Toujours pas de neige à l'horizon

À la station de ski Vallée du Parc,... (Sylvain Mayer)

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À la station de ski Vallée du Parc, les canons à neige fonctionnent à plein régime afin de blanchir les pistes à temps pour l'ouverture officielle du 20 décembre.

Sylvain Mayer

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(Trois-Rivières) Si à chaque bordée de neige les villes et municipalités doivent mettre la main dans leur poche pour amortir les frais de déneigement, l'absence de neige coûte également des milliers de dollars, cette fois aux centres d'activités hivernales. À la Station plein air Val-Mauricie, les coffres sonnent creux chaque fois que le thermomètre oscille au-dessus du point de congélation. Une situation qui, selon Environnement Canada, pourrait perdurer encore une semaine, voire jusqu'à la fin de l'année.

Dans la boule de cristal du météorologue André Cantin, la morne plaine ne pourrait devenir blanche sous un ciel gris que le 18 ou le 19 décembre prochain. Rien, cependant, pour recouvrir le sol d'un durable manteau blanc, rien pour chausser skis ou raquettes. «D'ici Noël, les probabilités d'avoir de la neige ne sont pas très élevées», remarque-t-il.

Si la tendance se maintient, le mois de décembre mauricien sera l'un des plus chauds enregistrés depuis belle lurette, précisément 5 ou 6 degrés Celsius au-dessus de la moyenne. «C'est très doux, autant le jour que la nuit», note le météorologue. À plus long terme, dame Nature pourrait se montrer bienveillante avec les amateurs de sports d'hiver, mais seulement entre Noël et le jour de l'An, où une poussée d'air froid en provenance des côtes traversera la région et, avec elle, les dollars tant attendus.

Une manne que la directrice générale de la Station plein air Val-Mauricie n'attend plus. «On a fait notre deuil d'ouvrir la Station entre Noël et le jour de l'An», laisse tomber Marie-Louise Tardif. Par les années passées, le centre de glisse recevait, en début de saison, entre 150 et 200 camions de neige issus de la première bordée, ce qui lui permettait, au minimum, d'ériger des remblais entre les corridors de glissade sur tube. Cette année, de nouvelles règles municipales l'en empêchent. Une première depuis un quart de siècle, indique Mme Tardif. En effet, il faudrait que le centre affiche un permis de dépotoir à neige pour accueillir les camions à benne, c'est-à-dire disposer d'une surface en béton ou en asphalte afin d'être en mesure de récupérer les eaux de fonte.

Qui plus est, avec la dernière mouture réglementaire concernant l'utilisation de l'eau potable, la Station ne peut plus faire actionner ses canons à neige. Résultat: les 75 mètres de dénivellation de la montagne, les six pistes de ski alpin, les 15 kilomètres de sentier de ski de fond et les 12 kilomètres de raquette ne seront guère blancs avant longtemps. «Pour nous, la rivière est beaucoup trop loin. Ça prendrait des pompes et des pompes, d'autant plus que notre chalet est en haut de la pente. Monter la neige, c'est impossible.» Trois «grosses tempêtes» sont nécessaires pour que la Station puisse ouvrir ses portes.

À contrecoeur, la Station plein air a donc décidé de reporter ses cours de ski à la troisième semaine de janvier. Si tout va pour le mieux, les autres activités débuteront avant le mois de janvier. Autant de retard qui entraîne des pertes financières importantes, «quelques milliers de dollars par jour». Cela sans compter la grève du zèle des professeurs qui a réduit comme peau de chagrin le nombre de groupes scolaires sur la montagne. Cerise sur le gâteau: les laissez-passer ne trouvent pas preneur. «Ça ne se vend pas du tout, pas du tout», se désole Mme Tardif.

Les motoneigistes également attendent avec une ardente patience que les 2000 kilomètres de sentiers se recouvrent d'un épais tapis blanc. Au Club de Motoneige de la Mauricie, on assure être bien en selle... depuis longtemps. Les commanditaires sont trouvés, la signalisation est installée, les arbres sont bûchés, les ponceaux sont fixés, les moteurs sont huilés, il ne manque plus que la neige. «Nos membres commencent à être impatients, ils commencent à avoir hâte de sortir leur machine», assure le secrétaire du Club, Yves Boucher.

Quelques arpents de neige

À Vallée du Parc, on aurait, certes, préféré que la neige tombe en abondance. Cependant, la station de ski n'est pas complètement à la remorque de dame Nature. Grâce à de puissants canons à neige, la piste familiale est déjà blanche. La directrice générale adjointe, Annie Brousseau, garde le cap: la préouverture (destinée aux membres) aura bel et bien lieu le 19 décembre, l'ouverture officielle le lendemain, «sous toute réserve si la température le permet».

«C'est sûr que ce n'est pas idéal [l'absence de neige], mais ce n'est pas la catastrophe non plus», indique Mme Brousseau. «Pour nous, on parle d'une semaine de retard. Il y aura peut-être moins de pentes à l'ouverture, mais ce n'est pas la grosse catastrophe.» Canons à neige obligent, à Vallée-du-Parc, c'est le froid qu'on appelle de ses voeux. «Même pas de neige, on est capable d'ouvrir le centre de ski s'il fait froid.»

Malgré les prévisions d'hiver plutôt automnales d'Environnement Canada, le parc national de la Mauricie a lancé vendredi sa saison hivernale. Dès lors, les sentiers de randonnée des secteurs Saint-Gérard et Saint-Jean-des-Piles sont accessibles et le pavillon de services de la Rivière-à-la-Pêche est chauffé de 8 h à 18 h. Malgré cette bonne volonté de Parcs Canada, force est d'admettre que le réseau de 80 kilomètres devra prendre son mal en patience avant d'accueillir les premiers skieurs de fond. Pour l'heure, paraphrasant Guy de Maupassant, l'hiver tarde à s'abattre sur toute floraison.

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