En attendant la neige...

En attendant que le froid et la neige... (Sylvain Mayer, archives)

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En attendant que le froid et la neige s'installent définitivement sur la région, les incorruptibles de sports d'hiver peuvent rêver en regardant cette photo d'archives, prise en mars dernier au Domaine de la forêt perdue.

Sylvain Mayer, archives

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(Trois-Rivières) «Ah! comme la neige a neigé», écrit le poète Émile Nelligan dans son poème Soir d'hiver. Pourtant, lorsqu'on regarde par la fenêtre, rien ne semble aussi faux. Aucun givre à l'horizon, aucun étang ne gît gelé. À deux semaines des longues vacances de Noël, alors que Dame Nature frôle rarement la barre du zéro degré Celsius, les centres de glisse et autres lieux de loisirs hivernaux en plein air commencent à se croiser les doigts pour que le mois de décembre se recouvre enfin de son manteau blanc. À pareille date, l'an passé, le mercure descendait sous les -20 degrés Celsius.

Si tous les appellent de leurs voeux, la neige et le froid, tous demeurent philosophes: encore cette année, l'hiver finira bien par pointer le bout de son nez de glace. Au Domaine de la forêt perdue de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, on espère tout de même que les nuits seront plus froides qu'actuellement afin que la glace durcisse à temps pour l'activité-bénéfice du 12 décembre. Pour l'heure, à peine une mince vitre recouvre les 12 kilomètres de sentier, entretenus par une surfaceuse, et sur lesquels près de 30 000 personnes chausseront leurs patins au cours de la saison. Une mince couche qui résiste avec peine aux températures clémentes qui sévissent le jour. Le propriétaire, Jean-Pierre Binette, se «croise les doigts», mais il avoue que «Dame Nature fait bien ce qu'elle veut».

«C'est certain que la température est plus chaude qu'à l'habitude. Disons que Dame Nature, d'ordinaire, fait bien son travail. Mais c'est bien embêtant, car on est toujours dans l'attente du froid», note-t-il. Généralement, les chemins du Domaine de la forêt perdue accueillent les patineurs dès le samedi suivant le 1er décembre. «Cette année, ça n'annonce pas vraiment ça. On n'a pas le contrôle sur Dame Nature. On espère que d'ici le 12 décembre, les gens pourront faire des activités en patins et non en bottines.»

«C'est certain que ça nous donne un certain stress», renchérit M. Binette. «On espère que les nuits descendront en dessous de zéro pour que les glaces restent fermes durant la journée. Notre défi c'est toujours d'avoir des glaces le 1er décembre. On ne sait pas ce que Dame Nature nous réserve.»

Dame Nature fait bien ce qu'elle veut, donc, tant à Notre-Dame-du-Mont-Carmel qu'à Sainte-Anne-de-la-Pérade, où les pourvoyeurs et les amateurs de petits poissons des chenaux surveillent de près le thermomètre de la rivièreSainte-Anne. L'an passé, début décembre, un couvert de glace emprisonnait déjà les eaux, couvert qui avait fondu comme neige au soleil à la suite d'un redoux enregistré à la fin du mois de décembre. Le président de l'Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux, Steve Massicotte, ne perd cependant pas espoir. Ce dernier préfère que le vent du nord tarde un peu et persiste par la suite. À Sainte-Anne-de-la-Pérade, on garde donc le cap sur le 26 décembre pour lancer la 78e saison de pêche. Une conférence de presse est prévue le 22 décembre.

«Lorsqu'on fait une moyenne des dix dernières années, on remarque que la tendance cette année est plus au temps doux. Par exemple, l'an passé, au début décembre, la rivière était gelée, puis on s'est tapé un doux temps la dernière semaine de décembre, avec comme conséquence qu'on n'a même pas pu embarquer sur la rivière à temps. On aime quasiment mieux que le doux temps soit avant et qu'après il fasse froid à partir du 20 décembre», indique M. Massicotte. Afin que la glace prenne pour de bon sur la rivière, deux nuits consécutives à -12 degrés Celsius sont nécessaires, puis cinq jours en deçà de -10 degrés Celsius pour ériger le village flottant.

«On n'a aucun contrôle sur la température», admet M. Massicotte. «C'est certain qu'on aimerait ça que la rivière soit gelée, on a des fourmis en dessous des pieds, mais pour l'instant il n'y a pas lieu de s'inquiéter.»

Un son de cloche repris par le propriétaire et agriculteur de la Ferme Éthier, où les activités hivernales sont légions, dont un sentier de patinage en forêt, un anneau de glace olympique de 400 mètres de circonférence, des sentiers pédestres en raquettes, un fort de neige et des glissoires glacées pour les tout-petits. Ainsi, Sylvain Éthier se montre plein de sagesse. Comme la Ferme Éthier ouvre ses portes hivernales seulement le 2 janvier, ce dernier est convaincu que cette année ne fera pas mentir les statistiques et que le froid finira bien par s'installer.

«Pour l'instant, Dame Nature me dit de prendre le temps de me reposer», laisse-t-il tomber. «Pour nous, il n'y a rien de commencé, les conditions ne sont pas là et on ne veut pas travailler pour rien. Il n'y a pas de presse, ça ne me stress pas.»

Une attitude zen que partage Jean-René Carpentier, propriétaire d'Exit Nature, qui organise des sorties blanches aux abords du Mont Otis à Notre-Dame-de-Montauban. «Moi je gagne ma vie avec la neige», affirme-t-il, en ajoutant «qu'il n'y a pas de mauvaise météo comme excuse pour ne pas faire du plein air, il y a juste des mauvais vêtements.»

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