Les établissements d'enseignement en première ligne

Des gens des quatre coins du monde arrivent chaque année en Mauricie, soit pour... (123rf)

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Des gens des quatre coins du monde arrivent chaque année en Mauricie, soit pour y faire des études, soit pour devenir citoyens canadiens, voire les deux. Leur intégration dans la société québécoise et le succès de leur démarche passent principalement par les établissements d'enseignement.

Même si les étrangers qui viennent étudier dans la région parlent assez bien le français pour réussir les examens ministériels, ils sont néanmoins encadrés et traités aux petits oignons afin de faciliter leur intégration.

Les trois collèges de la région et même l'UQTR leur offrent toute une gamme de services. C'est que dans bien des cas, ils ont besoin de savoir des choses aussi fondamentales que l'adresse des commerces d'alimentation, le fonctionnement des hôpitaux et les rouages du système de l'éducation au Québec.

Les étudiants de l'Île de la Réunion qui choisissent le Collège Shawinigan, par exemple, sont bien encadrés «parce que papa et maman sont à 13 heures d'avion d'eux», fait valoir Alain Huard, le directeur des affaires étudiantes. Le lendemain de leur arrivée, «on les amène à la RAMQ», dit-il, ce qui n'est pas le cas des étudiants français qui, eux, sont couverts au niveau de la santé et n'ont pas à payer de frais de scolarité.

L'UQTR, de son côté, offre un cours de trois crédits aux étudiants internationaux qui s'appelle «Réussir ses études». Des étudiants sont embauchés en début de session pour accueillir les nouveaux venus de l'étranger et leur donner toute l'information administrative nécessaire, notamment au sujet des cours et des assurances, raconte Marie-Claude Brûlé du Service aux étudiants. Une journée d'accueil est aussi préparée pour eux.

Le Collège Laflèche tient à ses étudiants étrangers. On les prend aussi par la main quand ils arrivent afin de faciliter leur intégration, même si la majorité proviennent de la France. D'ailleurs, le Collège Laflèche compte une quinzaine d'ententes avec la France afin d'y envoyer, en retour, de ses propres étudiants en stage.

Au Collège Shawinigan, les étudiants étrangers peuvent compter sur les services du SANA pour se familiariser avec leur nouvelle ville d'accueil. «On les amène faire leur première épicerie. On leur fait visiter quelques institutions financières pour qu'ils puissent s'ouvrir un compte bancaire», explique Alain Huard.

À la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, les enfants des néo-canadiens sont accueillis au primaire à l'école Sainte-Thérèse et ceux de niveau secondaire sont envoyés à l'école des Pionniers.

«Notre objectif est de leur apprendre à parler la langue française tout en poursuivant leur cheminement au niveau des mathématiques», explique le directeur de l'école Sainte-Thérèse, Jason St-Yves.

Ces élèves de la classe de francisation ne savent pas parler le français à leur arrivée. Malgré tout, leur intégration se passe mieux pour eux que pour leurs parents. «Ce sont d'abord des enfants», fait valoir M. St-Yves. Donc c'est dans la cour d'école et surtout via les sports offerts sur place qu'il arriveront à absorber naturellement leur nouvelle langue. «À cet âge-là, ce sont des éponges», fait-il valoir.

Il arrive parfois certaines situations qui sont propices à faire de l'éducation, dit-il. Ce fut le cas, par exemple, lors d'un match improvisé opposant des élèves de race blanche à des élèves de couleur. «On a reviré ça de bord bien vite en disant qu'on va faire plutôt un match entre pays», illustre M. St-Yves.

L'entraide entre élèves survient souvent spontanément. Pas besoin d'interprète en salle de classe, donc, sauf lors des rencontres avec les parents.

Même si ces enfants, issus pour plusieurs de camps de réfugiés, sont visiblement heureux d'arriver dans une école chauffée, éclairée et dotée d'eau courante, «au début, on voit des élèves regarder à gauche, à droite, dans les airs» jusqu'à ce que d'autres élèves leur fassent comprendre qu'ils sont en sécurité, indique le directeur.

Le nombre maximum d'élèves par enseignant n'est que de 17, en francisation, ce qui permet de faire un enseignement plus personnalisé.

Le Cégep de Trois-Rivières dispose lui aussi d'une école de francisation pour les immigrants de 16 ans et plus qui sont déjà scolarisés. En trois sessions de 11 semaines, la plupart arrivent à être assez fonctionnels en français pour travailler. Certains ont un diplôme reconnu. Certains réfugiés arrivent au pays sans leur diplôme. S'ils arrivent à passer les tests de français, ils peuvent aspirer à étudier au cégep, voire à l'université.

«Il est parfois difficile de faire reconnaître les diplômes. Au lieu d'attendre le processus de reconnaissance, certains retournent à l'université pour refaire les mêmes études», raconte Geneviève Lemelin, coordonnatrice de l'École de francisation du Cégep de Trois-Rivières.

Il y a aussi des personnes âgées, dans cette école. Ces dernières apprennent le français pour communiquer avec leur nouvel entourage et non pour retourner sur le marché du travail. «Elles s'en tirent généralement assez bien», dit-elle.

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