilégiée au sein de l'équipe du premier ministre Justin Trudeau lui confère un statut suprarégional. Et les dossiers, en Mauricie, ils sont nombreux, de la pyrrhotite au Centre fiscal de Shawinigan, en passant par l'accueil des réfugiés syriens, la couverture cellulaire en Haute-Mauricie et le développement économique régional.

La campagne électorale de François-Philippe Champagne aura duré près de trois ans. Trois ans où l'homme a parcouru les milliers de kilomètres carrés d'une circonscription grande comme la Belgique. Trois ans durant lesquels il a serré des milliers de mains citoyennes, discuté avec des centaines d'acteurs sociaux, échangé avec des dizaines de maires. Les attentes sont si élevées pour le seul député au pouvoir de la région que les prochaines années risquent d'être aussi éprouvantes que la campagne qu'il vient de traverser tel un chemin de Damas. Petit portrait éclair des priorités d'un député qui, sans être ministre, en a quasiment les responsabilités.

D'abord la pyrrhotite. À quelques heures du déclenchement des élections, Justin Trudeau se rendait au Grand Prix de Trois-Rivières, accoudé de François-Philippe Champagne, certes, mais également de son candidat dans Trois-Rivières, Yvon Boivin, M. Pyrrhotite en personne. Lorsque questionné sur les actions que son parti mettrait en place, s'il était élu, pour régler définitivement la problématique de la pyrrhotite, le futur premier ministre n'avait pas hésité. «Le gouvernement fédéral se doit d'être un partenaire afin de régler cette situation», avait affirmé sans ambages M. Trudeau dans les paddocks. Une intention reprise en écho, quelques mois plus tard, par le député de Saint-Maurice-Champlain, mais en y ajoutant quelques nuances. En effet, ceux qui, à l'instar des victimes de la pyrrhotite et du gouvernement du Québec, pensent que le chèque du fédéral est déjà dans la poste, devront patienter.

«C'est un dossier qui me tient à coeur», lance d'emblée M. Champagne. Cela dit, selon le député, le gouvernement fédéral a 10 ans de retard dans la compréhension de ce «dossier complexe», procrastination conservatrice oblige. Il ne faut donc pas s'attendre à ce que 2016 soit l'année des grandes annonces en matière de dédommagement financier des victimes de la pyrrhotite.

«Il faut nous donner le temps de faire avancer ce dossier-là», note M. Champagne. Pour l'heure, ce dernier travaille à en comprendre les nuances, histoire de mieux sensibiliser ses collègues de la chambre des communes. Selon lui, Ottawa devra se pencher sur la question, deux fois plutôt qu'une, et ce «derrière le rideau», avant de mettre en place des mesures qui viendront panser la plaie des victimes. D'ici là, le gouvernement du Québec et la Ville de Trois-Rivières doivent derechef faire couler de la nouvelle eau dans les pales du moulin.

«Je ne souhaite pas que tous les échéanciers dépendent de l'échéancier fédéral. Il y des gestes à poser par la Ville, il y a des gestes à poser par la Coalition [d'aide aux victimes de la pyrrhotite], il y a des gestes à poser par le provincial», avertit M. Champagne. «Je ne souhaite pas que tout le monde mette leur propre échéancier tributaire de l'échéancier fédéral. Moi, comme représentant du gouvernement fédéral, je ne suis pas au même point que les autres. Eux ont dix ans d'avance sur moi. Alors je dis: ne dépendez pas tous de moi.»

De son côté, Québec aurait certainement préféré que les choses bougent plus rapidement. Jean-Denis Girard estime en effet que son gouvernement, fier d'une enveloppe de 30 millions $ et des poussières, déjà épuisée, en a fait beaucoup dans ce dossier et qu'il revient désormais à Ottawa de mettre l'épaule à la roue. Une rencontre est prévue entre les deux paliers gouvernementaux au cours des prochaines semaines.

«Maintenant on considère que le gouvernement fédéral doit être au rendez-vous», mentionne le député de Trois-Rivières et ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l'Allègement réglementaire et au Développement économique régional, rappelant du même souffle que l'Assemblée nationale du Québec a adopté à l'unanimité une motion demandant au gouvernement fédéral de s'engager financièrement dans le dossier de la pyrrhotite.

À Québec, ce n'est donc pas demain la veille que le gouvernement injectera des sommes supplémentaires. «Avant de pouvoir parler de montant d'argent, on doit avoir un état de situation global sur combien ça peut coûter, combien de maisons. Il y a eu beaucoup de chiffres qui ont été avancés. Il faut s'assurer d'avoir les chiffres les plus exacts possible avant de faire la répartition des montants», renchérit M. Girard.

D'autre pain sur la planche

Dans un autre ordre d'idées, François-Philippe Champagne entend mettre à contribution son rôle de secrétaire parlementaire du ministre des Finances pour mousser le développement économique régional en 2016. À brève échéance, le député commencera à sillonner le Canada dès cette semaine afin que les citoyens et les acteurs économiques canadiens puissent noircir les pages de son livre de consultations prébudgétaires. Ce sera alors l'occasion pour le député d'affiner sa compréhension des enjeux économiques canadiens, mais également mauriciens. À ce propos, son équipe sera de passage à Trois-Rivières au cours des prochains jours. «Je pense que c'est bon pour la région aussi», croit M. Champagne.

Du coq à l'âne, le ministre officieux de la Mauricie tablera également, au cours de 2016, sur l'absence de téléphonie cellulaire sur la route 155 en Haute-Mauricie. En effet, le maire de La Tuque dénonçait récemment la décision de la compagnie Rogers de ne pas construire les tours de signaux qui pourraient corriger la situation. «J'ai déjà demandé une rencontre avec les représentants de Rogers pour comprendre cette décision-là. Je rencontrerai aussi le président de l'Association canadienne des télécommunications sans fil. Je vais me mettre en mode solution. J'ai lu le commentaire du maire de La Tuque et je m'inscris dans cette même lignée.»

Dans la ville de l'énergie, François-Philippe Champagne assure qu'il concrétisera la promesse électorale formulée en campagne pour non seulement maintenir le niveau d'emploi au Centre fiscal de Shawinigan, mais également, si possible, le bonifier. «Nous aurons des choses intéressantes à dire là-dessus en 2016», conclut-il.

Enfin, le député de Saint-Mauricie-Champlain mentionne qu'il travaille de concert avec le gouvernement du Québec et les organismes communautaires locaux pour que les premiers réfugiés syriens qui débarqueront en Mauricie en 2016 puissent s'intégrer positivement et participer pleinement au développement de la région.

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