«Tensions» et «querelles» chez les ambulanciers

Tout indique que la Coopérative des ambulanciers de... (Sylvain Mayer)

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Tout indique que la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie s'est enlisée dans une situation précaire, comme en fait foi un courriel interne signé par le conseil d'administration et dont Le Nouvelliste a obtenu copie.

Sylvain Mayer

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(Trois-Rivières) Rien ne va plus à la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie (CAM). En effet, selon un courriel interne acheminé aux employés de la CAM et signé par le conseil d'administration en date du 25 décembre, tout porte à croire que le directeur général, Jacques Duhamel, n'est plus aux commandes de la Coopérative «pour une période indéterminée». L'organisation travaille également à revoir de fond en comble sa gestion interne, du mode de gouvernance en passant par la tenue de ses états financiers.

Même si «la raison [du départ de M. Duhamel] restera confidentielle pour le moment», il semble que la tension soit à son comble au sein de la CAM, en opération depuis 1989 et dont la mission première est de fournir «des soins préhospitaliers d'urgence visant à prévenir la détérioration de l'état d'une personne et à la transporter au moyen d'une ambulance» vers un établissement du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CSSS-MCQ) [dixit le site Internet de la CAM].

À la lumière du courriel envoyé, les dernières rencontres du conseil d'administration de la CAM n'ont pas été de tout repos pour les administrateurs. «Certains d'entre vous diront peut-être que ce mémo vient un peu tard et n'en dit pas beaucoup, vous avez raison. Ces derniers temps, tous les administrateurs de votre conseil d'administration ont travaillé très fort. Nous avons tenu des réunions souvent et celles-ci étaient longues et ardues. Nous avons aussi nommé des comités pour qu'ils se penchent sur des dossiers spécifiques. Bref, nous vous dirons que les dernières semaines sont passées très vite!», peut-on lire.

Si «vite», en fait, que le conseil d'administration a été contrait de demander l'appui et le soutien de plusieurs professionnels, entre autres des conseillers de la Fédération des coopératives des paramédics du Québec, ainsi que de la Corporation des services d'ambulance du Québec. Également, «une firme spécialisée sera engagée à contrat pour une durée limitée afin de revoir tous les aspects financiers et administratifs de la CAM. La gestion et la gouvernance seront aussi revues au complet», écrit-on. «Rassurez-vous, nous tenons le fort», laisse-t-on entendre.

«Ensemble nous donnerons un coup de barre pour virer vers des processus plus adéquats et plus modernes adaptés à notre réalité coopérative. Tout en conservant bien sûr nos acquis et notre confort.»

Il semblerait que des «tensions» et des «querelles», vécues «sur le terrain», pourraient être à l'origine, voire la cause de ce branle-bas de combat au sein de l'équipe de direction de la CAM. «Ce serait bien apprécié de notre part si les tensions et les querelles que nous vivons sur le terrain baissaient d'un cran», note le conseil d'administration. Du même souffle, on appelle les employés à ne plus «déranger» l'équipe administrative dans ses bureaux, recommandant plutôt d'utiliser le courriel ou le téléphone pour prendre rendez-vous.

«Présentement les employés du côté administratif ont beaucoup de difficulté à joindre les deux bouts. Leur équipe est amputée de quelques membres. Nous sommes à réfléchir à une solution pour les aider à gagner du temps dans leur quotidien afin de leur faciliter le travail», renchérit-on dans le mémo.

Rappelons que Jacques Duhamel est en poste à la direction générale de la CAM depuis le 22 octobre 2007. Auparavant, il avait occupé différentes fonctions dans le milieu médiatique, entre autres à titre d'éditeur et de directeur général du Journal économique de Québec. Membre du Barreau du Québec et détenteur d'une maîtrise en droit corporatif de l'Université Harvard, il a également agi à titre de consultant en affaires et communications.

Pour la période s'échelonnant du 1er avril 2014 au 31 mars 2015, la CAM a reçu 29 185 affectations via le Centre de communication santé de la Mauricie et du Centre-du-Québec. De ce nombre, 24 274 appels ont nécessité un transport par ambulance. Dans son mémo, le conseil d'administration assure que pendant les «changements» envisagés, «le service à la clientèle ne sera [pas] touché. Nos patients et les soins que nous leur apportons, sont et seront toujours notre priorité!»

«Si chacun d'entre nous apporte son brin de positif, la vie changera à la CAM. La joie et le bonheur reviendront. Soyons positifs!» lance le conseil d'administration comme un cri de ralliement. 

Au moment de mettre sous presse, il ne nous a pas été possible de rejoindre un administrateur ou un employé de l'équipe de direction de la CAM.

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