Rogers abandonne le projet de téléphonie cellulaire sur la 155

Les utilisateurs de la route 155 en Haute-Mauricie... (Audrey Tremblay)

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Les utilisateurs de la route 155 en Haute-Mauricie devront attendre encore avant d'avoir une couverture cellulaire complète.

Audrey Tremblay

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(La Tuque (collaboration spéciale)) L'absence de téléphonie cellulaire sur la route 155 a fait souvent les manchettes dans les dernières années. Le maire de La Tuque attendait impatiemment la construction des nouvelles tours qui devaient corriger la situation, mais le maire devra s'armer de patience. La compagnie Rogers a décidé de se retirer du dossier.

Dans une lettre adressée à la Ville, dont Le Nouvelliste a obtenu copie, la compagnie Rogers affirme qu'elle a récemment réévalué l'ensemble de ses projets proposés sur la route 155 entre les municipalités de Saint-Roch-de-Mékinac et de Lac-Bouchette. «Suite à cette évaluation, il a été décidé que Rogers ne procédera pas à la construction de l'ensemble des tours de télécommunication projetées dans la région de la Haute-Mauricie. Sachez bien que c'est à regret que nous avons annulé ces projets», peut-on lire dans la lettre.

Impossible de savoir les raisons qui ont motivé l'entreprise à prendre une telle décision. Dans un bref courriel, on confirme simplement que les projets ont été abandonnés et qu'il n'y a «aucune information additionnelle à partager quant à la construction de ces projets».

La compagnie Rogers ne construira pas les tours... (photo: Sylvain Mayer) - image 2.0

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La compagnie Rogers ne construira pas les tours de télécommunication projetées dans le secteur de la Haute-Mauricie.

photo: Sylvain Mayer

«Nous sommes dans le processus de réévaluation de nos plans d'expansion de réseau. Nous recueillons de l'information sur les secteurs où nos clients utilisent le plus leurs appareils et nous continuerons d'investir pour améliorer la couverture sur la base de ces informations. Les projets proposés dans la région de La Tuque ne sont plus inclus dans nos plans pour 2016», a fait savoir la porte-parole de Rogers, Heather Robinson.

Cette dernière a toutefois souligné qu'en 2015, l'entreprise a introduit l'itinérance nationale qui a amélioré la couverture du réseau pour les clients de Rogers à travers de nombreuses régions du Canada. «Les clients de la portion sud de la région de La Tuque bénéficient de l'itinérance sans coût supplémentaire», a-t-elle ajouté.

Visiblement déçu, le maire de La Tuque fera des pressions sur le député fédéral François-Philippe Champagne dans les prochains jours. Il avait été question d'ailleurs du problème de téléphonie cellulaire lors de la campagne électorale de M. Champagne. «Je vais rencontrer M. Champagne la semaine prochaine et c'est certain que je vais faire des pressions. Lui-même est un usager de la route 155 [...] Le premier ministre a mentionné qu'il y avait des programmes à ouvrir concernant les infrastructures, ça en est ça», lance Normand Beaudoin. «Ce n'est pas juste pour que ta femme t'appelle pour arrêter chercher une livre de beurre à l'épicerie qu'on demande ça, c'est une question primordiale de sécurité, et ce, autant sur la 155 Nord que la 155 Sud. C'est sur ça qu'on va miser», ajoute le maire.

Il n'a pas été possible de parler au député François-Philippe Champagne. Toutefois sur Twitter, il a affirmé être très déçu d'apprendre que Rogers abandonne le projet de téléphonie cellulaire sur la 155.

Le maire de La Tuque refuse de parler d'un retour à la case départ. Selon lui, une partie du travail qui avait été réalisé peut être récupéré. «Il y a d'autres compagnies. Il y a les études de marché qui sont faites, les emplacements pour les tours qui sont trouvés, il y a eu des négociations pour les terrains qui ont été faites. Il y a beaucoup de travail d'accompli, il restait juste à se lancer», explique le maire de La Tuque.

Il faut dire que les utilisateurs de la route 155 sont nombreux. Selon la carte de débit de circulation 2014, c'est approximativement 3100 véhicules qui circulent chaque jour entre Saint-Roch-de-Mékinac et La Tuque et près de 1800 entre La Tuque et Lac-Bouchette, incluant les véhicules lourds.

Le rêve de ne plus avoir d'interruption de service cellulaire est passé bien près de devenir réalité, même qu'en décembre 2014, on annonçait pratiquement le déploiement du projet. À ce moment, les élus de la Ville de La Tuque avaient donné leur approbation pour le projet d'implantation d'un réseau d'antennes de télécommunication de Rogers. Les six tours devaient être implantées aux endroits suivants: La Tuque, Rivière-Windigo (secteur Matawin), Kiskissink, La Bostonnais, Lac-Édouard et Lac-du-Bonnet.

Évidemment la décision de Rogers fait beaucoup réagir. Le préfet de la MRC de Mékinac, qui a appris la nouvelle par Le Nouvelliste, s'est dit très déçu par la décision qui touche plusieurs municipalités de la MRC. En plus de l'aspect sécuritaire, il n'est pas sans rappeler que la téléphonie cellulaire est un aspect important pour attirer les touristes autour des nombreux lacs dans la région de Mékinac. «Je suis surpris parce que le projet avait l'air bien attaché. J'ai fait un saut [...] On met beaucoup d'accent sur le tourisme et sur le développement de nos lacs dans Mékinac. Telus met une tour entre Saint-Tite et Sainte-Thècle qui va couvrir des lacs autour, on se disait qu'avec Rogers de l'autre côté on commençait à être en voiture. C'est décevant», a affirmé Alain Vallée.

La Chambre de commerce et d'industrie du Haut Saint-Maurice (CCIHSM) a également réagi à la suite de l'annonce de Rogers. La CCIHSM a mentionné qu'elle allait soutenir la Ville dans ses démarches et ses représentations.

«On n'est pas fâché après Rogers. On sait bien que personne ne veut faire de la business à perte, mais on est déçu. La sécurité routière, pour les utilisateurs, pour le tourisme, c'est une priorité à notre avis. C'est un minimum. Encore une fois, parce qu'on n'a pas la masse, parce qu'on coûte cher, on n'a pas ces services-là. On espère que ceux qui sont en mesure de prendre des décisions, qui pourraient faire la différence, vont le faire», a affirmé la directrice générale de la Chambre, Manon Côté.

La députée de Laviolette s'est également dite déçue de cette décision. Il faut dire que Julie Boulet aussi doit concilier avec la situation, car elle utilise souvent la route 155 qui traverse son comté. «C'est une très mauvaise nouvelle et je suis déçue. En tant qu'utilisatrice, c'est certain que je suis consciente des inconvénients que ça crée. C'est une question de sécurité d'avoir le téléphone tout au long de la route», a lancé la députée.

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