Les réfugiés syriens arriveront à Trois-Rivières après les Fêtes

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Des réfugiés syriens sont arrivés à Toronto et à Montréal au cours des derniers jours. Pour sa part, Trois-Rivières accueillera quelque 70 réfugiés syriens au début de janvier.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est au début de janvier qu'arriveront les quelque 70 réfugiés syriens attendus à Trois-Rivières, a indiqué le directeur du Service d'accueil des nouveaux arrivants (SANA), Ivan Suaza, qui tenait une rencontre au Collège Laflèche, mardi, avec 34 citoyens désireux d'être jumelés avec les nouveaux venus.

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Claire Charbonneau, Gérald O'Shaunessy et le député François-Philippe Champagne assistaient à la rencontre.

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Finissante au Cégep, Jessy Deshaies veut s'impliquer.

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Mais les Syriens ne seront pas les seuls réfugiés à avoir besoin du soutien des gens de la Mauricie. Depuis 2 ou 3 semaines, des réfugiés d'Haïti, du Congo et de Colombie sont aussi arrivés en sol trifluvien. À l'exception des Colombiens qui arrivent de l'Équateur où ils se sont réfugiés temporairement, les autres proviennent tous de camps de réfugiés.

Au total, 43 citoyens de Trois-Rivières ont manifesté leur intérêt d'être jumelés avec ces réfugiés. M. Suaza prévoit donc la tenue d'autres rencontres d'information prochainement comme celle de mardi.

Le jumelage n'est pas comme le parrainage, dit-il. Le SANA ne s'implique d'ailleurs pas dans le parrainage.

La différence entre parrainage et jumelage, c'est que le parrainage comporte un engagement financier. Le jumelage, c'est un don en temps et en énergie auprès de ces immigrants qui doivent recommencer leur vie à zéro.

Être jumelé «implique de donner du temps, soit 2 à 5 heures par semaine. Ça implique de la tolérance, de la patience. Ça implique qu'il faille gérer la différence culturelle. Si l'on peut donner plus de cinq heures, c'est bien apprécié», ajoute M. Suaza.

Il n'est pas nécessaire de parler arabe pour être jumelé avec des familles syriennes. «L'idée du jumelage, c'est justement d'emmener les familles qui arrivent à parler français», dit-il.

Claire Charbonneau, une comptable retraitée, veut justement s'offrir pour donner des cours de français ou d'anglais à quelques nouveaux arrivants. «J'ai toujours rêvé d'être institutrice», confie-t-elle. Elle s'est impliquée dans le passé auprès d'immigrants cubains.

Mme Charbonneau est même prête à leur enseigner la confection d'un budget familial. «Ça me touche beaucoup», dit-elle. «Je pense à ces 300 000 personnes qui sortent de Syrie et qui vont dans des pays qu'ils ne connaissent pas du tout, où la langue est différente. Je sais qu'ils ne sont pas démunis d'instruction. Ce sont des gens qui vivaient comme nous on vit ici», fait-elle valoir.

Jacynthe Bouvet est prête à donner plusieurs heures par semaine, elle aussi. Si elle s'implique, «c'est beaucoup par curiosité», dit-elle. Elle espère que des interprètes lui permettront de communiquer avec les Syriens. Elle s'attend à les accompagner dans toutes les démarches qui doivent être faites quand on arrive dans un nouveau pays d'adoption, comme ouvrir un compte de banque, obtenir sa carte d'assurance santé ou prendre un logement.

Beaucoup de bénévoles sont des retraités. C'est le cas de Gérald O'Shaughnessy qui venait s'informer, mardi, des implications d'un jumelage avec des réfugiés, bien qu'il ait déjà oeuvré au SANA. Ce sont surtout les réfugiés syriens qui l'attirent. «J'ai fait plusieurs voyages dans ce coin-là», dit-il. Il aimerait suivre une famille pendant une année et donner une quinzaine d'heures par semaine, peu importe le type de bénévolat dont elle aurait besoin.

Johanne Lafrenière, de son côté, est prête à donner environ six heures par semaine, surtout les week-ends, parce qu'elle travaille. Elle n'a pas hésité à donner son nom quand elle a su que des réfugiés s'en venaient ici. Elle veut créer des liens d'amitié et apporter un peu de paix aux réfugiés, un peu découragée de voir l'islamophobie qui a émergé au Québec.

Jessy Deshaies commence ses études à l'Université en août prochain. Même si elle a un travail en attendant, elle veut offrir du temps pour aider les réfugiés à s'y retrouver dans leur nouveau milieu de vie. «J'aime beaucoup les autres cultures. J'ai beaucoup travaillé avec des arabes dans un restaurant et mon chum est Africain», dit-elle.

Le député fédéral de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, était présent à la rencontre. Il a remercié les bénévoles pour leur implication. «On a réussi à transformer ce projet-là en projet de société», dit-il. Il a rappelé que John McCallum, le ministre de l'Immigration disait qu'on «a tellement de demandes des Villes, au Canada, qu'on n'a pas assez de réfugiés.»

«Il y a eu des craintes sur l'échéancier. On a écouté les gens et je pense qu'on le fait de la bonne façon. Il y a un avion qui est arrivé à Toronto, un à Montréal et il y a des gens qui vont arriver chez nous au début de l'année», dit-il. M. Champagne a rappelé que la Mauricie compte 260 000 citoyens et peut «montrer l'exemple qu'on est une société accueillante», dit-il. Ce dernier se dit certain que la Mauricie a les personnes, les ressources et la volonté pour arriver à bien réussir cet accueil.

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