Un premier Noël en blanc pour des nouveaux arrivants

Les enfants des familles d'ici et d'ailleurs n'ont... (Olivier Croteau)

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Les enfants des familles d'ici et d'ailleurs n'ont pas manqué d'offrir un accueil chaleureux au père Noël venu les visiter dans le cadre du Noël en blanc organisé par le SANA de Trois-Rivières.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Alors que la cité de Laviolette s'apprête à recevoir quelque 70 réfugiés syriens au cours des prochaines semaines, le sous-sol de l'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses avait des airs de multiculturalisme canadien, samedi. Plus de 140 enfants et leurs parents, en provenance des quatre coins du monde, dont le Québec, s'étaient donnés rendez-vous pour le traditionnel Noël en blanc organisé par le Service d'accueil des nouveaux arrivants (SANA) de Trois-Rivières.

Si ce Noël n'avait de blanc que le nom, les sourires affichés dans le visage des enfants ne manquaient pas de rappeler l'esprit festif du temps des Fêtes. Qu'importe la langue pratiquée à la maison, les petits ont démontré aux plus grands que le jeu et l'harmonie étaient universels et se passaient bien de traducteur. Pour le directeur général du SANA de Trois-Rivières, Ivan Alonso Suaza, cette activité de réseautage représente davantage qu'une simple fête de Noël. C'est là l'occasion de réunir sous un même toit la riche diversité culturelle trifluvienne, mais également de favoriser le mariage des cultures qui, à l'heure de la mondialisation, se nourrissent les unes des autres. «Notre objectif c'est de permettre l'échange entre les parents et les gens d'ici», note d'entrée de jeu M. Alonso Suaza.

Certes, la situation qui prévaut actuellement en Syrie était sur toutes les lèvres. Cependant, le directeur général du SANA souligne à grands traits qu'en attendant les premiers Syriens, d'autres nouveaux arrivants enracinent leur avenir à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice. Au cours des trois dernières semaines, une quarantaine d'entre eux se sont installés ici avec leur famille.

Cette année, le SANA de Trois-Rivières a pu bénéficier d'une bonne poignée de bénévoles pour coordonner son Noël en blanc. En effet, ils ont été nombreux les citoyens à répondre par la positive à l'appel de l'organisme pour aider les futurs réfugiés syriens à s'intégrer à leur terre d'accueil. «Pourquoi attendre les réfugiés syriens, alors qu'on a déjà des gens qui sont ici et qui sont prêts à recevoir des services?», leur a lancé M. Alonso Suaza

Boumediene Zouaoui, lui, n'a pas hésité à donner de son temps, non seulement dans le cadre de l'activité de samedi, mais éventuellement pour faciliter l'intégration des réfugiés syriens. Algérien d'origine, ce père de famille, débarqué en Mauricie en juillet 2007, parle couramment français, anglais et arabe. Une troisième langue, entre autres qualités, qui lui a permis de se faire embaucher par le SANA comme traducteur. Même s'il n'a pas lui-même traîné la valise du réfugié, M. Zouaoui connaît la réalité de l'immigration et son incontournable déracinement. Une connaissance, estime-t-il, qui lui permettra d'aller au-delà du simple rôle de traducteur pour jouer celui du parrain et, qui sait, de l'ami.

«Quand je suis arrivé à Trois-Rivières, je ne connaissais personne. Vraiment personne. Le SANA m'a accueilli. Il était donc de mon devoir de rendre l'ascenseur», note M. Zouaoui, pour qui le travail d'interprète n'est pas «juste une job», mais une «mission».

«Moi, je ne suis pas arrivé ici comme réfugié, mais comme travailleur qualifié. D'une façon ou d'une autre, on est cependant pareil: on est déraciné, on est loin de chez nous, on n'a pas les mêmes repères. Donc, d'une certaine façon, je peux comprendre ce qu'ils vont vivre, même si ce n'est pas vraiment la même chose. Lorsque tu arrives ici, en laissant la souffrance derrière, tu renais. C'est ce sentiment de sécurité que je veux apporter aux Syriens qui l'ont perdu. Ils ont tout perdu, mais tout se récupère, sauf le sentiment de sécurité.»

Les enfants, eux, étaient visiblement en sécurité dans le sous-sol de l'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, qu'ils proviennent de Colombie, du Congo, du Cameroun, de Côte d'Ivoire, du Rwanda, d'Irak, d'Algérie, du Maroc, de France ou du Mexique. C'était immanquable, samedi, leurs yeux sont devenus ronds comme des dollars canadiens lorsque le père Noël, le vrai, est monté sur scène pour procéder à la distribution des cadeaux. Et que la neige tombe ou non à l'extérieur n'y aurait pas changé grand-chose.

Premiers réfugiés syriens

S'il estime que les premiers réfugiés syriens ne débarqueront pas à bon port avant Noël, M. Alonso Suaza se dit équipé pour les recevoir n'importe quand. «Nous sommes prêts», laisse-t-il tomber en sortant un téléphone cellulaire de sa poche. Même si aucune date n'est inscrite à l'agenda du SANA, la situation très instable sur le terrain, en Syrie, pourrait faire évoluer les choses rapidement.

«On ne sait pas exactement quand ils arriveront. On sait qu'ils n'arriveront pas au mois de décembre, c'est certain. Mais on ne sait jamais. Parfois il y a des urgences dans les camps de réfugiés, des camps qui se font attaquer. Alors il faut évacuer les gens et on cherche les villes qui pourraient en accueillir rapidement. Alors on se tient prêt. J'appelle mon équipe et tout le monde rentre au travail. On est toujours prêt», répète M. Alonso Suaza.

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