Du sirop d'érable de Noël!

En raison du temps tout particulièrement doux qu'on... (Sylvain Mayer)

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En raison du temps tout particulièrement doux qu'on a connu dans les premiers jours de décembre, l'acériculteur Angelo Trépanier a été en mesure de produire son premier sirop d'érable de Noël cette année et il avait revêtu son costume de père Noël pour l'occasion.

Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Sainte-Thècle) Angelo Trépanier produit du sirop d'érable depuis 53 ans à Sainte-Thècle. Pour la toute première fois de sa vie, il a obtenu une récolte... à Noël.

Alors que les stations de ski et de glisse s'arrachaient les cheveux, qu'aucune patinoire extérieure ne pouvait être ouverte pour les enfants à cause du temps trop doux et que la tradition du Noël blanc n'était visible que dans les films, la petite érablière de 750 entailles de M. Trépanier a fourni 45 gallons de beau sirop clair de catégorie A.

En langage acéricole, cela représente 0,8 livre à l'entaille alors qu'une récolte normale du printemps se chiffre à 3 livres. «Si j'avais commencé ma récolte en novembre, j'aurais fait beaucoup plus que ça», analyse M. Trépanier.

Caroline Cyr, agente de communication pour la Fédération des producteurs acéricoles du Québec avoue qu'elle n'a entendu parler que d'un seul autre cas du genre, aux États-Unis.

Angelo Trépanier a déjà produit du sirop d'érable à l'automne 2011, alors que les conditions de gel et de dégel étaient favorables à une récolte, mais jamais en hiver.

«Les érables peuvent être entaillés deux fois par an et pourraient être entaillés l'automne quand il y a une période de gel la nuit et de dégel le jour», indique Mme Cyr. «Les producteurs ne le font pas parce que ça coule peu. Ils préfèrent ne le faire qu'une fois par année», dit-elle.

«Le rendement n'est pas très grand non plus», précise-t-elle. C'est par plaisir que certains producteurs le font.

Cet événement inhabituel, il le doit, estime-t-il, au courant marin El Niño qui influence le climat plus fortement que la normale, cet hiver.

L'ancien propriétaire de l'entreprise acéricole Aux mille érables de Sainte-Thècle, qu'il a vendue il y a quelques années pour se procurer une petite érablière familiale dans le même secteur, reconnaît qu'il a pris une chance en entaillant ses érables les 7, 8 et 9 décembre. Mais aucune période de gel intense ne figurait à ce moment-là dans la boule de cristal des météorologues.

Le 5 décembre, il avait d'abord entaillé un de ses plus gros érables. «Et ça coulait!», raconte-t-il. «Et là, j'ai levé les bras en l'air et j'ai dit: Angelo, t'entailles! En fait, j'avais vu les températures qu'ils annonçaient pour la semaine», dit-il.

Le 10 décembre, M. Trépanier commençait déjà à faire bouillir son eau. «J'ai fait huit jours», ajoute-t-il.

On se souviendra des températures mémorables de Noël, en particulier celle du 24 décembre qui était grimpée à 14,3 degrés à 15 h, selon Environnement Canada.

Or, c'est le 24 décembre, justement, que se déroulent les principales festivités de Noël, dans la famille Trépanier.

Angelo Trépanier n'oubliera jamais ce jour où les vapeurs de l'eau d'érable s'échappaient de sa cabane à sucre et du délicieux sirop qu'il a pu servir et donner en cadeau à ses invités.

Ce fut son tout premier sirop de Noël à vie. «De mémoire, je n'ai jamais vu un mois de décembre comme ça. C'est le père Noël qui a fait du sirop d'érable», raconte-t-il en riant, puisqu'il avait revêtu le traditionnel costume rouge et blanc pour fabriquer son sirop. «Il n'y a que ça que je n'avais pas encore fait», dit-il.

Curieusement, le sirop de Noël produit par M. Trépanier est plus sucré que le sirop d'automne qu'il avait obtenu en 2011.

Le fait d'entailler en décembre pourrait peut-être lui permette de ne pas avoir à entailler au printemps, espère-t-il. Les gros producteurs commencent en effet à entailler pour le printemps à partir du lendemain du jour de l'An, fait-il valoir.

Cette double production de ses érables ne devrait pas être nuisible pour eux, estime-t-il. «Aujourd'hui, les chalumeaux sont plus petits qu'il y a 10 ou 15 ans. Un petit trou fait moins de dommages qu'un gros. Ce qui fait du dommage, c'est le trou et non ce qu'on prélève de l'arbre», explique-t-il.

Angelo Trépanier est conscient que son aventure de Noël a été un coup de chance, finalement. S'il avait été à la tête d'une grosse érablière commerciale de 50 000 entailles et plus, il aurait fallu entailler au moins la moitié du lot «pour justifier de faire fonctionner l'équipement», dit-il.

Le matin de Noël, la famille avait donc du sirop tout à fait exceptionnel sur la table «et j'en ai donné une bouteille à chacun de mes invités», dit-il.

Étant donné que Noël 2015 n'a pas été blanc, il n'y a pas eu de tire sur la neige pour ajouter aux festivités de la famille Trépanier, comme quoi on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre.

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