Vigile pour Cédrika Provencher: «ça prend au coeur»

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Le grand-père de Cédrika, Henri Provencher, était très ému lors de la vigile organisée à la mémoire de sa petite-fille, samedi au parc Chapais, où plus de 150 personnes se sont recueillies à la lueur d'une chandelle.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Le vent glacial n'aura pas arrêté les 150 personnes qui se sont déplacées, samedi à 16h, dans le parc Chapais à Trois-Rivières, pour souligner la mémoire de la jeune Cédrika Provencher, disparue à un jet de pierre de là le 31 juillet 2007. «Vous avez le don de mettre un coeur en compote», a signalé le grand-père de Cédrika, Henri Provencher, avant de fondre en larmes.

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Le grand-père de Cédrika, Henri Provencher. 

Olivier Croteau

Citoyens et membres de la famille ont fait la file devant M. Provencher pour lui témoigner leurs condoléances et l'expression de leur sympathie. Tantôt portant une chandelle à la main, tantôt déposant des peluches au pied d'un lampadaire, une petite foule serrée faisait corps autour du grand-père qui, depuis 2007, n'a cessé de perpétuer le souvenir de sa petite-fille.

«Ça prend au coeur, ce n'est pas compliqué», a déclaré Henri Provencher en lien avec le vent de solidarité qui réchauffait le parc Chapais. «Je veux que ce soit la population qui s'exprime. Je fais juste être là pour gober. Je me sens comme un gobeur d'énergie», image M. Provencher, en formulant le souhait que les gens n'oublient jamais le nom de Cédrika Provencher, que ce soit par le biais des activités de la Fondation qu'il a fondée, voire via toute autre action citoyenne. «Pour l'instant, je viens me recueillir avec tout le monde», conclut-il, en ajoutant avoir «besoin de cette énergie-là».

Parmi la foule, le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, venu démontrer «sa solidarité envers la famille», l'ex-ministre de la Sécurité publique du Québec, Me Marc Bellemare, le réalisateur du documentaire en chantier sur la disparition de Cédrika Provencher, Stéphan Parent, ainsi que la conseillère municipale du district des Plateaux, Joan Lefebvre. Cette dernière se souvient très bien de ce 31 juillet 2007 et de l'onde de choc qui avait alors retenti dans tout le quartier. Huit ans plus tard, Mme Lefebvre ne comprend toujours pas comment un drame semblable a-t-il pu survenir à quelques rues de chez elle.

«C'est incompréhensible», laisse-t-elle tomber dans le froid. «Il y a huit ans, je revenais d'un voyage de pêche. J'ai ouvert la télévision et j'ai appris qu'un enfant était disparu dans le parc Chapais. Aussitôt j'ai enjambé mon vélo et je me suis dirigée directement ici [au parc Chapais]. Pour moi, c'était comme un cauchemar. Je me disais: ben voyons dont! Chez nous? C'est impossible...»

Depuis 2007, la Ville de Trois-Rivières a mis en branle plusieurs actions dans le district des Plateaux pour éviter, autant que faire se peut, que pareille tragédie ne se répète. Élagage d'arbres dans les parcs pour décupler la visibilité, installation de lampadaires supplémentaires, etc. Malgré tout, selon Mme Lefebvre, un sentiment d'insécurité a persisté longtemps dans ce coin de ville de prime abord sans histoire. «Les premières années [après 2007], c'était triste, terriblement triste de voir le parc sans animation, sans enfant. Même aujourd'hui, de voir des enfants venir jouer au parc, je ne sais pas si je serais capable de passer par-dessus ça.»

Pour l'organisatrice de l'activité de recueillement, Chantal Béland, impliquée bénévolement dans les recherches préliminaires en 2007, puis dans la Fondation Cédrika Provencher, cette vigile répondait à une promesse faite à Cédrika dans les premiers jours de sa disparition, celle de ne jamais l'oublier. «On est toujours là pour elle et on sera toujours là», mentionne-t-elle. Lorsqu'elle a appris que le crâne de la fillette avait été découvert, «ç'a été un choc. Je ne le réalise pas encore. On avait toujours espoir de la retrouver vivante, donc on dirait que... Je ne le réalise pas, pas du tout. C'est un peu pour ça qu'on a organisé cette vigile, pour réaliser un peu tout ce qui est en train de nous arriver. Je vois passer le train, mais je ne suis pas dans le train. C'est comme ça que je me sens aujourd'hui.»

«Si on peut juste le trouver et l'arrêter...», renchérit Mme Béland en parlant du meurtrier. «Je veux juste qu'il paye.»

La petite Cédrika étant partie prenante de la branche féminine des scouts, ils étaient nombreux les foulards noués, samedi, symbole de l'appartenance au groupe et de fraternité. Pour le père de famille et animateur scout Manuel Groleau, présent avec ses jeunes enfants, il importait de rappeler sa solidarité aux membres de la famille Provencher. «Il faut leur donner tout l'amour que l'on peut apporter, tout notre support, et leur dire qu'ils ne sont pas seuls. C'est pour ça que je suis ici», résume celui qui porte le grade de castor.

Intentions de prière à la basilique

Le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap a également souligné le souvenir de la fillette, samedi entre 18 h et 21 h. Plus de 700 bougies ont été allumées et déposées dans les marches menant à l'autel. Henri Provencher était du nombre des citoyens venus se recueillir au pied de la statue de Marie. Un portrait de Cédrika Provencher avait été installé en évidence, afin que les personnes présentes puissent déposer une intention de prière à la mémoire de la jeune Trifluvienne.

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