Naissance du CIUSSS: une opération titanesque

Martin Beaumont, grand patron du CIUSSS... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Martin Beaumont, grand patron du CIUSSS

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La naissance du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec a été une opération majeure en 2015, mais tout semble indiquer que la transformation du mode de fonctionnement et du mode de pensée est en train de se matérialiser.

La décision du gouvernement du Québec de sonner le glas des agences de santé et des différents établissements locaux pour créer une mégastructure englobant tout ce qui concerne la santé et les services sociaux a forcé les autorités locales à se retrousser les manches. Lorsqu'il est arrivé au poste de président-directeur général de cette organisation monstre, au printemps, Martin Beaumont savait qu'il avait beaucoup de pain sur la planche. Neuf mois plus tard, le grand patron du CIUSSS régional déborde d'enthousiasme lorsqu'il est invité à faire le bilan du chemin parcouru en un laps de temps pas si long, finalement.

«Pour faire une transformation comme celle qu'on vit actuellement, ça prend de la préparation. Quand M. Lamy (Gaétan, le pdg adjoint) et moi avons été nommés, on s'est donné un plan de match. On s'est donné une vision de transition, on a décidé de la façon avec laquelle on voulait travailler. On s'est donné une carte routière dans les changements, ce qu'on voulait faire dans les 100 premiers jours. On est extrêmement fier du travail accompli. L'ensemble du plan d'intégration est réalisé.»

La phase de la réorganisation administrative est chose acquise. La phase de la réorganisation clinique est prévue pour la fin décembre, avec une prise en charge dès le début du mois de janvier.

«La première étape a été de constituer un comité de direction, rappelle Martin Beaumont. Je peux vous garantir que le comité est maintenant totalement ''ciussisé'': les gens pensent CIUSSS. Ils pensent Mauricie et Centre-du-Québec. Qu'un directeur vienne de Drummondville ou de Shawinigan, ses intérêts, c'est la population de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Ça fait toute la différence. Avant, les établissements étaient autonomes, avaient leurs façons de fonctionner. On a réussi à décloisonner les barrières.»

La réorganisation a entraîné un impressionnant mouvement de personnel. Les cadres des services clinique et administratif étaient au nombre de 631 en début d'exercice. Il en restera autour de 485.

«À la fin de l'exercice, après les départs, les retraites, on va graviter avec 140, 150 gestionnaires de moins en Mauricie et au Centre-du-Québec. C'est un exercice très intense. On a traité les gens avec le plus grand respect. Des gens ne sont pas encore replacés: juste dans les services administratifs, on passe de 250 à 150 gestionnaires», raconte le pdg.

Plus d'une cinquantaine de gestionnaires sont encore assis entre deux chaises actuellement. Ils n'occupent plus leur fonction, mais travaillent à des tâches spécifiques en attendant le processus de replacement dont le délai prendra fin d'ici deux ans.

Pendant ce temps, les nouveaux directeurs doivent ratisser plus large. Ils sont responsables non plus de la direction d'un service dans un établissement, mais pour l'ensemble de la région.

La diminution du nombre de personnes et l'accroissement de la tâche devraient logiquement exercer une pression accrue sur ces superdirecteurs. M. Beaumont est d'un avis contraire. «La tâche d'un directeur a augmenté, mais il planifie différemment, il travaille différemment, il voit avec une vision globale. Ce n'est pas nécessairement plus de pression sur les gestionnaires. On leur donne plus d'autonomie. On veut qu'ils soient conscients des pistes d'amélioration et on n'est plus dans le chaperonnage. Ce sont des gens imputables. On a mis beaucoup d'effort à communiquer et à rencontrer les gestionnaires. Ils sont la clé de voûte du succès de cette transformation. Mon groupe de ressources humaines a développé des stratégies d'accompagnement des gestionnaires. Les attentes sont grandes et claires. Mais on a du bon monde. Quand ils sont venus en entrevue, ils avaient le couteau dans les dents et ils ont dit: ''Donnez-moi cette job-là''. Ce sont des gens passionnés qui veulent faire la différence. Ces gens veulent des responsabilités.»

La redéfinition des mandats pour les gestionnaires, la réduction de leur nombre, l'arrivée de nouvelles façons de faire, tout ça représente un travail d'envergure. Martin Beaumont le reconnaît d'emblée. Mais l'exercice semble lui apporter beaucoup de satisfaction. «C'est un éléphant, image le pdg. Mais un éléphant, ça se mange en tranches. On a pris une tranche avant la Saint-Jean-Baptiste, on prend une tranche avant Noël, une autre avant le 31 mars. La mission est énorme. Pour moi, qui ai été formé pour ça, c'est hyper passionnant. Chez tous nos directeurs, la mobilisation est au plafond. Ils veulent que ça marche. On le sent.»

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