Des budgets municipaux sous le sapin

La Ville de Trois-Rivières déposera son budget 2016... (Sylvain Mayer)

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La Ville de Trois-Rivières déposera son budget 2016 lundi, lors d'une séance extraordinaire du conseil qui se tiendra à la salle publique de l'hôtel de ville à 17 h. Cette rencontre sera suivie d'une séance courante du conseil de ville à 19 h 30.

Sylvain Mayer

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(Trois-Rivières) Certains seront appelés à se «serrer la ceinture», d'autres seront «contents», d'autres encore devront «faire les choses différemment».

Tous, cependant, verront leur compte de taxes augmenter. Les deux prochaines semaines s'annoncent chargées pour les villes et municipalités de la région, alors que six d'entre elles déposeront leur budget pour l'année à venir. Gare aux dépenses du temps des Fêtes, la bouchée du lendemain de veille pourrait être difficile à avaler.

Du moins, cette mise en garde ne semble pas s'appliquer à Trois-Rivières. Même si le maire Yves Lévesque ne veut pas confirmer ou infirmer le niveau d'augmentation des taxes municipales en 2016, ce dernier ne devrait pas dépasser 2 %.

Malgré les nombreux projets de développement qui s'activent dans la cité de Laviolette, de l'Amphithéâtre Cogeco (facture globale évaluée à 70 millions $) au projet de colisée, sis au District 55 (évalué à 56 millions $), les Trifluviens ne devraient pas voir leur compte de taxes gonfler de façon boulimique. Le maire Lévesque assure que lors du dépôt du budget 2016, ce lundi, «les gens vont être contents».

À Shawinigan, il n'est pas dit que les citoyens reprendront en écho la joie des contribuables trifluviens. Avare de commentaire, l'administration municipale prévient que tous seront appelés à «se serrer la ceinture». Le porte-parole de la Ville, François Saint-Onge, estime que la rédaction du budget 2016, qui sera également rendu public le 14 décembre, a été réalisée avec «rigueur».

«Ça va très bien», laisse tomber simplement M. Saint-Onge, en préparant cependant les citoyens à un exercice serré. «C'est écrit dans le ciel. Quand on a fait notre rencontre citoyenne sur les finances publiques, c'est le message qui a été livré par Monsieur le maire. On a montré exactement comment était le budget de la Ville de Shawinigan. C'est une présentation qui est disponible sur Internet.»

Rappelons qu'en novembre dernier, le maire Michel Angers prévoyait dégager un surplus de 628 000 $ au fil d'arrivée de l'actuel exercice financier, une prévision prudente basée sur les états financiers de la Ville en date du 30 septembre. Prudente, car par les années passées, rares ont été les prévisions budgétaires à Shawinigan qui se sont finalement avérées.

Par exemple, en 2013, la Ville estimait terminer l'année avec un surplus de 1,072 million $, alors que le coussin s'est plutôt avéré de 381 500 $. En 2010, ce trop-plein était évalué à 400 000 $, alors que dans les faits il avait été de 3,264 millions $. Exception à la règle, en 2014, moins de 2000 $ séparaient les prévisions de la réalité.

«Oui, ce sont des exercices qui sont très serrés et qui doivent se faire avec beaucoup de rigueur. C'est serré, on se sert la ceinture, pas rien qu'en 2016. Les municipalités font des exercices très serrés depuis plusieurs années. Le budget municipal n'a pas évolué énormément au cours des dernières années», formule M. Saint-Onge, sans s'avancer sur la reconduction, ou non, du gel de salaire des élus municipaux shawiniganais.

Mercredi, ce sera au tour de Louiseville et de La Tuque à déposer leur budget 2016. Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, insiste: les derniers chiffres ne sont pas encore coulés dans le béton. «Mais ça s'enligne très bien», note-t-il. Chose certaine, pas de baisse de taxes sur la ligne d'horizon. «Une baisse, oubliez ça. Avec moi, des baisses, il n'y en aura pas. Un gel j'aimerais bien ça, mais il y a encore des points que nous n'avons pas terminés.»

En novembre, M. Deshaies se croisait les doigts pour terminer la présente année avec un surplus variant de 200 000 $ à 300 000 $. Un montant qui permettrait, entre autres, de réaliser le projet de parc pouvant accueillir les planches à roulettes, un projet qui s'empoussière sur la table du conseil depuis plus de quinze ans. «On travaille ça», conclut M. Deshaies.

À La Tuque, le maire Normand Beaudoin ne digère toujours pas le nouveau pacte fiscal du gouvernement du Québec qui, encore cette année, le privera de plus d'un million $. Sur une enveloppe totale de 27 millions $, ce manque à gagner risque de se faire sentir à nouveau sur le budget 2016, un exercice «long et fastidieux». M. Beaudoin ne cache pas que son administration devra «faire les choses différemment» si elle ne veut pas réduire la qualité des services aux citoyens, voire étouffer ces derniers avec une augmentation de taxes importante.

«Ici, depuis l'année passée, il nous manque 1,3 million $ sur un budget de 27 millions $. C'est énorme! On nous a coupé l'année passée, et cette année il [le gouvernement] m'a encore coupé. Alors là, je ne sais plus où aller. Je marche sur le fer comme on dit.»

Dans son analyse préliminaire, La Tuque prévoyait un mince surplus de 10 000 $ dans la colonne de son budget de fonctionnement. Rien, en somme, pour sabrer le champagne. À l'hiver, pour économiser des bouts de chandelle, la Ville ne ramassera plus la neige dans les rues et la soufflera plutôt sur les terrains.

«Ce sont des changements dans la façon de faire, mais on va essayer de ne pas couper les services», informe le premier magistrat. «On a su couper à des endroits qui sont moins stratégiques.»

Enfin, sur la rive sud du pont Laviolette, à Nicolet, qui paraphera son budget 2016 ce lundi, et à Bécancour, qui terminera le bal le 21 décembre, on pointe du doigt le nouveau rôle d'évaluation pour expliquer les changements envisagés sur le compte de taxes des citoyens.

Le maire de Nicolet, André Drouin, explique à l'avance qu'une forte disparité teintera les différents comptes de taxes. Entre les résidences tenant pignon sur rue dans une zone prisée et celles dont l'adresse civique est située dans un secteur moins en demande, ce pourrait être le jour et la nuit.

«On a demandé à notre monde de faire en sorte que la facture moyenne ne soit pas plus élevée que 2 %», précise M. Drouin. Là où il y a «un hic», renchérit le maire, c'est qu'en 2016, Nicolet devra faire avec «des écarts importants dans l'évaluation foncière». À certains endroits, note le maire, la valeur des résidences a bondi de 40 %.

Enfin, à Bécancour, «ça été une très grosse semaine», avoue le maire Jean-Guy Dubois. «Il n'y a rien d'attaché encore», note-t-il. «Je ne suis pas prêt à dire qu'il y a un grand optimisme. Il y a plus d'espoir que d'optimisme.»

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