Vague de générosité à l'école des Chutes

Nancy Leclerc et sa fille Mélissa Cossette ont... (François Gervais)

Agrandir

Nancy Leclerc et sa fille Mélissa Cossette ont tout perdu dans l'incendie qui a ravagé leur logement de Shawinigan dans la nuit du 2 au 3 décembre.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Shawinigan) Nancy Leclerc a tout perdu à la suite de l'incendie qui, dans la nuit du 2 au 3 décembre, a ravagé l'immeuble où elle logeait avec ses deux enfants. Meubles, vêtements, souvenirs, tout s'est envolé en fumée. «Je n'ai plus rien», laisse-t-elle tomber. Sans assurance habitation, la Shawiniganaise se retrouve quasiment à la rue, quelques jours avant Noël. Comme un baume sur cette plaie encore ouverte, la direction de l'école secondaire des Chutes, fréquentée par sa fille Mélissa, a mis en branle une collecte qui porte déjà ses fruits.

Marie Girard, secrétaire à l'école secondaire des Chutes,... (Sylvain Mayer) - image 1.0

Agrandir

Marie Girard, secrétaire à l'école secondaire des Chutes, et le directeur René Perron, recueillent les donc des citoyens qui viennent en aide aux quatre élèves sinistrés à la suite de deux incendies. Absent de la photo, Luc Bourassa, responsable du site Internet de l'école.

Sylvain Mayer

Mme Leclerc avoue que depuis mercredi dernier, «il y a des hauts et il y a des bas. Parfois j'ai des montées d'émotion, mais ça a bien», indique-t-elle. Au cours des quatre derniers jours, elle assure avoir parcouru plus de 300 kilomètres dans les rues de Shawinigan pour se trouver in extremis un nouveau logement. Depuis l'incendie, elle habite chez un ami, dont elle salue la générosité, mais avoue que cette situation ne pourra guère perdurer bien longtemps. Si elle mentionne que les cadeaux matériels ont afflué depuis l'incendie, tant de la part de l'école des Chutes que d'amis et de proches, elle précise du même souffle manquer cruellement de nourriture.

«J'ai reçu beaucoup d'objets. Je vais avoir un poêle, un frigidaire. Mais en ce moment, ce dont j'ai le plus besoin, c'est de la nourriture», signale celle qui bénéficie de l'aide de dernier recours du gouvernement.

À l'école des Chutes, les dons ont commencé à s'accumuler aussitôt que l'appel à la solidarité a été publié sur les réseaux sociaux. «Sur le coup je n'en revenais pas», souligne Mme Leclerc, qui dit être en contact constant avec le directeur de l'école, René Perron. «Le lendemain de l'incendie, quand j'ai appelé à l'école pour motiver l'absence de ma fille, la secrétaire cherchait déjà c'était qui l'élève dans l'école qui était sinistré. Elle m'a tout de suite passéM. Perron et c'est là que tout s'est enclenché.»

L'équipe de l'école a aussitôt lancé sa démarche sur le compte Facebook de l'institution. Les parents ont été avisés via le portail interne. Depuis cet appel logé au plus grand nombre, les dons n'en finissent plus, d'autant plus que les médias se sont mis de la partie. Mme Leclerc ne cache pas que cette vague de solidarité lui va droit au coeur. «Cet après-midi [lundi] j'étais en voiture et j'ai entendu deux fois l'annonce de l'école à la radio. Les deux fois je suis éclatée en sanglots.»

L'école sert de guide aux familles dont le logis a été incendié, que ce soit pour les diriger vers les différents organismes d'aide, pour faciliter leur recherche d'un nouveau logement, etc. «M. Perron m'a très bien accueilli. Il m'a même dit que si j'avais trop faim, il me ferait une carte pour la cafétéria.»

«On a reçu des manteaux, des souliers, des espadrilles, des bottes», énumère le directeur. «Des gens ont aussi donné des vêtements pour les parents. Ce matin [lundi], un monsieur qui n'a pas d'enfant à notre école est venu porter des vêtements. Des gens apportent aussi des denrées, de l'argent. C'est extraordinaire de voir la générosité des gens», note-t-il. Une noblesse de coeur d'autant plus appréciée que trois autres élèves de l'école des Chutes, originaires de Saint-Paulin, ont également encaissé les ravages d'un incendie jeudi dernier, alors qu'ilsse trouvaient chez leur mère à Louiseville.

«J'ai parlé aux familles touchées par les incendies», poursuit le directeur. «Ces personnes sont touchées par la générosité des gens. La solidarité, ça ne change pas. La réponse a été spontanée. La solidarité s'installe chaque fois. Les gens sont très sensibles à ça. On pense souvent que les gens sont devenus plus individualistes, mais c'est faux. Des histoires comme celles-là, ça touche les gens. Et beaucoup de gens critiquent les réseaux sociaux, mais ça a aussi cette utilité!»

Les vêtements sont appréciés, mais l'école est aussi à la recherche de meubles, d'électroménagers, de produits hygiéniques. L'école continue d'être un point de chute pour les vêtements et la nourriture non périssable qui sont reçus durant les heures d'ouverture, soit de 8 h à 16 h. Pour ce qui est des meubles, électroménagers, vaisselle et autres équipements de maison, les gens qui veulent aider à ce chapitre doivent communiquer avec l'école (819 539-2285 poste 3500) et celle-ci prendra des arrangements avec eux pour recevoir ces précieux biens.

Mme Leclerc, elle, ne souhaite qu'une seule chose: le repos, bien au chaud dans un nouveau chez-soi. «Tout ce que je veux c'est enfin me reposer parce que je suis très fatiguée.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer