«Il n'y a pas de neige, alors go!»

Présent au parc Chapais lors de la vigile... (Olivier Croteau)

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Présent au parc Chapais lors de la vigile en mémoire de Cédrika Provencher, Me Marc Bellemare estime que la Sûreté du Québec devrait quadrupler ses effectifs sur le terrain durant la fin de semaine.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Présent à la vigile de samedi au parc Chapais, organisée dans l'espoir de perpétuer la mémoire de Cédrika Provencher, l'ancien ministre de la Justice du Québec, Me Marc Bellemare, y est allé d'une fronde directe contre le travail de la Sûreté du Québec sur le terrain.

Parmi les mots de solidarité qui résonnaient dans la froidure du parc Chapais, une voix s'est élevée au-dessus des autres pour dénoncer la décision de la Sûreté du Québec de réduire ses effectifs sur le terrain durant la fin de semaine, qui sont passés de plus de 200 policiers vendredi à une cinquantaine samedi et dimanche. Me Marc Bellemare s'est dit «très déçu» de la tournure des événements, appelant le corps policier provincial à mettre les bouchées doubles avant que la neige ne recouvre tout élément de preuve supplémentaire. «C'est inacceptable», laisse-t-il tomber sans ambages.

«Ça prend 200 policiers sur le terrain pour continuer à ratisser le pourtour de l'endroit où l'on a trouvé Cédrika. On nous dit, oui, que les policiers doivent se reposer, oui, peut-être, mais dans trois ou quatre jours il va y avoir un pied de neige. Ils se reposeront à ce moment-là. C'est comme ça que je vois ça», lance Me Bellemare, catégorique.

Ce dernier, qui travaille actuellement avec le réalisateur Stéphane Parent sur un documentaire relatant l'histoire de Cédrika Provencher, est convaincu que des éléments de preuve peuvent encore être trouvés aux abords de l'autouroute 40 en direction est, où le crâne de la fillette a été retrouvé le 11 décembre dernier.Si besoin est, renchérit l'ancien ministre, il faut élargir le périmètre des recherches.

«C'est possible qu'un peu plus loin, on trouve beaucoup de choses. Par exemple de l'autre côté de la 40. Ce n'est pas parce que le crâne est là qu'il y a une scène de crime nécessairement. Il a pu arriver là de bien des façons», croit Me Bellemare. D'où l'importance, à son avis, de redoubler d'ardeur et de ramener l'effectif policier sur le terrain, durant la fin de semaine, à son niveau de semaine, soit plus de 200 personnes. «Je pense qu'avec 200 policiers, on a quatre fois plus de chances de trouver quelque chose qu'avec 50.»

«Il faut travailler très fort autour de Saint-Maurice, autour de la sortie 210. Il y a beaucoup de végétation, il y a beaucoup de bois. Mais là on est dans une période de l'année où il fait clair, il n'y a pas de neige, alors go! Allons-y jour et nuit. Il faut être partout, autour de l'espace, quitte à y aller quelques kilomètres autour. Quatre mois de neige, de froid, de gel et de dégel, ça peut changer beaucoup les perspectives. Il y a peut-être des éléments de preuve qu'on a à portée de main. Mais il faut mettre du monde sur le terrain. Je le répète: j'étais content à 200 policiers, à 50 je suis un peu déçu.»

Par ailleurs, Marc Bellemare collige toujours des informations du public qui, laisse-t-il entendre, pourraient éclairer la lanterne des policiers. S'il avoue ne pas vouloir se substituer aux enquêteurs de la Sûreté du Québec, il croit tout de même que d'autres pistes que celle du propriétaire de la voiture rouge de marque Acura rouge pourraient être évaluées.

«Il y a des nouvelles personnes qui se manifestent. Encore cette semaine, on a eu beaucoup d'appels de gens qui nous parlaient d'un voisin suspect, d'un cousin suspect, de quelque chose qu'il avait vu mais dont il n'avait jamais parlé, croyant que ce n'était pas pertinent. Pour nous, ça peut l'être. Pour nous ça peut rejoindre d'autres choses qui ont été dites par d'autres personnes avant. On travaille là-dessus, le plus possible de concert avec les policiers», signale Me Bellemare, qui se considère comme une porte d'entrée, parmi d'autres, par où les témoins peuvent s'exprimer.

Notons que le documentaire sur Cédrika Provencher pourrait sortir à l'écran à la fin de l'année 2016. «Pour l'instant, on a décidé de mettre ça sur la glace en attendant de voir les développements avec la Sûreté du Québec, voir s'il y aura une arrestation», affirme le réalisateur Stéphane Parent, avant de braquer le puissant projecteur de sa caméra sur les citoyens réunis au parc Chapais.

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