Dualité ville et campagne

Depuis son arrivée à la haute direction du... (Stéphane Lessard)

Agrandir

Depuis son arrivée à la haute direction du CIUSSS, Martin Beaumont a réalisé à quel point le CIUSSS doit négocier avec la présence de villes majeures et de plusieurs secteurs campagnards.

Stéphane Lessard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La dualité entre les centres urbains et les secteurs ruraux de la Mauricie et du Centre-du-Québec est la première particularité observée par Martin Beaumont depuis son arrivée à la haute direction du CIUSSS.

Ce dernier travaillait dans le nord de Lanaudière avant d'arriver à Trois-Rivières, au printemps dernier. Ses rencontres avec les gens du milieu lui ont fait réaliser à quel point le CIUSSS doit négocier avec la présence de villes majeures et de plusieurs secteurs campagnards.

«Il faut continuer de travailler avec cette dualité. Ça nous force à innover pour offrir des services de proximité. Une autre particularité est l'engagement de la communauté à l'égard de ses fondations (des centres de santé). C'est exceptionnel. Je me suis promené beaucoup cet été. Les fondations sont des alliées dans des contextes budgétaires difficiles», analyse M. Beaumont, qui se dit émerveillé par la beauté de la nature mauricienne et centricoise.

Fondation de La Tuque

Parlant de fondations de centres de santé, celle du Haut Saint-Maurice craint de perdre sa source de revenus la plus importante, soit la gestion du stationnement de l'hôpital latuquois. La crainte deviendra réalité: ces revenus iront dans les coffres du CIUSSS, confirme Martin Beaumont.

«Quand 95 % des revenus d'une fondation viennent de l'établissement, il faut se poser des questions sur la nature même de la philanthropie de la fondation. Habituellement, une fondation a une stratégie pour engager ses grandes entreprises, pour ses activités de levées de fonds. C'est une question d'équité: pourquoi je donnerais cet argent à la Fondation de La Tuque et pas à Trois-Rivières?»

M. Beaumont assure que le CIUSSS offrira un soutien aux gens de la fondation latuquoise afin d'effectuer un repositionnement stratégique. Une rencontre doit avoir lieu entre les deux parties le 6 janvier.

Cloutier-du Rivage

Le CIUSSS est toujours en attente des orientations du ministère de la Santé concernant les Groupes de médecine familiale réseau (GMFR), qui sont des supercliniques. L'équipe du CIUSSS a déjà deux projets de GMFR dans ses cartons en lien avec cette stratégie ministérielle, mais le centre Cloutier-du Rivage n'en fait pas partie.

«Plus de 70 % des gens qui se présentent à Cloutier-du Rivage sont des cas de P-4 et P-5 (des cas non urgents). Ces clientèles devraient être prises en charge par leurs médecins de famille et avoir accès à des services de leurs médecins dans les GMF ou les cabinets privés», dit le pdg du CIUSSS, tout en prenant le soin de rappeler que les projets du CIUSSS devront concorder avec les orientations du gouvernement.

Médecin de famille

L'accès à un médecin de famille est un sujet qui préoccupe une bonne partie de la population. Selon le CIUSSS régional, la situation s'améliore: 75,5 % de la population a un médecin de famille, comparativement à 68 % à l'échelle québécoise.

«L'enjeu est encore dans le Trois-Rivières métropolitain, dit le pdg. Nos propositions qui seront faites au ministère (de la santé) pour les Groupes de médecine familiale réseau vont contrecarrer ces phénomènes.»

Phase 2 du CHAUR

La réalisation de la phase 2 de l'agrandissement du Centre hospitalier affilié universitaire régional est déjà enclenchée. La fin des travaux est prévue pour 2019, mais dès 2016, la construction ira bon train.

«On est dans la mise en place de la fondation, dans la préparation du sol, dans le pieutage. Après ça, la bâtisse va s'élever assez rapidement», raconte M. Beaumont.

Hémodynamie

Le centre d'hémodynamie est érigé en parallèle des travaux d'agrandissement de l'hôpital de Trois-Rivières. Les premiers patients doivent être accueillis en janvier 2017. D'ici là, le CIUSS veillera à recruter des hémodynamiciens, à former le personnel, à réaliser des arrimages avec les urgences et avec l'Institut de cardiologie de Montréal. Quelque 1500 patients seront traités annuellement à ce centre spécialisé en maladies cardiaques.

CLSC de Saint-Paulin

Martin Beaumont a la volonté de maximiser le CLSC de Saint-Paulin. Mais pour y arriver, le milieu médical doit réfléchir à son organisation sur la totalité de son territoire.

Rappelant que le secteur comprend un GMF affilié à un GMF trifluvien, M. Beaumont souligne que Saint-Paulin mise à la fois sur un CLSC et une coopérative de santé. Selon lui, l'organisation médicale dans Maskinongé n'est pas viable.

«Il y a des enjeux de partage d'information entre les différentes cliniques au niveau du dossier médical, au niveau de l'allocation des ressources. Demain matin, si je reçois un médecin qui veut s'installer dans Maskinongé, je l'envoie où? C'est démontré que plus on a de médecins qui travaillent ensemble, plus ça facilite le recrutement et l'introduction des nouveaux médecins dans des nouvelles pratiques médicales. Il faut se donner les moyens de nos ambitions. Il faut développer une pratique plus homogène qui va permettre un recrutement plus facile dans Maskinongé. Je ne crois pas que le mode actuel facilite ça.»

La table médicale territoriale de Maskinongé devra redéfinir l'organisation médicale des services, dit M. Beaumont, de concert avec un comité de travail. Ce dernier assure qu'il n'a nullement l'intention de fermer le CLSC de Saint-Paulin.

CLSC de Sainte-Geneviève

Plus de trois millions de dollars sont investis au CLSC de Sainte-Geneviève-de-Batiscan afin d'améliorer les espaces pour les cliniciens. Les travaux d'agrandissement sont terminés. Le réaménagement intérieur devrait être complété dans quelques semaines.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer