Il y a un an coulait le Chaulk Determination

Le 26 décembre 2014 sombrait le Chaulk Determination... (François Gervais)

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Le 26 décembre 2014 sombrait le Chaulk Determination au quai numéro un du port de Trois-Rivières.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Le 26 décembre marquera le premier anniversaire du naufrage du remorqueur Chaulk Determination. L'épave, qui a fait couler beaucoup d'encre, et d'huile, allait alors reposer sa rouille sur le lit du fleuve Saint-Laurent.

Aujourd'hui, la carcasse du Chaulk pourrait se retrouver sur les tablettes de l'épicerie du coin. Petit retour sur la mort d'un rafiot qui aura coûté, en bout de piste, 3,7 millions $, et qui pourrait bien se répéter... au cours des hivers à venir.

Dès novembre 2014, l'Administration portuaire de Trois-Rivières (APTR), qui hébergeait le Chaulk au quai numéro un, s'inquiétait de l'état lamentable du remorqueur. L'APTR craignait le pire: que le bateau coule à pic, avec à son bord des milliers de litres d'un mélange douteux d'huiles et de toutes sortes d'hydrocarbures.

Malgré des avertissements lancés en écho à Pêches et Océans Canada, à Environnement Canada, à la Garde côtière canadienne ainsi qu'au propriétaire du navire, le 26 décembre, le pire arriva.

«Dès le début novembre, on avait parlé aux gens responsables pour les aviser qu'il [le Chaulk] allait couler et qu'il était laissé sans surveillance. Puisque le Chaulk n'était pas notre propriété, on ne pouvait pas agir, on n'avait pas les pouvoirs nécessaires. Malheureusement, le système n'a pas fonctionné», se rappelle le président-directeur général de l'APTR, Gaétan Boivin.

Par une nuit de froid intense, suivie d'une période de redoux, une canalisation céda, entraînant la coquille du Chaulk vers le fond. Aussitôt, la sonnette d'alarme que l'APTR actionnait depuis des semaines résonna aux plus hautes instances des services de surveillance maritime.

Trop peu, trop tard. Près de 10 tonnes d'hydrocarbures, des 22 tonnes qu'il contenait, se déversèrent dans la nature, fuyant par des lézardes béantes un peu partout dans la coque. De ce nombre, on assura que 9736 litres (environ 61 barils de pétrole) furent récupérés. Ce n'était là, cependant, que le début de la saga du Chaulk Determination.

Après une bonne dose d'inquiétude à la direction de l'APTR et maintes tentatives de renflouement, toutes sous la supervision de la Garde côtière canadienne, le Chaulk fut enfin extirpé de sa fâcheuse position le 21 février 2015. Facture totale: 3,7 millions $ pour le renflouement, et «des centaines de milliers de dollars» pour l'APTR. 

Le 14 août 2015, le Chaulk levait l'ancre jusqu'à son port ultime, soit le chantier Verreault Navigation aux Méchins, où sa coque et ses entrailles furent découpées en petits morceaux. Ironie du sort, ces gravats revenaient par la suite à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice pour être entreposés...au port de Trois-Rivières! «Ça va générer de l'activité au port», avait alors mentionné François Jacob, directeur des communications à l'APTR.

Aujourd'hui, cette saga est de l'histoire ancienne, car les 550 tonnes de métal du Chaulk ont finalement été vendues à une entreprise chinoise. C'est dire, selon Gaétan Boivin, qu'elles pourraient bien rentrer au pays «sous forme de cannes de conserve».

Leçons à retenir?

Pour Gaétan Boivin, les failles du «système» par où le Chaulk a passé avant de sombrer dans le fleuve Saint-Laurent sont encore aujourd'hui bien ouvertes. Selon lui, si quelqu'un doit tirer enseignement de cette mésaventure, ce n'est donc pas l'APTR.

«Les leçons qui doivent être tirées de ça, ce n'est pas nous qui devons les tirer, ce sont les organismes responsables. Et je ne sais pas quelle conclusion ils en ont fait. Évidemment, ils auraient dû agir, c'est clair. Mais, du moment où le navire a coulé, ils ont quand même pris les choses en main», reconnaît M. Boivin.

«Mais ils n'ont pas laissé le navire suffisamment propre et sécurisé», renchérit-il aussitôt. «Il nous a fallu reprendre les choses en main, obtenir un jugement de la cour pour pouvoir agir, terminer les travaux et se débarrasser du navire.»

Notons que du côté de la Garde côtière canadienne, le porte-parole officiel n'était pas en mesure de répondre à nos questions avant les vacances du temps des Fêtes.

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