La commission Charbonneau sur la sellette

Les relations entre le commissaire Renaud Lachance et... (La Presse)

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Les relations entre le commissaire Renaud Lachance et la présidente France Charbonneau étaient visiblement tendues, à la lueur des courriels obtenus par l'émission Enquête.

La Presse

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(Québec) Les commissaires France Charbonneau et Renaud Lachance doivent venir s'expliquer sur les conclusions de leur rapport devant les parlementaires, demande le Parti québécois (PQ).

Des extraits de courriels révélés par Radio-Canada qui exposent les tensions entre les deux commissaires commandent que les députés obtiennent des réponses à leurs questions, estime le leader parlementaire de l'opposition officielle, Bernard Drainville. 

Il a fait parvenir jeudi une demande au président de la Commission des institutions pour convoquer Mme Charbonneau et M. Lachance à l'Assemblée nationale. 

Le député péquiste se dit «déçu et dégoûté» par le contenu des courriels et d'un rapport préliminaire annoté. Il croit que M. Lachance doit expliquer pourquoi il a cherché à «atténuer» les conclusions à l'endroit de grosses gommes du Parti libéral du Québec (PLQ), dont Jean Charest et Marc Bibeau. Il évoque la possibilité que des «pressions» aient été faites sur les travaux de la commission. Il se demande si les 45 millions $ dépensés pour l'enquête ont servi à «blanchir» le PLQ. 

«Les libéraux n'ont aucune raison de s'opposer à une commission parlementaire s'ils n'ont pas peur de la vérité», a affirmé M. Drainville au Soleil. 

La Commission des institutions, où les députés libéraux sont majoritaires, décidera du sort de la demande de M. Drainville, indique Charles Robert, directeur adjoint au bureau du premier ministre. Mais, du côté gouvernemental, on juge que le PQ propose que les politiciens interviennent dans des travaux menés de façon indépendante. 

«Le PQ se moque des institutions de l'Assemblée nationale, affirme M. Robert. Ils ont remis en cause l'intégrité du jurisconsulte, du vérificateur général, du commissaire à l'éthique... Là, on cherche à utiliser la Commission des institutions pour refaire les travaux de la commission Charbonneau.»

Échange de courriels

L'échange de courriels rendu public montre que la juge a cherché en vain à trouver un terrain d'entente pour éviter que son collègue n'inscrive sa dissidence dans le rapport final. «Il y a bientôt un mois que tu as décidé de m'ignorer», a écrit Mme Charbonneau à M. Lachance. «Pourtant, je te rappelle que notre devoir va au-delà de nos différends.» La juge craignait que leur désaccord éclipse le contenu du rapport dans les médias et la population. 

La réponse de M. Lachance invite Mme Charbonneau à se «regarder le nombril avant de faire la morale aux autres». 

Selon Radio-Canada, la version préliminaire du rapport annotée par M. Lachance montre qu'il amoindrit les critiques envers les partis politiques, surtout pour le PLQ. Ainsi, il refusait que Marc Bibeau soit identifié comme responsable du financement politique, malgré plusieurs témoignages en ce sens. Il aurait rayé sans raison le nom de l'ex-premier ministre Jean Charest dans un passage et voulait retrancher cinq pages au sujet de l'ex-ministre Nathalie Normandeau qui ne concernait «pas le mandat de la commission». 

L'ex-vérificateur général ne voulait pas non plus qualifier «d'inappropriée» la rencontre de l'ex-ministre Line Beauchamp pendant une campagne électorale avec des dirigeants de firmes de génie et de construction. «Ridicule, a noté M. Lachance. Il ne faut avoir rien vécu dans sa vie pour écrire ceci.»

Québec solidaire appuie la demande du PQ de convoquer les commissaires devant les députés, même si le résultat est incertain, indique le député Amir Khadir. À son avis, la dissidence de M. Lachance est déjà «fortement discréditée». «Il n'y a plus de temps et d'énergie à perdre, estime M. Khadir. Est-ce que c'est en voyant M. Lachance s'enfoncer davantage dans ses explications qu'on va régler quelque chose?» L'attention doit être mise sur les conclusions de la juge Charbonneau, croit M. Khadir. Le PLQ et le PQ doivent admettre leurs erreurs et rembourser les sommes mal acquises, ajoute-t-il. 

La Coalition avenir Québec doit réagir aujourd'hui aux révélations de l'émission Enquête.  

Plus tôt en avant-midi, le bureau du premier ministre Philippe Couillard a taxé les péquistes de verser dans la «fabulation» et la «malhonnêteté intellectuelle» en laissant sous-entendre qu'il y a pu avoir une intervention politique auprès de la commission d'enquête.

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