Soldes de l'Après-Noël: pour «profiter des bons rabais»

Vers midi, soit une heure avant l'ouverture des... (Photo: Olivier Croteau)

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Vers midi, soit une heure avant l'ouverture des portes, samedi, ils étaient près d'une centaine de consommateurs potentiels à faire la file devant le Best Buy de Trois-Rivières, lors de la traditionnelle journée des soldes de l'Après-Noël. Certains étaient arrivés dès 8h30 pour ne pas manquer de «bons rabais».

Photo: Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) La bête de la consommation n'est jamais nourrie à satiété, sinon le 26 décembre, jour des soldes de l'Après-Noël, communément appelé Boxing Day. Période d'austérité économique ou non, ce lendemain des Fêtes n'est pas qu'un lendemain de veille, mais également le moment où les commerces sont envahis de badauds en quête de bonnes affaires. L'année 2015 ne fait pas exception. Par exemple, il fallait que les chasseurs d'aubaines soient armés d'une ardente patience pour se frayer un chemin à travers la cohue jusqu'à la caisse du Best Buy de Trois-Rivières, alors que des gens faisaient la file devant des portes closes dès 8 h 30 du matin.

Traditionnellement, le jour des soldes de l'Après-Noël était celui où les plus riches donnaient un cadeau aux plus pauvres. Précisément, certains avancent l'idée qu'à une époque reculée, les prêtres offraient, le lendemain de Noël, le contenu des troncs, ces boîtes percées où les croyants étaient invités à déposer aumônes et offrandes. Aujourd'hui, force est d'admettre que dans la boîte du «Boxing Day», sur le modèle du Black Friday américain, on ne retrouve qu'une intention commerciale presque dénudée de tout sens du partage.

L'an passé, près de 4000 clients à l'heure avaient franchi les tourniquets du Centre Les Rivières pour profiter des rabais annoncés dans les vitrines. Cette année, ils étaient également nombreux entre 13 h et 17 h, quoiqu'en nombre difficilement quantifiable, à noircir les allées du temple commercial. Quatre heures intensives où les consommateurs potentiels pouvaient dénicher des rabais alléchants.

Mission quasi impossible, du moins, de se trouver un stationnement parmi les 3500 places disponibles au Centre Les Rivières. Idem au Carrefour Trois-Rivières-Ouest, où les amateurs de matériel électronique ont littéralement envahi les magasins qui se spécialisent dans ce type de produits. En fait, les achats de joujoux numériques représentent 75 % de toutes les emplettes qui sont effectuées le 26 décembre, le secteur des vêtements arrivant deuxième dans la marche. Notons qu'en 2015, ce secteur d'activité a connu une hausse de ses ventes de 3,6 % au cours des neuf premiers mois de l'année, comparativement à l'an dernier.

Tommy Gosselin, lui, faisait le pied de grue devant le Best Buy dès 8 h 30, alors que les portes n'ouvraient qu'à 13 h. Ils étaient près d'une centaine vers midi. Avec quelques compagnons, M. Gosselin était bien équipé pour passer le temps, malgré quelques degrés sous la barre du zéro Celsius: gants, bonnet de fourrure, foulard, même une chaise pliante pour reposer sa patience. «Je suis bien habillé», dit-il.

Dénudés de partage, donc, les soldes de l'Après-Noël? Pas toujours. «Je suis venu ici pour mon père. C'est le cadeau de Noël que je lui offre, attendre à sa place. J'attends pour lui, au frette. C'est quand même un beau cadeau! Il veut s'acheter une télévision et un appareil-photo. Nous sommes ici pour profiter des bons rabais», lance M. Gosselin. «Moi, j'attends pour une télévision. Pas pour mon père, c'est un cadeau que je m'offre à moi», renchérit son compagnon qui, lui, avait oublié sa chaise. «Les employés du Best Buy sont passés et ne nous ont pas dit salut. Comme si c'était normal qu'on soit là», affirme M. Gosselin en riant.

Cette année, le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) prévoit qu'un Québécois sur trois va tirer parti des soldes du lendemain de Noël. Les jeunes adultes âgés de 25 ans et moins (52 %) mettront davantage que les autres la main dans leur portefeuille. L'an passé, ils étaient moins de 12 % les Québécois à courir les rabais jusqu'à essoufflement (47 % au Canada), et ce en dépit d'un battage médiatique sans précédent dans l'année. Selon le CQCD, les consommateurs n'investissent plus toutes leurs billes dans le même panier et ventilent leurs dépenses lors des autres journées de rabais, comme le Vendredi noir. En moyenne, le 26 décembre, chacun dépensera 256 $. 

Selon Elliott Chun, porte-parole des magasins Best Buy, les rabais offerts par la chaîne de magasins d'électronique le lendemain de Noël sont un peu plus intéressants que ceux du Vendredi fou, bien que cette journée de soldes à la fin de novembre soit populaire pour l'achat de cadeaux de Noël.

Mais c'est sur Internet que la file d'acheteurs est la plus longue, et l'attente entre le produit et la carte de crédit la plus courte. En 2015, un Québécois sur deux a effectué au moins un achat en ligne durant la dernière année, principalement auprès d'un vendeur tenant pignon sur rue à l'extérieur du pays. Une réalité qui coûte cher aux commerçants d'ici puisque, contrairement aux plates-formes électroniques, le petit magasin du coin doit facturer des taxes aux consommateurs, faisant grimper le prix de son bien. Selon le CQCD, le gouvernement du Québec perdrait ainsi, bon an, mal an, plus de 465 millions $ en taxes impayées.

Enfin, dans la même famille d'idées, rappelons que, selon Statistique Canada, l'endettement personnel des Canadiens s'est accru en 2015. En moyenne, un Canadien mène grand train à la hauteur de 164 % de son revenu, pour un endettement global, d'un océan à l'autre, de 1874 milliards $.

Avec La Presse Canadienne

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