Les immigrants boudent les régions

De 2010 à 2014, seulement 0,6 % et... (Stéphane Lessard)

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De 2010 à 2014, seulement 0,6 % et 0,5 % des immigrants accueillis au Québec ont choisi la Mauricie et le Centre-du-Québec.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Ce n'est pas un secret, la très grande majorité des immigrants accueillis par le Québec choisissent de s'établir à Montréal et boudent les régions. Les statistiques à ce sujet sont éloquentes. Au fait de la situation, la ministre de l'Immigration, Diversité culturelle et Inclusion du Québec prépare une réforme qui favorisera l'immigration dans les régions.

De 2010 à 2014, 70,5 % des 263 015 immigrants reçus se sont installés dans la métropole québécoise. Les régions de la Montérégie (8,4 %), de Laval (5,7 %) et de la Capitale-Nationale (4,9 %) suivent loin derrière.

À la lumière des statistiques sur l'immigration du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec ne semblent pas très attrayantes pour les nouveaux citoyens. Sur la même période, 1679 immigrants ont choisi la Mauricie alors qu'ils étaient 1305 à opter pour le Centre-du-Québec. C'est donc dire que seulement 0,6 % et 0,5 % des immigrants accueillis au Québec ont choisi ces deux régions, qui arrivent aux huitième et neuvième rangs des destinations.

La ministre québécoise de l'Immigration, Diversité culturelle et Inclusion du Québec, Kathleen Weil, est très consciente de cette réalité. Elle a d'ailleurs annoncé plus tôt cette année une grande réforme de l'immigration. On souhaite inciter davantage les nouveaux arrivants à s'établir en région.

«Nous allons changer notre façon de faire la sélection des immigrants. J'ai déposé le projet de loi il y a quelques semaines à l'Assemblée nationale. L'idée est de vraiment répondre aux besoins du marché du travail des régions», a expliqué en entrevue Mme Weil.

L'emploi est vraiment le nerf de la guerre pour inciter les immigrants à choisir les régions. Fortement scolarisés, ceux-ci n'arrivent que très peu à se trouver des emplois dans les régions, où les entreprises recherchent plus souvent des professionnels de métier.

«On va faire un mariage entre les immigrants et les besoins des régions. On inviterait la personne à déposer sa candidature qui va l'amener directement en région. Ce qu'on fait présentement, c'est premier arrivé, premier servi. Ça peut prendre entre trois et cinq ans avant que la personne arrive. Le marché du travail a le temps de changer», a ajouté la ministre de l'Immigration. «On aura une banque d'employeurs. Les immigrants pourront y déposer leur candidature, ce qui permet aux employeurs, notamment des régions, de recruter ces personnes. C'est un maillon faible de notre système actuel où on ne peut pas faire de mariage entre les immigrants et les employeurs. [...] Les gens devront répondre à un besoin du marché du travail.»

La ministre de l'Immigration invite de plus les ordres professionnels du Québec à démontrer une plus grande ouverture quant a la reconnaissance des compétences des immigrants. «Il faut faire en sorte que les gens aient avant d'arriver une reconnaissance partielle ou totale de leurs compétences. Ça inclut leurs diplômes et leurs formations. On va faire en sorte qu'ils aient des passerelles envers les ordres professionnels qui pourront leur donner l'heure juste», a précisé Mme Weil.

En Mauricie, Trois-Rivières représente le principal pôle d'attraction. De 2004 à 2013, sur les 2655 personnes immigrantes qui se sont établies dans la région 2168 (81,7 %) ont choisi la capitale régionale. Shawinigan a accueilli de son côté 211 immigrants (7,9 %), alors que La Tuque ainsi que les MRC des Chenaux, de Maskinongé et Mékinac en ont reçu respectivement 66 (2,5 %), 79 (3 %), 110 (4,1 %) et 21 (0,8 %).

Les immigrants sont mieux répartis au Centre-du-Québec, bien que deux endroits les intéressent davantage. Les MRC de Drummond et d'Arthabaska ont reçu entre 2004 et 2013, 1034 (53,1 %) et 711 (36,5 %) des 1948 immigrants. Le portrait se complète avec les MRC de Bécancour, de L'Érable, de Nicolet-Yamaska avec 63 (3,2 %), 52 (2,7 %) et 88 (4,5 %).

Autant en Mauricie qu'au Centre-du-Québec, près de 60 % des immigrants se retrouvent dans les groupes des 0 à 14 ans et des 25 à 34 ans. Par ailleurs, ces régions accueillent presque autant d'homme que de femmes.

Les immigrants qui choisissent la Mauricie ont majoritairement (63,5 %) une connaissance de la langue française, alors que 29 % d'entre eux ne maîtrisent ni la langue de Molière ni celle de Shakespeare. Au Centre-du-Québec, 44,6 % des immigrants maîtrisent la langue française, tandis qu'ils étaient 48,2 % à ne pas parler une ou l'autre des deux langues officielles du Canada.

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